Un concept pour soutenir un marché morose

La crise, conjuguée à la concurrence de nouveaux usages basés sur les smartphones et les tablettes, et aussi le succès d'Apple avec les MacBook, sont à l'origine du concept d'ultrabook. 

De dynamique en dynamique, le marché des portables (y compris celui des tablettes) a connu quelques révolutions qui ont boosté les ventes et renouvelé les usages. L'arrivée des netbooks puis celle des tablettes, qui ont pris le relais des ventes dans un marché des PC de bureau assez morose, ont été des facteurs de croissance indéniables. Cependant, même si les ventes sur le marché professionnel ont globalement résisté à la crise, dopée par l'arrivée de Windows 7, la croissance s'est ralentie et les marges ont fondu au fil du temps. D'après les analystes du Gartner, « l'utilisation d'applications comme l'email, les réseaux sociaux et l'accès à Internet étaient traditionnellement l'apanage des PC. Ce n'est plus le cas, ces applications sont utilisées sur des tablettes et des smartphones ce qui a donné à ces terminaux plus de valeur d'usage ». Par conséquent, le cabinet d'analyse prévoit une croissance réduite des ventes de PC pour 2012, 4,4 % seulement, par rapport à 2011.

Mario Alapetite
ABC Systems



Dans ce paysage pas très engageant, un seul fabricant s'est distingué avec des taux de croissance et des marges qui ont de quoi faire des jaloux chez les fabricants de PC. Après être devenu le numéro un des baladeurs MP3, un acteur majeur de la téléphonie mobile, avec comme corolaire les revenus de l'Apple Store, puis lancé le marché des tablettes grand public, Appleest en bon chemin pour devenir le numéro un mondial des ventes d'ordinateurs portables (tablettes comprises). Ce qui étonne tous les spécialistes. Mais le plus surprenant c'est que même avec des marges deux ou trois fois supérieures à celles des fabricants de PC, Apple continue de progresser. « Il y a un effet de mode lancé par Apple avec les MacBook et l'iPad et qui a touché les entreprises aussi bien que les particuliers », explique Mario Alapetite, directeur des ventes et du marketing chez ABC Systems.

Ultrabook, un concept variable

Il n'en fallait pas plus pour faire réagir Intel dont l'objectif est d'étendre le succès des MacBook aux marchés occupés par les plateformes sous Windows. Dès le mois de juin 2011, Intel annonçait son nouveau concept de portables, officiellement baptisé ultrabook. Les caractéristiques préconisées par Intel et qui vaudront l'appellation officielle ultrabook aux modèles des fabricants répondent à des exigences spécifiques, mais qui ont varié au cours du temps. Les annonces faites durant l'été 2011 et qui qualifiaient les ultrabooks de légers, autonomes et réactifs, devaient avoir un design recherché et un form factor précis. Les modèles dotés d'écrans de moins de 14 pouces doivent avoir une épaisseur maximale de 18 mm, tandis que ceux de plus de 14 pouces peuvent aller jusqu'à 21 mm d'épaisseur au maximum. Leur poids ne doit pas dépasser 1,4 kg, y compris les modèles de plus de 14 pouces de diagonale. Ils doivent aussi proposer un accès rapide aux applications : moins de 7 secondes même à partir du mode veille le plus profond. Pour cela, Intel propose sa technologie maison, Intel Rapid Start.

L'autonomie est l'un des points forts des ultraportables tels que définis par Intel. Elle a été fixée à 5 heures au minimum. Enfin, le volet sécurité n'a pas été oublié afin de répondre aux exigences des professionnels et des entreprises. Les ultraportables doivent intégrer les technologies antivol de protection des données et celle de protection de l'identité de l'utilisateur. Bien entendu, les ultraportables doivent comporter un des processeurs Intel Core à basse tension et de deuxième génération ; i3, i5 ou i7 selon le modèle. Ainsi parés, les ultraportables destinés au grand public doivent répondre à un dernier prérequis : des prix adaptés. En clair et contrairement aux ultraportables, les ultrabooks sont déclinés en versions professionnelles et, aussi et surtout (c'est là qu'il y a du volume à faire) au grand public. D'après Sabine Turkieltaub, directrice marketing de la division impression et systèmes personnels chez HP, « les ultrabooks représentent une vraie nouvelle catégorie, car ils répondent à des critères qui n'ont pas été mis en oeuvre tous à la fois dans les portables. Ce ne sont donc pas juste des portables légers et autonomes, mais de véritables nouveautés. De plus, la facilité et la rapidité d'accès à l'information sont des exigences des utilisateurs, et les ultraportables y répondent parfaitement ».

Ajouter un commentaire
0
Commentaires

s'abonner
aux newsletters

suivez-nous

Publicité
Publicité

Derniers Dossiers

Open Source : l'heure de la maturité

Open Source : l'heure de la maturité

En 10 ans, le logiciel libre s'est forgé une place prépondérante dans les entreprises, il s'est imposé dans les serveurs, les réseaux, les bases de données, les CMS, sans oublier l...

Revendeurs, marques et grossistes : comment se jugent-ils ?

Revendeurs, marques et grossistes : comment se jugent-ils ?

La 8ème édition de l'étude « Regards Croisés »réalisée par l'agence Aressy montre cette année un léger regain de tension entre les différents acteurs de l'industrie. Un phénomène d...

Arrivée de Free : quel impact sur la distribution mobile ?

Arrivée de Free : quel impact sur la distribution mobile ?

En un an, Free aura conquis près de 8 % du marché et ouvert la voie à la téléphonie mobile low cost en France ! La distribution du secteur n'en sort pas indemne, à l'image de l'ens...

Publicité