Boyan Ivanov, CEO de StorPool, explique StorPool est une société de stockage entièrement basée en Europe, pas aux États-Unis. (Crédit S.L.)
Fondé en 2011 à Sofia, StorPool Storage s'est imposé discrètement comme l'un des spécialistes mondiaux du stockage logiciel à hautes performances. Lors du 67e IT Press Tour à Sofia début avril 2026, son CEO Boyan Ivanov a dévoilé une feuille de route offensive.
La Bulgarie n'est pas le premier pays qui vient à l'esprit quand on évoque l'innovation en matière de stockage d'entreprise. Pourtant, c'est bien à Sofia qu'est née StorPool Storage en 2011, une entreprise qui revendique aujourd'hui plus d'un million d'utilisateurs finaux dans plus de 30 pays sur cinq continents. L'entreprise d'une soixantaine de collaborateurs affiche une rentabilité positive avec une croissance annuelle qui dépasse les 15%. Un profil atypique dans un secteur dominé par des géants nord-américains lourdement capitalisés.
Boyan Ivanov, CEO et co-fondateur de StorPool Storage, rappelle volontiers l'héritage technologique de son pays : "La Bulgarie était la Silicon Valley du bloc de l'Est. Nous avons un ADN technique très fort, c'est pourquoi nous avons une technologie aussi sophistiquée." Ce socle d'ingénierie de haut niveau - plusieurs membres de l'équipe sont des médaillés aux olympiades d'informatique - explique les performances revendiquées par la plateforme StorPool : une latence inférieure à 100 microsecondes, une disponibilité mesurée (et non théorique selon l'éditeur) de cinq neuf depuis plus de dix ans, et une scalabilité linéaire allant de 10 To à plus de 50 Po sans interruption de service.
Une plateforme SDS de bout en bout
Le coeur du produit est une plateforme de stockage bloc en mode logiciel - Software-Defined Storage - qui fonctionne sur une infrastructure matérielle standard et se déploie en mode service entièrement géré, à la manière d'un Amazon EBS installé dans le datacenter du client. La plateforme comprend six composantes : le logiciel de stockage principal, une suite analytique, un module de monitoring, VolumeCare (sauvegarde intégrée), un moteur de reprise après sinistre (DR Engine), ainsi que des intégrations avec les principales couches d'orchestration du marché - OpenStack, CloudStack, Proxmox, Kubernetes, Oracle Virtualization, HPE Morpheus.
C'est précisément cette richesse fonctionnelle qui distingue StorPool de nombreux concurrents dans le segment SDS. "Nous sommes extrêmement rapides, mais aussi très riches en fonctionnalités. Ce n'est généralement pas les deux à la fois - c'est habituellement un compromis", souligne Boyan Ivanov. La plateforme peut ainsi gérer jusqu'à 100 millions d'IOPS sur un système de 20 serveurs, des chiffres que l'éditeur revendique comme mesurés en production réelle.
StorPool One, une autre alternative à VMWare
La grande annonce de ce printemps 2026 à Sofia était le lancement de StorPool One, une stack complète qui répond à la demande croissante des entreprises qui cherchent à quitter VMware depuis le rachat de l'éditeur par Broadcom, lequel a entraîné des augmentations tarifaires pouvant atteindre un facteur dix. StorPool One intègre en un seul contrat l'ensemble des couches du datacenter logiciel : hyperviseur Linux KVM, gestion de la virtualisation, orchestration cloud, stockage défini par logiciel, réseau et sauvegarde/reprise après sinistre.
"Le problème numéro un que nous entendons : un client a une machine virtuelle qui ne fonctionne pas. Il appelle son fournisseur OpenStack, qui dit que c'est un problème réseau. Il appelle le fournisseur réseau, qui dit que c'est un problème de stockage. Et le fournisseur de stockage dit que c'est un problème d'hyperviseur. Vous êtes bloqué en tant que client. Voilà pourquoi vous avez besoin d'une stack intégrée", résume Boyan Ivanov. StorPool One se positionne comme 65% moins cher que le bundle VCF (VMware Cloud Foundation) aux tarifs actuels pratiqués par Broadcom. À côté de cette offre unifiée, StorPool propose deux autres déclinaisons dans ce contexte post-VMware : le module de stockage StorPool utilisé seul comme remplacement de vSAN dans un écosystème KVM, et une offre conjointe StorPool + Oracle Virtualization, développée en collaboration avec big red, qui cible les grandes entreprises souhaitant s'appuyer sur l'aval commercial d'un éditeur de premier rang.
Souveraineté européenne et feuille de route
Le deuxième axe stratégique mis en avant lors de cette session est la souveraineté des données. StorPool se positionne comme l'un des rares éditeurs de stockage SDS entièrement européens, un atout de plus en plus déterminant dans les appels d'offres publics et parapublics du Vieux Continent. L'entreprise participe à l'initiative EuroStack Pack, visant à constituer un écosystème technologique de bout en bout d'origine européenne couvrant le stockage, le réseau, le calcul, les applications et la gestion des identités. Sur le terrain de l'intelligence artificielle - troisième tendance identifiée par StorPool - la société adresse les cas d'usage d'inférence, de bases de données vectorielles et de RAG (Retrieval-Augmented Generation), avec des clients comme Redmond.ai ou Cloudalize qui font tourner leurs services GPU as a Service sur la plateforme.
Boyan Ivanov conclut avec une conviction qui résume l'ambition de l'entreprise : "Nous donnons à quiconque n'est pas Amazon, Google ou Microsoft les outils pour répliquer ce que ces hyperscalers ont construit pour eux-mêmes - mais dans votre propre datacenter, sans marges gonflées à dix fois." Avec un marché du stockage logiciel estimé à plus de 100 milliards de dollars, StorPool, malgré sa taille modeste, entend capter une part croissante des migrations post-VMware en Europe et au-delà, fort de quinze ans de R&D et d'une rentabilité qui lui confère une liberté de manoeuvre rare dans ce secteur.







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