Face à l'explosion de la demande électrique provoquée par l'IA, les opérateurs de data centers explorent une nouvelle piste : réduire ou décaler temporairement leur consommation lors des périodes de tension sur les réseaux.
Les data centers pourraient ne plus être considérés uniquement comme de gigantesques consommateurs d'électricité. Aux États-Unis, opérateurs et énergéticiens développent des dispositifs permettant à ces infrastructures de réduire temporairement leur demande lors des pics de consommation.
Cette stratégie, appelée « demand response », consiste à déplacer certaines charges ou à diminuer la puissance appelée lorsque le réseau est sous tension. L'objectif est de limiter le recours à de nouvelles infrastructures de production et de transport d'électricité.
Une flexibilité qui pourrait accélérer les raccordements
Selon l'Electric Power Research Institute, la consommation électrique des data centers américains pourrait passer d'environ 177 à 192 TWh en 2024 à 383-793 TWh en 2030. Dans les installations étudiées, la réduction possible de la puissance lors des pics se situe entre 10 % et 30 %, avec des niveaux potentiellement supérieurs chez certains hyperscalers.
Cette flexibilité pourrait aussi avoir un intérêt financier. Une étude du Nicholas Institute de l'université Duke estime qu'une utilisation accrue de ces mécanismes pourrait permettre d'éviter entre 40 et 150 milliards de dollars d'investissements sur les dix prochaines années.
Le principe commence déjà à être expérimenté. OpenAI a notamment accepté de réduire jusqu'à 1 GW la puissance appelée par une future installation de 3,2 GW en Géorgie lors des périodes de tension sur le réseau.
Mais la généralisation du modèle reste complexe. Les opérateurs doivent pouvoir réduire leur consommation sans perturber leurs services, tandis que les fournisseurs d'électricité doivent mettre en place des tarifs et des mécanismes de marché suffisamment incitatifs.
Pour les data centers dédiés à l'IA, la capacité à ajuster leur consommation pourrait ainsi devenir un nouvel élément de compétitivité, au même titre que l'accès aux puces, au foncier ou aux capacités électriques.






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