Virtualisation : promesses & réalités de l'offre

Alors que les jeux semblent en grande partie faits en ce qui concerne la virtualisation des serveurs, très largement dominée par VMWare, les nouveaux enjeux concernent essentiellement les postes de travail, les applications et l'administration des systèmes d'information, aujourd'hui investis par Citrix, Microsoft, Redhat, IBM-Novell ou Sun.

Dossier réalise en collaboration avec Le marché de la virtualisation est présenté comme « émergeant » pour faire valoir son potentiel. Et voilà plusieurs trimestres que plus personne ne met en doute ce potentiel. Cela étant, la virtualisation est un marché trop récent pour présenter un visage monolithique : la virtualisation des serveurs est ainsi considérée comme un segment quasiment « mâture », tandis que les solutions dédiées aux postes de travail ne comptent encore en France que quelques références.Un premier panorama de ce secteur prometteur permet de faire trois constats, du point de vue des partenaires actuels et à venir des offreurs de technologies.Tout d'abord, le nombre de fournisseurs d'envergure reste très limité : au-delà du leader et inventeur incontesté de la virtualisation des serveurs, VMWare, on ne trouve que Microsoft, Citrix et Redhat, ponctuellement concurrencés par Sun, Novell et IBM ou une noria de petits éditeurs issus du monde l'Open Source. On se trouve bien loin de la règle des 80/20 qui régente effectivement la plupart des marchés. Dans ce cas précis, les quatre principaux acteurs agglomèreraient à eux seuls près de 90% de l'activité.

l'écosystème que nous formons avec nos partenaires génère plus de 20 Md$ de CA

Jean-Philippe Barleaza, Directeur Partenaires, Europe du Sud chez VMware
Une fois encore, ces approximations dans les chiffres ne sont pas dues au hasard : le marché de la virtualisation n'a pas atteint une taille suffisante, en termes de chiffre d'affaires, pour être suivie par les grands cabinets d'études. Deux chiffres suffisent pour s'en convaincre. D'un côté, l'on a la dépense informatique totale en France, estimée pour 2009 à près de 50 milliards d'euros par Forrester. De l'autre, on lit que la virtualisation ne pèsera la même année que 119 millions, en incluant les licences et la maintenance. Si l'on s'en tient à ces seules données, la virtualisation ne représenterait que 1/420ème du marché informatique. La part qu'elle occupe dans les médias spécialisés et, surtout, dans les projets d'investissements et les budgets de R&D des éditeurs est autrement plus importante. Un écosystème dix fois plus large « Le marché de la virtualisation ne se limite pas à la vente de licences et à des prestations de maintenance, répond Jean-Philippe Barleaza, Directeur Partenaires, Europe du Sud chez VMware. La montée en puissance de ce modèle impacte l'ensemble du système d'information et nous estimons que l'écosystème que nous formons avec nos partenaires génère un chiffre d'affaires mondial dix fois plus important que le nôtre, c'est-à-dire plus de 20 milliards de dollars au lieu de 2. » L'analyse n'est pas très différente chez Citrix. « Les données actuelles ne permettent pas de prendre la mesure de la rupture technologique qu'est la virtualisation », affirme Guillaume Le Tyrant, Responsable Marketing Produits de Citrix Europe du Sud. Le consensus s'étend même à Microsoft. Damien Buisson, Chef de Produits Serveurs chez l'éditeur, estime ainsi que « la virtualisation bouleverse les modèles économiques traditionnels du marché IT ». Bouleversements collatéraux De façon quasi unanime, les fournisseurs de solutions de virtualisation estiment que le décollage du marché aura lieu en 2010, notamment sous l'impulsion du secteur public en France. Par un effet de vases communicants compréhensible, la montée en puissance de la virtualisation précipitera le recul des ventes de micro-ordinateurs, notamment pour les PC de bureau et les serveurs.
La virtualisation des serveurs n'a été qu'une première et courte étape

Fabrice Martinez, Directeur Général de Neocoretech
Les seuls formats épargnés seraient ainsi les ordinateurs portables (notebooks ou netbooks). Selon ce scénario très probable, on ne verra plus sur les bureaux des entreprises que des configurations « écran-clavier-souris », le cerveau des « clients légers » logeant dans le socle de l'écran ou dans la structure du bâtiment, au même titre qu'une prise électrique. C'est la vision de Neocoretech, éditeur français spécialisé dans la virtualisation des postes de travail. Auparavant dirigeant des grossistes Alasso, puis Azlan, Fabrice Martinez, son Directeur Général, indique : La virtualisation des serveurs n'a été qu'une première et courte étape. Les grands grossistes auront une autre approche lorsque cela impliquera de remplacer plusieurs millions de PC par des clients légers produits par HP, Wyse, Dell ou autres. Il est alors probable que l'on verra les bundles se multiplier. »Pour l'heure, comme le montre le second volet de cette analyse, les entreprises françaises sont « évangélisées » par quelques centaines d'intégrateurs spécialisés.

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