Un marché qui décolle et s'ouvre à la distribution IT

Sébastien Fernet, chef de groupe Display chez Samsung : « l'affichage dynamique connaît une croissance à deux chiffres depuis sept ans et prend le relais des moniteurs de bureau qui, eux, sont en perte de vitesse .»

Sébastien Fernet, chef de groupe Display chez Samsung : « l'affichage dynamique connaît une croissance à deux chiffres depuis sept ans et prend le relais des moniteurs de bureau qui, eux, sont en perte de vitesse .»

Au vu des chiffres, le marché de l'affichage dynamique est promis à un bel avenir. Alors, pourquoi serait-il d'office réservé aux seuls intégrateurs du monde audiovisuel ? Les revendeurs IT y ont toute leur place puisque ces écrans fonctionnent grâce à de l'informatique.

Les écrans sont partout. A la maison (télévision, tablette), au bureau (ordinateur), dans la poche (smartphone)... et ils colonisent, depuis quelques années, tous les lieux publics. Il n'y a qu'à lever les yeux pour s'en rendre compte : dans les magasins, les gares, les restaurants, les musées... Il s'agit le plus souvent de très grands écrans - entre 32 et 95 pouces - qui remplacent les traditionnels affichages papier. On appelle cela de "l'affichage dynamique". L'avantage ? Ces écrans permettent de diffuser toutes sortes d'informations (horaires, promotions, actualités...) sous différentes formes (vidéos, animations flash, TV en direct...) et au bon moment. Donc de capter l'attention des consommateurs. L'impact est positif puisque, selon plusieurs études (IPSOS, KPMG), 75 % des clients se souviennent d'une publicité sur écran (contre 44 % sur papier) et 89 % apprécient cet affichage dynamique dans les points de vente. Mais la présence de ces nouveaux écrans ne s'arrête pas aux lieux publics et aux commerces. On les retrouve aussi dans les entreprises (halls d'accueil, salles de réunion) et même au sein des écoles, pour afficher le menu de la cantine ou remplacer les vidéoprojecteurs dans les classes.

Croissance à deux chiffres

Avec autant de marchés verticaux potentiellement adressables, l'affichage dynamique a de beaux jours devant lui. Selon le cabinet d'études ABI Research, il a déjà généré un chiffre d'affaires de 1,3 milliard de dollars en 2010 au niveau mondial, et pourrait atteindre les 4,5 milliards à l'horizon 2016 ! Evidemment les Etats-Unis sont plus en avance que l'Europe dans ce domaine, mais la digitalisation des affichages a bel et bien décollé en France.
Alors, qui sont les fournisseurs de ces écrans ? Majoritairement les grands noms de l'affichage, comme Samsung, Philips, Sony ou Nec. Chez Samsung, explique Sébastien Fernet, chef de groupe Display, « l'affichage dynamique connaît une croissance à deux chiffres depuis sept ans et prend le relais des moniteurs de bureau qui, eux, sont en perte de vitesse ». De même, la division audiovisuelle TD Maverick du grossiste Tech Data, a déjà réalisé l'an dernier 30 à 40 % de son chiffre d'affaires grâce à ce marché porteur. Chez Viewsonic, il pèse encore moins de 10 % du chiffre d'affaires, mais le fabricant sent monter la demande. « Il y a de plus en plus de gros déploiements de 200 à 500 pièces, s'enthousiasme Dan Ly, directeur Europe du Sud chez Viewsonic. Et selon nos estimations, l'affichage dynamique pourrait croître de plus de 30 % par an en France ces prochaines années ! ».

Les intégrateurs IT, plus que bienvenus

Avec de telles perspectives de croissance, comment s'organise la distribution des solutions d'affichage dynamique ? L'avantage est logiquement aux grossistes et intégrateurs historiques de l'audiovisuel. Mais le marché est si large et si proche de l'informatique qu'il s'ouvre progressivement à de nouveaux revendeurs plus généralement issus de l'IT, y compris les plus petits. « Jusqu'à présent, le marché de l'affichage dynamique était trusté par les gros intégrateurs audiovisuels. Or, les besoins sont aujourd'hui beaucoup plus importants », déclare Philippe Baracetti, le directeur de TD Maverick. Beaucoup d'interlocuteurs citent par exemple le besoin régulier de prestataires locaux pour installer une solution dans un lycée, un musée ou une pharmacie. « Aujourd'hui, ce ne sont plus seulement les chaînes de télévision qui utilisent des solutions de broadcast. Les lieux publics et les entreprises s'en servent aussi. Ce marché a donc besoin d'étendre son réseau de distribution », constate également Laurent Eydieu, directeur de la division nouvelles technologies de Reed Expositions France. D'où le projet - finalement avorté - de cette société spécialisée dans l'événementiel d'organiser un salon qui, pour la première fois, aurait fait la jonction entre l'audiovisuel et l'IT. Faute d'avoir pu voir le jour, il prendra finalement la forme d'un espace dédié au sein du prochain salon IT Partners début 2015.

Une évolution naturelle

Si cette jonctions entre l'audiovisuel et l'IT est aujourd'hui à l'ordre du jour, c'est parce qu'au fil des années le premier a évolué vers le numérique. Alors quand il s'agit d'installer une solution d'affichage dynamique, les intégrateurs IT possèdent déjà une bonne partie des compétences. Ils savent, pour certains, déployer et gérer un réseau IP, pour d'autres, équiper des salles de visioconférence... « Des passerelles sont en train de se créer entre les différents types d'installateurs. Si bien que, dans quelques années, il n'y aura plus de distinction entre les métiers », estime Lucien Crevel, vice-président Audio-vidéo Domotique du syndicat S2ICF. « Les intégrateurs IT ont toute leur légitimité car les produits actuels sont à la frontière entre audiovisuel et IT », ajoute Sébastien Fernet chez Samsung. Les écrans dédiés à l'affichage dynamique fonctionnent en effet avec un boîtier externe (parfois intégré) de type set-top box ou mini PC. Résultat : un certain nombre de revendeurs IT a pris le virage de l'affichage dynamique. Chez Samsung, qui travaille pour cette partie avec les grossistes Tech Data et Ingram Micro, les installateurs sont déjà pour moitié issus du monde IT. « Pour les revendeurs issus de l'informatique, cela s'est fait naturellement. Et ceux des télécoms commencent à nous contacter », raconte Dan Ly chez Viewsonic.

En plus de cette évolution, que beaucoup qualifie de « naturelle », il y a évidemment une composante économique. D'un côté, les fabricants d'écrans ont besoin d'élargir leur réseau de distribution pour toucher tous les types de clients et augmenter leurs ventes. De l'autre, les revendeurs ont, pour beaucoup, besoin de diversifier leurs activités. A l'image notamment des installateurs antennistes dont le métier historique a évolué et qui sont désormais en recherche de nouveaux marchés. Cependant, même s'ils concèdent que ce marché a du potentiel, certains ont encore des réticences...

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