Distributique
02/01/2009
Economie

Les dix informations qu'il ne fallait pas manquer pendant les fêtes

Vacances, famille, cadeaux, champagne : autant de bonnes raisons d'oublier une actualité qui se fait discrète en période de fêtes. Nous avons malgré tout sélectionné les dix informations essentielles qui méritent de survivre à la trêve.


Les ventes de mobiles commencent à baisser

Tout à une fin, même la hausse des ventes de téléphones mobiles. Après sept années de progression, spectaculaire et ininterrompue, 2009 devrait amorcer une chute de ces ventes. Deux cabinets d'études repeignent en noir leurs pronostics, GFK pour le marché français et Gartner pour le monde entier. GFK a vérifié cette baisse aussi bien dans les grandes surfaces que dans les enseignes spécialisées à l'approche des fêtes. Le consommateur, cette année, n'était pas au rendez-vous.

Un tel retournement n'a rien d'hexagonal ou de conjoncturel. Le cabinet Gartner prévoit pour 2009 une baisse de 1,9% des ventes mondiales de mobiles, en 2008 il avait noté une hausse de 7,1%. Le Gartner souligne la concordance entre le pronostic des constructeurs, comme le leader Nokia et celui des vendeurs de mémoires, tels que Qualcomm, Texas ou MediaTek. Tous annoncent des réductions de fabrications.

L'agence Reuters « en remet une couche » en interrogeant 36 analystes financiers qui s'attendent à une contraction moyenne de 6,6% du marché des mobiles pour 2009. Au mois de novembre, la même enquête s'était conclue sur une perspective de progression de ces mobiles de 2,6%.

Réorganisation chez Dell et chez Lenovo

Comme cadeau de fin d'année, on offre des sièges éjectables chez Dell. Michael a ainsi poussé vers la sortie plusieurs hauts dirigeants. Il a également créé quatre divisions au plan mondial : grandes entreprises, PME, secteur public, et grand public (cette dernière était déjà en place). Ces quatre divisions sont censées avoir à terme leur propre organisation et leur déclinaison partout dans le monde. Pour convaincre de la pertinence de ces décisions, Michael Dell explique qu'elles sont en droite ligne avec son plan précédent.

Du côté de Lenovo, on se prépare à une année 2009 morose. Trois divisions du groupe : Chine, Russie, et Asie-Pacifique n'en feront plus qu'une. Le titulaire de la division Asie-Pacifique, David Miller, devra se chercher un nouveau job.

A l'évidence, les fabricants de PC se préparent à une « annus horribilis ». Ceux qui étaient déjà en crise, comme Dell, sont plus proches des urgences que de la guérison.

BT France crée BT Services

France Télécom a créé Orange Busines Services, SFR a lancé SFR Business Team. BT, l'opérateur télécoms anglais, devait réagir pour soutenir la concurrence dans l'hexagone. C'est chose faite, au prix d'une vaste réorganisation. BT France proprement dit va se concentrer sur « la vente et la fourniture de services réseaux », à côté, il renforce sa filiale dédiée aux services.

Cette filiale, Net2s, SSII rachetée il ya un an, va prendre une toute autre dimension. BT France va lui apporter deux de ses divisions, celle sur les services (Global professionnal services), celle sur l'hébergement (Applications Hosting) ainsi que sa filiale BT Infrastructures Critiques SA (BTIC, filiale à 100%). Ainsi dotée, et rebaptisée BT Services, la filiale sera à même de contrer la concurrence des deux grands opérateurs nationaux français dans le domaine des services aux entreprises.


