Selon le cabinet Pierre Audoin Consultants, le marché du logiciel libre représente un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros en France, un secteur qui se porte donc bien. Cet optimisme est d'ailleurs largement partagé par nos interlocuteurs qui mettent souvent en avant leur croissance à deux chiffres. À ce titre, selon le Conseil National du Logiciel Libre (CNLL) qui a récemment publié un panorama, 68 % des entreprises dans l'Open Source ont été en situation de croissance en 2012. « En France, il existe 300 PME et ETI (ndlr : dont la plus importante est Smile) spécialisées dans l'Open Source. Toutes ces entreprises représentent 3 000 salariés, mais 30 000 emplois sont concernés par l'écosystème Open Source, ce secteur est un vivier d'emploi », indique Philippe Montargès d'Alter Way. « Ce secteur recrute, car il continue de prendre des parts de marché. Il ne vit pas que sur l'existant, à savoir sur des contrats de support et de maintenance », rebondit Denis Dorval, vice-président EMEA et APAC d'Alfresco, tout en précisant qu'il existe aussi une certaine tension sur les difficultés de recrutement.
En effet, selon La CNLL, plus des 2/3 des entreprises éprouvent des difficultés à recruter. Face à ce constat, les défenseurs du libre et de l'Open Source ne ménagent pas leurs efforts. Et cela passe évidemment par la formation. « Je fais partie du PLOSS (ndlr : un cluster qui regroupe 43 sociétés spécialisées, éditeurs, intégrateurs, etc.) et actuellement, nous nous focalisons sur la formation. Il y a très peu d'écoles 100 % Open Source alors que la France est en pointe dans ce secteur. L'un des enjeux est de créer des filières françaises d'ingénieurs », constate Philippe Montargès, cofondateurs et coprésident d'Alter Way. À ce titre, le réseau d'entreprises PLOSS, le CNLL et le groupe thématique Logiciels Libres du pôle de compétitivité Systematic (GTLL) ont développé la Charte Libre Emploi qui compte déjà des dizaines d'entreprises séduites par cette initiative.
Philippe Montargès, cofondateurs et co-président d'Alter Way
Cette charte permet, d'une part, de garantir des bonnes pratiques en matière d'emploi dans le secteur des logiciels libres comme le soutien aux formations ou encore l'environnement de travail libre, et d'autre part, de permettre aux jeunes diplômés et aux professionnels souhaitant travailler dans le secteur de connaître les entreprises qui s'engagent dans une démarche communautaire. « Il y a de nombreuses offres d'emploi à pourvoir dans l'Open Source, c'est difficile de trouver les bons profils, surtout dans le cloud qui requiert des connaissances diverses dans la virtualisation, le réseau et le stockage. Pour satisfaire nos besoins, nous organisons tous les six mois chez Citrix des conférences aux États-Unis, en France ou en Espagne comme les Citrix Synergy, par exemple, sans oublier nos tutoriaux et nos formations pour les ingénieurs », commente Sébastien Goasgen évangéliste cloud computing EMEA chez Citrix.
Des compétences nombreuses dans l'Open Source
Cette difficulté à recruter existe effectivement, mais la France reste, il faut le dire, l'un des pays qui renferme le plus de compétences dans l'Open Source. Un avis que partage Miguel Valdés-Faura, PDG et co-fondateur de BonitaSoft, qui précise qu'il est effectivement plus difficile de trouver des gens bien formés en Angleterre par exemple, mais le libre y est aussi moins répandu. De son côté, Philippe Desmaison, directeur technique de Suze pour la France admet, quant à lui, que les partenaires de Suze spécialisés autour de l'infrastructure n'éprouvent pas de réelles difficultés à trouver des compétences en France du fait des nombreux réseaux d'expertises existants.
De plus, l'éditeur investit beaucoup dans les écoles d'ingénieurs comme Supinfo ou encore l'Epitech en organisant des travaux et des séminaires autour des solutions Suze et de son écosystème. Enfin, Bull met aussi en avant les compétences très développées dans l'hexagone. « Je pense que la plupart des développeurs font de l'Open Source (ndlr : selon Forrester, 5 développeurs sur 6 utilisent des composants Open Source). Les DSI que nous rencontrons nous précisent également que les compétences sont bien présentes en France, ils sont d'ailleurs plutôt admiratifs envers ces talents et relèvent souvent leur créativité », conclut Jean-Christophe Spilmont, directeur Market Intelligence chez Bull.
Plus de formations pour accroître les compétences
Articles Formation
Articles les plus lus
Articles à la une







Suivez-nous