Dans le nord-est de l'Espagne, l'Aragon s'impose comme l'un des nouveaux pôles européens des infrastructures numériques. Sa politique d'autorisation accélérée séduit les géants du cloud, mais suscite aussi des inquiétudes environnementales.
L'Aragon est en train de devenir un territoire clé pour les data centers européens. Plus de 60 milliards d'euros d'investissements dans les infrastructures numériques pourraient être engagés dans la région au cours de la prochaine décennie, portée notamment par la disponibilité des terrains, les énergies renouvelables et les connexions aux réseaux internationaux.
Amazon Web Services y prévoit notamment 33,7 milliards d'euros d'investissements, dans ce qui constitue son plus important projet d'infrastructure cloud hors des États-Unis. Microsoft a également engagé plusieurs projets de campus de data centers dans la région. Les autorités aragonaises ont recours à une procédure permettant d'accélérer fortement les autorisations pour les projets considérés comme stratégiques.
Un modèle qui divise
La rapidité administrative constitue l'un des principaux arguments de l'Aragon. Certains projets peuvent franchir les principales étapes d'autorisation en environ un an, un délai particulièrement court dans un secteur où les infrastructures numériques nécessitent habituellement de longues procédures.
Mais cette accélération provoque aussi des critiques. Des associations environnementales dénoncent notamment une réduction du temps consacré à la consultation publique et au contrôle des conséquences des projets sur les ressources locales. Un recours a notamment été engagé contre la procédure appliquée à un projet d'Amazon.
Le sujet dépasse désormais l'Aragon. L'Espagne prépare de nouvelles règles concernant notamment la consommation d'eau et d'électricité des data centers, alors que la croissance rapide de l'IA accentue la pression sur les infrastructures énergétiques.
Pour les acteurs du cloud, le défi est donc double : disposer rapidement de nouvelles capacités de calcul tout en démontrant que leur développement peut rester compatible avec les contraintes énergétiques et environnementales locales.






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