Changements de têtes pour le haut débit français

Après six années de mandat comme membres du collège de l'Arcep, Paul Champsaur qui en était le président prend sa retraite de haut fonctionnaire et Gabrielle Gauthey file chez Alcatel-Lucent (comme directrice des relations institutionnelles). Tous les deux auront profondément marqué l'expansion du haut débit en France à coup d'études, de concertation et de décisions. Gabrielle Gauthey a créé le Crip (Comité des réseaux d'initiative publique) qui a permis aux collectivités locales et aux fournisseurs de se rencontrer à huit clos. Ces réunions ont pesé sur l'évolution du marché et montré le rôle directeur des collectivités locales dans le déploiement de l'adsl en France.

Leurs successeurs, Jean-Claude Mallet (jusqu'alors secrétaire général de la défense nationale et conseiller d'Etat) pour la présidence et Daniel-Georges Courtois (fidèle conseiller politique de François Fillon depuis quinze ans et élu francilien) laisseront-ils la même trace ?
Parallèlement, au gouvernement, les premiers verglas provoquent les premières glissades en chaîne à l'occasion du remaniement restreint de janvier. Eric Besson, dont on ne soupçonnait pas le goût pour la politique numérique, a surpris en s'imposant rapidement à son poste. Mais, il pourrait être promu et récupérer le portefeuille de Brice Hortefeux (immigration) qui lui même glisserait aux affaires sociales à la place de Xavier Bertrand (parti à plein temps à l'UMP). Frédéric Lefèvre, député des Hauts de Seine (dans l'ex circonscription d'André Santini) et tonitruant porte-parole de l'UMP récupèrerait la politique numérique (selon Le Parisien.fr).

Risc Group cherche un actionnaire de référence

Avis de tempête sur une société qui a failli démâter. Le conseil d'administration de Risc Group confirme rechercher un actionnaire de référence. Plusieurs opérations n'ont pas donné suite. Le Pdg emblématique, Loïc Pequignot, devient simple directeur général, la fonction de président (du conseil d'administration) revenant à Gérard Guillot. A charge pour lui de dégager un actionnariat fort et un nouveau plan de développement.

Sodifrance en passe d'être repris par sa direction

Au mois de juillet dernier, le cours de l'action Sodifrance était suspendu, après une tentative d'Opa. Nouvel épisode, mais cette fois beaucoup plus maîtrisé, où la famille fondatrice s'allie à des investisseurs régionaux. Tel est brièvement résumé la situation de Sodifrance. La famille Mazin, fondatrice, avec aujourd'hui la deuxième génération, Franck Mazin, Pdg et Anne-Laure Mazin directrice de la communication et du marketing détiennent 29,8% des parts et 43% des droits de vote et sont alliés à Mr Lennon qui possède 6,2% des parts et 8,5% des droits de vote.

Ensemble, ils négocient la création d'une holding qui deviendrait majoritaire avec deux investisseurs : UEO et Sodero Gestion. Un protocole d'accord a été signé le 12 décembre dernier sous conditions suspensives. UEO, Union Expansion Ouest est une société de capital investissement régionale du grand ouest, Sodero Gestion étant filiale de la Caisse d'Epargne Bretagne-Pays de Loire.


Fujitsu refuse de vendre ses disques durs à Western Digital

Comment dit-on « envoyer balader » en japonais ? Les dirigeants du californien Western Digital n'en savent rien mais ils ont fort bien compris le message : leur proposition de racheter l'activité disque durs de Fujitsu est l'objet d'une fin de non recevoir de la part du groupe japonais. Trois mois de négociation s'envolent en fumée. Western Digital ne s'avoue officiellement toujours pas vaincu. Mais Fujitsu, qui a besoin de trouver des fonds, n'en est pas au point de vendre un de ses bijoux de famille.

Le marché des puces n'en finit pas de dégringoler

Et le Gartner n'en finit pas de réviser à la baisse ses prévisions sur le marché des mémoires pour 2009. Au mois de novembre dernier, il prévoyait une baisse de 2,2 % pour l'année prochaine, après une baisse de 4,4% en 2008 (pour un chiffre d'affaires annuel de 219,2 milliards de dollars). Désormais, le Gartner table sur une baisse de 16,3% pour 2009. Pourquoi un tel écart de prévisions en l'espace d'un mois ?

