« Nous ne sommes pas du tout dans une logique de récession »

Malgré la crise, et même du fait de la crise, l'Afdel (*) fait flèche de tout bois : à l'international et en région, sur des thèmes métiers ou avec son cheval de bataille du financement des PME. Elle démultiplie les initiatives, le point avec son Président Patrick Bertrand (**).

Distributique.com : Comment progresse  l'Afdel, en nombre d'adhérents et en typologie d'adhérents (taille d'entreprises, variété des secteurs représentés) 

Patrick Bertrand :
L'Afdel est très attentive à représenter  le métier de l'édition de logiciels dans toutes ses composantes : les PME innovantes,  les start up, comme les grandes entreprises. De grands noms nous ont rejoint, Sage France et SAP France, citons également ESI Group, et une multitude de PME et de start up. Le nombre est important mais aussi l'éco-système et son foisonnement. L'Afdel compte aujourd'hui 298 membres, elle enregistre 60 à 80 adhésions nouvelles en un an.

Ce développement se retrouve en région, avec de nouveaux rapprochements, nous avons signé avec des clusters : l'agglomération de Montpellier et Rhenatic en Alsace. D'autres sont bien avancés. Ils organisent des manifestations en local que nous appuyons dans des webcast. Les associations adhèrent à l'Afdel, leurs adhérents restent libres de suivre ou pas. Nous ne sommes pas impérialistes.

L'Afdel est devenu un outil de reconnaissance pour nos adhérents, et à l'intérieur pour leurs équipes. Un réseau de partenaires, avocats, conseils en technologie, start up nous appuie.

Distributique.com :
Après celle de 2008, la profession traverse une nouvelle crise, comment réagit l'Afdel?


Patrick Bertrand :
L'industrie du logiciel a démontré en 2008 et 2009 sa résistance et sa résilience à la crise. C'est prouvé par les faits. La résistance augmente pour deux raisons. D'abord, l'investissement dans le  numérique s'est amélioré dans les entreprises, pour  gérer les clients et renforcer l'efficacité. Ensuite, le modèle licence et maintenance, qui a été un succès, s'accompagne maintenant de contrats et de mode de financement en SaaS,  avec du revenu récurrent.

Quant à la résilience, nous voyons bien sur 2010 et 2011 un taux de croissance deux fois supérieur dans nos métiers, moins bon qu'avant mais très intéressant. Nous ne sommes pas du tout dans une logique de récession. Nos PME sont bien implantées sur leurs segments, le seul problème tient au financement, les formules existent (***) , les blocages sont d'ordre administratifs.

Distributique.com :
Vous avez deux commissions très voisines, une sur le cloud, l'autre sur le SaaS, comment éviter de « rabâcher » les mêmes choses ? Sur quels thèmes nouveaux allez-vous travailler en 2012 ?

Patrick Bertrand :
Non, on ne « rabâche » pas, on travaille sur trois thèmes bien précis, en matière de cloud et de SaaS : Comment développer nos logiciels, avec en particulier l'aspect sécurité ? Comment vendre et rémunérer les commerciaux ? Avec qui  héberger, avec moi-même, avec un hébergeur, avec plusieurs hébergeurs dans plusieurs datacenters ?
Pour les nouveaux axes de travail, nous recevons ce 12 janvier Séverin Naudet, directeur d'Etalab, car une commission open data s'est mise en place à l'Afdel. Les éditeurs doivent s'impliquer sur le sujet. Etalab participe d'ailleurs à l'animation de notre nouvelle commission.

Nous avons également lancé une commission sur les réseaux sociaux et mis en place un  groupe de travail sur la facture clients.

Distributique.com :
Quel est le bilan de vos nombreuses initiatives en direction des pouvoirs publics ?

Patrick Bertrand :
L'Afdel s'est montrée très offensive. Avec le SNJV (Syndicat national du jeu vidéo) sur le statut du JEI, une démarche réussie, le statut ayant été restauré, même si nous avons une nouvelle échéance pour fin 2013. Nous avons par ailleurs travaillé très en amont auprès des équipes Juppé/Rocard préparant le grand emprunt. Une victoire, sur les 4 milliards consacrés au numérique,  2 seront dédiés aux usages, à côté des infrastructures.

Sans entrer dans le domaine politique, je salue également toutes les réalisations menées : les plans France Numérique 2012 et 2020, le Grand Emprunt, la création du FSI (auquel nous associe un accord cadre), celle du Conseil national du numérique, l'Observatoire du Numérique, le Fonds national d'amorçage, la DISIC (DSI de l'Etat). A l'approche des prochaines échéances présidentielles, nous présentons aujourd'hui  un Livre Blanc : 20 propositions pour réindustrialiser la France grâce au numérique.

Un point de frustration subsiste, des politiques de tout bord comprennent nos enjeux, mais il reste du chemin pour imprégner une large partie des parlementaires et responsables des atouts de nos métiers, par exemple pour l'éducation et la santé.

Distributique.com :
Vous développez également l'Afdel à l'international, dans quel but ?

Patrick Bertrand :
A l'international, avec UBI France nous avons engagé plusieurs initiatives. Bertrand Diard, Pdg de Talend s'est implanté près de San Francisco et nous ouvre un de ses bureaux. Un cabinet d'avocats franco américain,Nixon Peabody, aide nos adhérents et les accompagne avec un collaborateur franco américain basé à Paris. Nous voulons reconduire cette démarche en direction de la Chine et de la Russie.

(*) L'Afdel, Association française des éditeurs de logiciels a été créée en 2005

(**) Patrick Bertrand, 57 ans, est diplômé de l'IEP de Paris et licencié en droit. Il débute sa carrière au Crédit Chimique et gagne l'industrie pétrolière, dans des fonctions financières. En 1988, cinq ans après sa création, il entre chez Cegid, devenant directeur financier, directeur général adjoint, puis directeur général, en 2002, aux côtés de Jean-Michel Aulas.

(***) L'Afdel a mis en place un accompagnement et un site dédié : http://www.investirdanslenumerique.fr/

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