Atos finalise la cession de Bull à l'Etat français

C’est à Angers dans une usine en pleine réfection que Bull produit ses serveurs HPC. (Crédit Bull)

C’est à Angers dans une usine en pleine réfection que Bull produit ses serveurs HPC. (Crédit Bull)

C'est un tournant historique pour le fleuron de l'informatique française : depuis le 31 mars, Bull a quitté le giron d'Atos Group pour devenir une entité indépendante, rachetée par l'Agence des participations de l'État (APE) pour 404 M€.

Bull, qui était intégré à Eviden, une filiale d'Atos Group, est redevenue une société indépendante depuis le 31 mars ; plus exactement, elle a été rachetée par l'Agence des participations de l'État (APE). Rappelons que l'APE agit, depuis plus de 20 ans, comme un investisseur de long terme plaçant la souveraineté au coeur de son action. La valeur estimée de son portefeuille au 30 juin 2025 est d'environ 210 Mds d'euros. Elle est, par exemple, actionnaire d'Orange, mais aussi d'Alcatel Submarine Networks (ASN) ou encore d'Eutelsat. Avec Bull, son objectif est de sécuriser un actif industriel et technologique critique au service du numérique, de la recherche scientifique, de l'intelligence artificielle, du nucléaire, de la défense et des grands programmes européens.

Des serveurs BullSequana SH aux composants pour le réseau

Comme nous le rappelle Nicolas Rouby, global alliance sales manager chez Bull, le groupe s'appuie aujourd'hui sur plus de 3 000 personnes et dispose toujours de son site historique à Angers, une usine en pleine réfection. Il faut d'ailleurs remonter aux années 60 pour voir la première machine sortir de cette manufacture. Aujourd'hui, Bull produit et assemble plusieurs systèmes, généralement sur-mesure. D'abord sa gamme de serveurs d'entreprise BullSequana SH ; cette dernière, qui embarque au choix des processeurs AMD Epyc ou Intel Xeon, est proposée du format 2U jusqu'au 16U. À noter que l'éditeur français Vates a signé un partenariat en 2025 avec Bull pour porter sa plateforme de virtualisation sous XCP-ng dans sa gamme BullSequana SH et la positionner ainsi comme une alternative crédible à Broadcom VMware. Ensuite, Bull assemble des supercalculateurs (HPC) refroidis par la technologie DLC (Direct Liquid Cooling) et fabrique aussi des composants tel que son interconnect BXI, alternative européenne pour le réseau. Pour compléter ses serveurs, Bull propose aussi une offre complète de services (support, maintenance, etc.) via son entité PRS (Products Related Services).

Bull permet aussi aux entreprises d'exploiter les IA à grande échelle grâce à ses machines puissantes, ses plateformes de données et d'IA, et ses cas d'usage adressant de nombreux métiers. N'oublions pas qu'en 2021, Atos avait justement racheté DataSentics, une société tchèque spécialisée dans la science des données, et plus particulièrement dans le développement de solutions et produits d'IA et de machine learning. Aujourd'hui, selon Nicolas Rouby, ce sont plus de 300 data scientists qui s'affairent dans ce domaine pour adresser tout type d'entreprise. Désormais indépendante, Bull veut pérenniser son leadership dans les supercalculateurs, tout en accélérant sur les composants ainsi que les plateformes de données et d'IA. En 2025, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 720 millions d'euros.

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