«D'après une étude récente que nous avons réalisé en Europe et aux États-Unis, 50% des entreprises ont admis que près de la moitié de leurs applications devraient être retirées » constate Philippe Roques, directeur exécutif de la ligne de services Application Lifecycle Services au sein de Capgemini en France. Autre constat : 85 % des entreprises interrogées reconnaissent devoir rationaliser leur portefeuille d'applications. Ces chiffres impressionnants, issus du rapport de Capgemini (Application Landscape report) réalisé en partenariat avec HP sur le paysage applicatif montrent à quel point les entreprises font face à l'obsolescence d'une partie importante de leur portefeuille d'applications. Pour Eric Blum, le CTO de BMC Software, il y a trois raisons à ce phénomène « d'applications obsolètes ou inutilisées ».
La première est le résultat naturel d'acquisition d'une société par une autre qui se retrouve avec des services redondants. La deuxième, est la conséquence d'une gestion en silo des applicatifs de différentes Business Units. La troisième, quant à elle, vient d'une absence de gestion centralisée du catalogue de services et du portefeuille des applications associées. La rationalisation de toutes ces applications semble inévitable, mais elle n'est pas si simple à mettre en place dans les entreprises en cause la gestion des risques comme la perte de données et le coût. «Il est clair que ces applications obsolètes ne participent plus ou peu à la vie de l'entreprise. Malgré tout, les sociétés les maintiennent certes à moindres coûts» confirme Thomas Hirsch, directeur du marketing et de la communication chez Capgemini France. D'ailleurs l'étude montre que 61 % des responsables informatiques déclarent conserver les données au-delà de leur date d'expiration par mesure de sécurité. D'autre part, environ 60% des entreprises estiment aussi que le coût de retrait des applications les empêche de mettre en place ce dé-commissionnement des applications.
Pourquoi un tel laxisme autour du portefeuille applicatif ?
Pour Michaël Weber, responsable anti-piratage pour l'Europe du Sud et de l'Ouest d'Adobe et nouveau président France pour la Business Software Alliance (BSA), les DSI ou les décideurs IT ne contrôlent pas la durée de vie des applications sur le long terme faute d'outils dédiés comme le déploiement de programmes d'urbanisation ou de cartographies ou la mise en place d'une solution de software asset management. «La gestion des applications nécessite de déployer des outils de gouvernance », insiste Michaël Weber. Ajoutons au manque d'outils, une absence de communication entre les différents services. Les équipes métiers sont peu ou pas impliquées dans la gestion des applications et sa rénovation. Il en va de même pour les développeurs et les responsables de maintenance.
Un avis que partage Michaël Weber qui insiste que les premiers concernés, à savoir les services d'achats doivent être parfaitement coordonnés avec les services informatiques. Il faut savoir qui fait quoi ? Comment les applications sont-elles déployées et s'assurer de la véracité des licences. Car le problème de gestion des licences est souvent considéré comme « annexe » par les responsables en entreprise. Et pourtant, les éditeurs ont des experts et des compétences en interne pour travailler en amont sur ce sujet et aider les entreprises clientes. « Il faut réveiller les consciences des entreprises pour qu'elles impliquent les éditeurs dans leur gestion des applications » insiste Michaël Weber.
Il faut aussi reconnaitre que pour les entreprises, il n'est pas évident de rationaliser le parc applicatif face à des législations internationales toujours plus contraignantes, les entreprises comptent sur leur système d'information pour instaurer, maintenir et respecter ces réglementations en vigueur. Fréderic Richer, directeur Marketing EMEA de Serena Software, spécialiste de la gestion applicative constate également, au travers de son expérience que les lois alourdissent les projets de rationalisation.
Illustration principale : Philippe Roques, directeur exécutif de la ligne de services Application Lifecycle Services chez Capgemini France.







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