Cisco a présenté Cloud Control un tableau de bord unifié pour orchestrer les agents IA. (Crédit Cisco)
Le fournisseur ambitionne de devenir l'infrastructure de référence pour l'IA agentique. Pour cela, Cisco a présenté plusieurs outils autour de l'observabilité, l'automatisation du réseau et la sécurité.
A l'occasion de son évènement Cisco Live qui se déroule à Las Vegas du 1er au 4 juin, la société dirigée par Chuck Robbins a mis le cap sur l'IA agentique. Pour elle, les entreprises délaissent progressivement les chatbots IA pour des agents autonomes. Là où les assistants répondent aux questions, les agents agissent : ils exécutent des tâches, utilisent des outils, effectuent des modifications et opèrent en continu à la vitesse de la machine. Cette évolution modifie les exigences en matière de réseau, de sécurité et d'observabilité, et constitue le cadre d'une série d'annonces. « Il ne s'agit plus pour les humains de naviguer entre une multitude de tableaux de bord pour tenter de suivre l'activité des agents », a déclaré DJ Sampath, vice-président senior et directeur général des logiciels et plateformes d'IA, lors d'une conférence de presse. « Un véritable modèle opérationnel collaboratif commence lorsque les agents prennent en charge les tâches les plus complexes et que les humains gardent le contrôle sur les éléments essentiels.»
Cloud Control unifie les tableaux de bord sur les agents IA
Dans ce cadre, Cisco a présenté Cloud Control qui unifie l'ensemble des tableaux de bord qui étaient auparavant distincts. Il prend en compte le réseau, la sécurité, le calcul, l'observabilité et la collaboration. Dans cet outil unifié, les humais et les agents travaillent à partir des mêmes données et de la même interface. Parmi les fonctionnalités présentes dans Cloud Control, on retrouve de la télémétrie inter-domaines agrégeant plusieurs informations au sein d'un référentiel de données partagées. Il comprend aussi des modèles dédiés à savoir Deep Network Model, entraîné sur quarante ans de données opérationnelles de réseau et le Foundation Security Model sur les données de sécurité et un modèle de séries temporelles pour l'analyse de la télémétrie.
Pour garantir la confiance dans les agents, la société propose de s'appuyer sur AI Canvas, un espace collaboratif où les développeurs et les agents analysent et résolvent les incidents à partir de données partagées en temps réel. Une file d'attente d'actions fournit des recommandations, des analyses des causes profondes et des scores de confiance pour validation humaine avant tout déploiement. Enfin à la fin 2026, l'équipementier prévoit le lancement de Cloud Control Studio qui intègre un générateur d'agents et des connecteurs pour plus de 50 plateformes tierces (ServiceNow, Atlassian, BMC, Okta, Ping Identity, Netbox Labs, Device-42, ...).
Réseaux automatisés et architecture multicloud
En matière de réseau, le fournisseur fait un double constat. Tout d'abord les équipes en charge du réseau s'appuient encore sur des processus manuels pour détecter les problèmes et déployer des correctifs. Par ailleurs, les applications IA sont de plus en plus réparties sur plusieurs clouds. Pour répondre à ces problématiques, le fournisseur présente Agentic Actions pour la gestion des réseaux via des agents IA. Disponible en version bêta en juin 2026 via Meraki, cette fonctionnalité suit un cycle en cinq étapes : détection, diagnostic, correction, validation et déploiement. Dans chaque étape, des outils sont livrés. Ainsi Experience Metrics convertit les données de télémétrie brutes des équipements en mesures de l'expérience utilisateur en temps réel. De son côté, Deep Reasoning applique des modèles dédiés de Cisco à une analyse des causes profondes des incidents. Enfin, Digital Twin exécute une jumeau du réseau de production pour que les agents puissent tester les modifications avant leur déploiement. Il sera disponible en version alpha en juillet 2026.
