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Le gouvernement veut sauver les encours

Financement - 01/12/2008
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Constatant que les assureurs crédit s'apprêtaient à réduire massivement les encours, le gouvernement a annoncé qu'il allait stopper l'hécatombe en préparation en se portant lui-même garant du crédit interentreprises. Le marché IT est particulièrement concerné, sachant que l'assurance crédit y est prédominante. Voici les premières réactions de la SFAC.


Si l'annonce a été relativement peu médiatisée, elle n'en revêt pas moins une importance capitale pour les entreprises et, plus particulièrement, pour celles du secteur informatique et télécoms. Concrètement, l'Etat veut endiguer la baisse des encours qui se préparait chez les assureurs crédit. Pour ce faire, il se porte garant en créant un service de réassurance publique, poétiquement baptisé le « CAP » (Complément d'Assurance crédit Public). « C'est une bonne nouvelle, répond tout de go Didier Moizo, Conseiller sectoriel IT pour la SFAC, du groupe Heuler-Hermes. Nous constations que le contexte se dégradait très rapidement, avec une progression des défaillances supérieures à 10%. Le principal changement, c'est que les services IT sont désormais également concernés ».

Ce sera « donnant-donnant »

Les entreprises de négoce ne sont donc plus seules dans la ligne de mire. En contrepartie des nouvelles garanties de l'Etat, la ministre de l'économie, Christine Lagarde a exigé plusieurs engagements de la part des assureurs crédit. Les principaux sont les suivants : le pourcentage des crédits interentreprises qu'ils garantissent ne doit pas diminuer au cours des 6 prochains mois, ils devront réexaminer sous 5 jours tout dossier soumis par le nouveau médiateur du crédit, ils ne devront pas supprimer la garantie uniquement parce qu'une entreprise appartient à un domaine supposé « à risque » (comme le négoce de matériel informatique, par exemple...), toutes les modification de la couverture devront être clairement motivées, etc.

« La SFAC n'a jamais stigmatisé telle ou telle activité dans son ensemble, répond Didier Moizo. D'ailleurs, le secteur IT était jusqu'à présent l'un des plus privilégiés et nombre d'entreprises de négoce obtiennent heureusement des résultats satisfaisants ». Reste à savoir si ces mesures peuvent éviter des défaillances d'entreprises. « C'est certain, affirme Didier Moizo, mais il est impossible de savoir à l'avance dans quelles proportions ».
Les assureurs crédit semblent par ailleurs méfiants par rapport aux bilans qui leur seront présentés pour l'année 2008. « Nous nous attendons à découvrir des résultats en trompe l'oeil, car il y a eu deux périodes bien distinctes au cours de cette année », prévient Didier Moizo.

Les informateurs sont partoutLes informateurs sont partout

Contraints d'analyser et d'argumenter davantage, les assureurs crédits activent donc leurs réseaux de surveillance, qui sont présents partout en France et dans tous les organismes, depuis les chambres de commerces jusqu'aux antennes de la Banque de France. C'est sur la base de ces informations collectées sur le terrain que les 40 membres de la commission d'arbitrage de la SFAC prennent leur décision. La grande différence, c'est que grâce au « CAP », les encours réels ne devraient pas diminuer. Mieux, pour les entreprises qui ne sont pas en difficulté, les encours pourraient être augmentés.
Le dispositif doit entrer en vigueur dans une semaine, le 8 décembre, et prévoit même une « rétroactivité » : les revendeurs qui ont vu leur encours baisser après le 1er octobre pourront retrouver le niveau antérieur.

Pour mémoire, les assureurs crédits couvrent environ le quart des crédits interentreprises, soit 320 milliards d'euros, mais dans le secteur IT, les professionnels estiment que la proportion est supérieure à 50%.



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Article de Pascal Boiron
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