Le Gartner enregistre tout simplement pour sa dernière prévision, celle de décembre, les ventes, ou plutôt les estimations de ventes, du dernier trimestre (septembre à décembre). Elles affichent une baisse de 24,4%.

L'ancien Pdg de A Novo prépare son retour aux commandes

A Novo, spécialiste de la maintenance pour les télécoms et le multimédia est dans la tourmente. L'exercice annuel, clos le 30 septembre dernier, serait en perte du fait de l'écart d'acquisition de la filiale américaine. L'impact serait fort, A Novo pourrait afficher une perte annuelle de 16,6 millions d'euros (ME) contre un bénéfice de 1,6 un an auparavant. L'Assemblée générale qui va officialiser ces chiffres doit se tenir le 27 janvier prochain. Mais d'ici là, les couteaux s'aiguisent.

La direction a annoncé différentes mesures de renforcement de sa structure financière afin de réduire la dette et consolider le bilan. Les managers constituent le fonds Genesis qui doit acheter des créances d'une valeur de 15 ME et procéder à une augmentation de capital de même montant. Genesis détiendra au final 47,8% du capital. La dette sera réduite d'un tiers à 26,7 ME et sera rééchelonnée sur six ans.

Mais, parallèlement, l'ancien Pdg, Daniel Auzan et des associés ont, selon le quotidien La Tribune, monté un fonds de 15 ME et veulent eux aussi participer à une recapitalisation du groupe.

Installation du Comité de pilotage du très haut débit

Eric Besson, le secrétaire d'Etat à l'économie numérique, a installé un Comité de pilotage pour le très haut débit (c'est-à-dire le déploiement de la fibre optique). Outre le régulateur, l'Arcep, il comprend six opérateurs, les trois principaux sur le sujet : France Télécom, SFR et Free, l'opérateur du câble Numericable, ainsi que deux spécialistes : Axione (opérateur de réseau opérant un tiers des DSP) et Seaqualum (l'opérateur de la DSP du 92).

Ce Comité va d'abord mener des expérimentations pour départager les deux modèles en présence : le « monofibre » et le « multifibre ». Dans le monofibre, une seule fibre est posée, elle est ensuite mutualisée, France Télécom et SFR ont signé un accord en ce sens, rejoint par Numericable. Pour Free, l'opérateur qui « fibre » un immeuble pose sa propre ligne et installe ensuite celle des autres opérateurs. Seul Free défend ce second modèle, mais le Comité va examiner la réalité du dossier.


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Les deux lectures à ne pas manquer

Tout savoir sur le haut débit

En 40 pages, le cabinet PMP donne une excellente synthèse du dossier fibre optique en France. Une étude commanditée par l'Association des régions de France, l'ARF, qui met l'accent sur les zones blanches et la nécessaire péréquation entre les territoires. Un angle de vue trop souvent négligé. Cette étude, très documentée, a le mérite de réaliser un état des lieux à l'étranger et en France, de mettre en lumière les caractéristiques techniques du sujet et d'en préciser le cadre règlementaire.

Pour sa part, l'Arcep publie un volumineux dossier de synthèse sur le développement du haut débit en France ces dernières années. On retrouve le talent pédagogique et la qualité documentaire des publications du régulateur. Ce document est indispensable pour comprendre le sujet du haut débit en France et le rôle des différents acteurs. Comme dans le document précédent on retrouve une préoccupation : mettre au premier plan le rôle des collectivités locales dans le développement du haut débit en France.

Il existe actuellement en France 58 réseaux ROIP (Réseaux ouverts d'initiative publique) en exploitation, 30 en construction, 12 en projet.

Ces deux études sont téléchargeables sur les sites de l'ARF et de l'Arcep :

Pour un vrai newdeal numerique

rapport-bilan-rip-221208.pdf

Didier Barathon
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