Pour la partie cloud, le groupe lance Multicloud Fabric, une solution qui connecte les datacenters, les filiales et les charges de travail cloud sur AWS, Azure de Microsoft, Google et les NCP. Elle comprend le routage zero trust, le chaînage des services de pare-feu cloud et l'observabilité intégrée de ThousandEyes et Splunk. « Il s'agit d'un service cloud conçu et exploité par Cisco ; le client n'a donc rien à installer ni à déployer », explique Anurag Dhingra, vice-président senior et directeur général de la connectivité et de la collaboration d'entreprise. « Il est instantanément disponible, se configure en toute simplicité grâce à Cloud Control et établit toute cette connectivité en quelques minutes.»
Sécurité : Live Protect et IAM agentique
Avec l'arrivée de Claude Mythos d'Anthropic et GPT-5.5 cyber d'OpenAI, le délai se réduit entre la découverte et l'exploitation des vulnérabilités de plusieurs mois à quelques minutes. D'où la nécessité selon Cisco de mettre en place des défenses en temps réel au niveau de l'infrastructure. C'est l'ambition de Live Protect qui applique des contrôles ciblés en continu via des agents sur les équipements réseaux sans nécessiter de redémarrage ou de maintenance. Pour la gestion des accès, les agents reçoivent des autorisations éphémères, limitées à une tâche spécifique via Secure Access. « Ainsi, au lieu d'un contrôle d'accès classique, nous passons à un contrôle d'action », explique Tom Gillis, vice-président senior et directeur général de l'infrastructure et de la sécurité. « L'accès est limité au moment opportun, à la durée nécessaire et à la période requise, c'est-à-dire éphémère. Vous n'obtenez donc pas six mois ou un an d'accès, mais uniquement l'accès nécessaire pour accomplir une tâche, et rien de plus.»
La gestion des identités des agents IA est aussi une inquiétude des RSSI adressée par Cisco. il s'appuie pour cela sur le rachat récent d'Astrix Security pour 400 M$ qui fournit une plateforme détectant automatiquement tous les agents IA présents sur le réseau d'une entreprise. Elle identifie aussi les serveurs MCP et les identités machines (NHI, non human interface) et est capable de déceler les failles et les problèmes de configuration. Toujours sur la sécurité des agents IA, l'entreprise met en avant son framework DefenseClaw présenté en mars dernier pour les applications de type OpenClaw.
Data Fabric optimisé et le SOC Agentic
Lancé en septembre dernier, Data Fabric bénéficie d'une importante mise à jour. Basé sur Splunk, cette solution consolide les données de télémétrie provenant du réseau, des applications, de la sécurité et de sources tierces au sein d'une couche commune exploitée par les analystes humains et les agents. Elle sert de base de données pour Cloud Control et le SOC Agentic. Parmi les améliorations, on note une capacité de recherche fédérée optimisée. « Au lieu de déplacer les données vers Splunk, nous amenons Splunk aux données et pouvons ainsi les interroger dans différents environnements sans les copier ni les déplacer », explique Kamal Hathi, vice-président senior et directeur général de Splunk. Un outil de création d'agents IA est également disponible pour les opérations sur les données machines, ainsi qu'un datalake dédié.
Les agents s'invitent aussi dans le centre opérationnel de sécurité (SOC) avec l'offre SOC Agentic qui couvre couvrant l'intégralité du cycle de vie de la détection et de la réponse. « Nous réduisons le temps et la complexité nécessaires aux opérations de sécurité », a déclaré Kamal Hathi. « Nous passons de plusieurs jours, voire plusieurs heures, à quelques minutes, voire quelques secondes. » Pour l'ingénierie de fiabilité des sites (SRE), Cisco intègre l'IA pour effectuer une analyse autonome des causes profondes des problèmes de performance des applications et de l'infrastructure. Par ailleurs, il ajoute une surveillance (issue du rachat de Galileo) des agents, couvrant les appels d'outils, les interactions LLM et la détection des injections de requêtes.







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