OVH inaugure son nouveau data center

OVH a sorti de terre son datacenter SBG5 effiicient et durable localisé à Strasbourg. (crédit : J-N B)

OVH a sorti de terre son datacenter SBG5 effiicient et durable localisé à Strasbourg. (crédit : J-N B)

Lancé juste après l'incendie de février 2021 qui a touché son datacenter SGB2 à Strasbourg, le centre de calcul SGB5 d'OVH bénéficie des dernières avancées en termes de refroidissement et d'efficience énergétique. L'occasion pour le Gouvernement d'évoquer quelques actions sur la stratégie cloud de confiance.

C'est peu de dire que OVH a traversé une grave crise en mars 2021 avec l'incendie majeur qui a frappé son datacenter SGB2 à Strasbourg. Cette ville « est bien plus qu'un site, pour nous c'est un symbole exceptionnellement fort », a lancé Michel Paulin, directeur général d'OVHCloud à l'occasion d'une conférence de presse pour annoncer le lancement du dernier datacenter du groupe. « L'inauguration de SBG5 est un symbole fort de cette stratégie industrielle qui nous permet de porter plus haut et plus fort les couleurs d'un cloud européen ouvert, de confiance, durable, et ceci, auprès de nos clients du monde entier ». Suite à cet incident qui a fait paniquer de nombreux clients pris en défaut de sauvegarde, l'hébergeur et opérateur de services cloud a lancé dans la foulée (avril 2021) la construction d'un nouveau datacenter bénéficiant d'un investissement de 30 M€ qui s'étale sur 1 700m2 et compte 16 000 serveurs. Le datacenter SGB5 est loin d'être le plus grand construit par l'hébergeur. « Il est de petite taille », a confirmé Octave Klaba, fondateur et président d'OVH.

Pour éviter de revivre une situation aussi dramatique, OVH a pris les devants en matière de protection anti-incendie qui avait fait défaut comme l'a pointé d'ailleurs le BEA-RI dans un dernier rapport. Le groupe indique ainsi que son datacenter SBG5 se compose de 19 salles isolées dont les maçonneries sont résistance au feu pendant deux heures. « Le système d'extinction des incendies au gaz répond au standard APSAD R13 et les détecteurs de fumées VESDA respectent le standard APSAD R7 », précise OVH. Les générateurs (groupes électrogènes, réservoirs de carburant...) ainsi que les salles d'énergie (onduleurs, transformateurs...) sont installés à l'extérieur du bâtiment.

Un autre datacenter prévu pour la résilience Inauguration OVH datacenter SGB5

Thierry Breton, Commissaire européen au marché intérieur (gauche), Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des finances (milieu) et Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la transition numérique et des télécoms lors du point presse de l'inauguration du datacenter SGB5 d'OVH ce 12 septembre 2022 à Strasbourg. (crédit : J-N B.)

OVH a également travaillé sur l'efficience énergétique de son datacenter SGB5 dont le PUE est compris entre 1,1 et 1,2, annoncé comme étant inférieur de 36% à la moyenne industrielle du cloud en 2021 qui s'élève à 1,57. Le système de refroidissement des serveurs s'effectue par watercooling pour un indice d'efficience en eau (WUE) inférieur à 0,2 L/kWh alors qu'il est d'1,8 L/kWh en moyenne. Cela équivaudrait à un verre d'eau pour refroidir un serveur pour 10 heures d'utilisation, selon le groupe. « OVHcloud se distingue par son système en circuit fermé limitant la déperdition de liquides, mais également par l'utilisation de refroidisseurs à sec et l'absence d'air conditionné dans les salles serveurs », fait savoir le fournisseur.

Conformément à ses engagements, le groupe a par ailleurs indiqué qu'il lancera un autre datacenter dédié aux sauvegardes de données brutes (snapshots) et distant des sites d'exploitation des services. Déployé dans un premier temps pour les clients français, ce service sera ensuite étendu à l'ensemble de ses solutions et de ses localisations. « En complément de cette solution de stockage distant, OVHcloud propose des solutions facilitant la sauvegarde et les services de plan de reprise d'activité telles que Veeam Enterprise pour sécuriser l'activité via la sauvegarde de workloads stratégiques (VMWare, serveurs physiques Windows/Linux ou NAS), ou Zerto pour la sauvegarde et restauration des machines virtuelles dans le cadre de plans de reprise d'activité sur les infrastructures Hosted Private Cloud », indique le groupe.

Remettre une couche sur le cloud de confiance

Aux côtés de Michel Paulin et d'Octave Klaba pour l'inauguration du datacenter SGB5, étaient également présents Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des finances, Jean-Noël Barrot, fraîchement nommé ministre délégué chargé de la transition numérique et des télécoms, ainsi que Thierry Breton, Commissaire européen au marché intérieur et... ancien ministre de l'Economie dans le gouvernement Rafarin III.

Plus qu'une présentation technique du datacenter France, ce point presse a aussi - surtout - été l'occasion de remettre une couche sur le cloud de confiance et de lancer des piques, voire des hallebardes, sur les fournisseurs cloud étrangers dont les noms n'ont jamais été cités. « OVHCloud est le symbole de la résilience et de l'ambition pour l'industrie française infonuagique », a lancé Jean-Noël Barrot. « Les hyperscalers présentent des risques de dépendance et de sécurité juridique pour l'Europe qui a nécessité une mobilisation pour bâtir l'un des cadres réglementaires les plus importants de ces dernières années ». Et Thierry Breton d'ajouter de son côté : « Il faut des règles de concurrence saines pour éviter que les monopoles écrasent l'innovation ».

« Maîtriser ses données, c'est maîtriser l'avenir de la prospérité économique et tous ceux qui laissent filer leurs données laisseront filer leur prospérité, leur souveraineté et leur indépendance », a quant à lui prévenu Bruno Le Maire. « Il faut accélérer pour rattraper le petit retard à l'allumage que l'on peut combler en y mettant les moyens nécessaires », avant de vanter un modèle de gestion numérique des données à la française équilibré, plus réglementé que celui en vigueur aux Etats-Unis, mais moins contrôlé que celui des opérateurs chinois. Le ministre de l'Economie a par ailleurs mis l'accent sur la nécessité de renforcer le recours aux offres certifiées SecNumCloud en mettant en place un dispositif d'accompagnement des petits éditeurs pour obtenir ce label. Un fonds de 2,5 millions d'euros sera alloué à cette action. Par ailleurs, le gouvernement va dans les prochaines semaines clarifier la notion des données dites sensibles évoquées dans la doctrine cloud de l'Etat. Enfin, ces différentes opérations ne sont pas pour l'instant incitatives, mais les rendre obligatoires n'est pas écarté. « Je ne peux pas exclure que, à un moment ou à un autre, nous en venions à une norme obligatoire pour protéger notre souveraineté industrielle et protéger notre indépendance », a annoncé Bruno Le Maire.



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