Distributique.com : Apple a ouvert son premier Apple Store en France, au Carrousel du Louvre à Paris, le 5 novembre. Comment appréhendez-vous la nouvelle concurrence faite par la marque à son réseau de distribution ?
Eric Louessard :C'est déroutant mais nous n'avons pas le choix. Au moins étions-nous prévenus de longue date. La France était le dernier grand pays où Apple n'avait pas encore implanté ses magasins alors que le concept a été lancé il y a huit ans. Aujourd'hui, c'est une réalité face à laquelle ICLG se doit de réagir. D'autant que notre principal point de vente est situé à quelques stations de métro de l'Apple Store du Louvre. Notre réaction s'appuie notamment sur l'axe des services qui sont l'un des principaux éléments différenciateurs que nous pouvons opposer au magasin d'Apple. Certes, ce dernier dispose lui-même d'atouts dans ce domaine, comme la possibilité de proposer des réparations express ou encore des formations individuelles aux clients. Mais nous répliquons à cela par notre capacité à réaliser l'enlèvement de matériel sur site ou bien de proposer des machines en location. Par ailleurs, nous développons le nombre de points de présence où nous sommes capables de proposer nos prestations. Nous avons ainsi ouvert une agence ICLG Services à Paris, avenue Mac Mahon, et un nouveau centre de réparation agréé Apple à Marseille en novembre, en prévision de l'arrivée d'un Apple Store dans la cité phocéenne. Il serait en effet étonnant que la seconde ville de France ne soit pas un jour ou l'autre une cible pour Apple.
Distributique.com : l'ouverture du point de vente ICLG Pro en avril s'inscrit-elle également dans votre stratégie de différenciation d'avec les Apple Store ?
Eric Louessard : Absolument et pour une raison évidente. Les Apple Store n'ont pas vocation à cibler les professionnels même si leurs portes ne leurs sont pas fermées. ICLG a donc fait le pari d'augmenter sa pénétration auprès des cette cible en ouvrant l'agence ICLG Pro à Paris qui est dotée d'un showroom de 250 mètres carrés. Notre exploration de nouveaux segments de marché ne se limite pas à une approche plus poussée des entreprises. Nous misons également sur un renforcement de nos compétences sur certaines gammes de produits comme la téléphonie mobile. En octobre, nous avons ouvert à Paris ICLG Phone, un comptoir dédié à la téléphonie où nous commercialisons des iPhone et les services des opérateurs mobiles. Si nous parvenons à bien développer cette activité, nous pourrions penser comemrcialiser d'autres marques de mobiles en dehors de nos espaces labellisés APR.
Distributique.com : Justement, face à la concurrence d'Apple, ICLG a-t-il pensé à ouvrir de nouveau points de vente non APR pour se lancer dans l'environnement PC ?
Distributique.com : Justement, face à la concurrence d'Apple, ICLG a-t-il pensé à ouvrir de nouveau points de vente non APR pour se lancer dans l'environnement PC ?
Eric Louessard :Pendant quelques temps, nous avons été Carré Vaio. Le problème est qu'il est difficile de tirer son épingle du jeux en revendant des PC tant les marges sont faibles. En revanche, avec les produits Apple, la valeur est toujours là. Et la marque continue de prendre des parts de marché, même dans le monde de l'entreprises. En outre, même si Apple entre effectivement en concurrence avec son réseau de revendeurs, il s'agit d'un des seuls constructeur qui dispose d'un réseau de distribution aussi bien structuré.
Distributique.com : Apple ne risque-t-il pas de jouer sur sa double qualité de fournisseur et de concurrent pour en tirer un avantage compétitif sur ses revendeurs ?
Eric Louessard :Jusqu'à nouvel ordre, Apple tient les engagements qu'il a pris dans le cadre des contrats de distribution signés avec les APR. Par exemple, lorsque la marque a annoncé le lancement de nouveaux Mac à la fin octobre, les APR ont livrés de ces machines le jour même de l'annonce. La marque n'a donc pas réservé la primeur de la mise en vente de ses nouveaux produits à ses propres magasins.
Distributique.com : connaissez-vous l'impact qu'on eu les Apple Store sur ses partenaires revendeurs dans d'autres pays ?
Eric Louessard :La semaine dernière, nous avons rencontré des représentants d'APR britanniques. Il en ressort qu'il est devenu très dur pour eux d'exister depuis l'ouverture des Apple Store dont le premier a été ouvert outre-manche en 2004.