Selon Karen Parkhill, directrice financière de HP, la mémoire représenterait désormais 35 % du coût de fabrication d’un PC, contre 15 % à 18 % historiquement. (Crédit HP)
À en croire les analystes, les hausses de prix des PC devraient persister en raison de la pénurie de mémoire sur le marché, incitant de nombreuses entreprises à reporter leurs achats.
Pour Ranjit Atwal, analyste chez Gartner, le prix des PC devrait augmenter d'environ 17 % cette année, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. D'ailleurs, une étude menée par le cabinet et publiée la semaine dernière indique que l'ère du PC grand public à 500 $HT est vouée à disparaître dans les années à venir. On le sait désormais, cette inflation est due à l'augmentation du prix des puces mémoire, essentielles aux applications d'IA. Et leurs capacités de production se concentrent essentiellement vers la fabrication de composants à plus forte marge, destinées justement aux serveurs d'IA, créant ainsi une pénurie pour les autres terminaux, smartphones et PC en tête.
Conséquence directe de cette hausse selon Ranjit Atwal : « Les PC devenant plus chers, les entreprises conserveront leur ancien matériel plus longtemps. » Et de poursuivre : « Quant au prix des PC dopés à l'IA, il va augmenter en 2026, ce qui freinera d'autant leur adoption. » Dans ce cas de figure, les entreprises qui envisagent d'acheter des PC IA n'auront pas d'autres choix que d'attendre une baisse des prix ; a contrario, elles pourraient être contraintes d'acheter des machines aux configurations moins performantes.
La RAM représente un tiers du prix d'un PC
Pourtant, l'offre de processeurs dédiés à l'IA ne manque pas. Intel a dévoilé en janvier sa puce pour PC Panther Lake, tandis qu'AMD a présenté ses derniers CPU Ryzen. HP et Dell prévoient d'ores et déjà d'intégrer ces composants dès ce mois dans ses machines. Mais les fournisseurs de PC sont inquiets et peinent à contenir cette hausse. « Le prix de la mémoire a quasiment doublé par rapport au trimestre précédent. La mémoire représente désormais 35 % du coût de fabrication d'un PC, contre 15 % à 18 % historiquement », a ainsi déclaré Karen Parkhill, directrice financière de HP, lors d'une conférence téléphonique sur les résultats de l'entreprise diffusés la semaine dernière. Alors que les analystes prévoyaient une explosion de l'IA locale pour réduire les coûts du cloud et renforcer la sécurité, le manque de mémoire change la donne. « Pour les machines modernes, réduire la quantité de mémoire installée n'est pas vraiment une option, car les performances en sortiraient très affaiblies, notamment pour l'IA », a reconnu Jack Gold, analyste principal chez J. Gold Associates. Ce dernier jugeant que ce problème lié à la RAM va persister dans le temps : « Les entreprises espaceront leurs renouvellements, achetant moins de machines et conservant plus longtemps celles qu'elles possèdent déjà, dans l'espoir d'un retour à la normale. Sauf que les prix ne baisseront pas. »
Si les entreprises négocient habituellement leurs achats en gros, les fournisseurs ne peuvent absorber qu'une partie limitée des coûts sans sacrifier leurs marges. Face à cette hausse durable des prix, la question n'est plus de savoir si les prix vont baisser, mais quand les entreprises se résoudront à augmenter leurs budgets IT.







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