NetApp mise sur ses partenaires pour assurer sa croissance

Willem Hendrickx (à droite sur la photo), le nouveau dirigeant de NetApp pour les régions EMEA et LATAM a remis plusieurs récompenses à ses meilleurs partenaires.

Willem Hendrickx (à droite sur la photo), le nouveau dirigeant de NetApp pour les régions EMEA et LATAM a remis plusieurs récompenses à ses meilleurs partenaires.

Entre la pénurie de flash, l'essor de l'IA, les exigences de souveraineté et de sécurité, le fournisseur a tracé la voie avec de nouvelles offres, des modèles commerciaux flexibles et un programme partenaire renforcé.

Entre 150 et 200 partenaires étaient présents à Amsterdam pour le dernier Partner Summit EMEA et LATAM de NetApp qui s'est déroulé à Amsterdam le 19 mars 2026. Willem Hendrickx, qui a remplacé Giovanna Sangiorgi au poste de senior vice-président et general manager du fournisseur pour les régions EMEA et LATAM depuis le début de l'année, a d'ailleurs rappelé en introduction l'importance du rôle que joue l'écosystème de revendeurs dans la stratégie du groupe américain, en insistant sur leur valeur ajoutée portée vers les services autour de la sécurité, la gestion des données, l'orchestration du cycle de vie client... C'est aussi sur ce point qu'Alastair Edwards, analyste en chef pour le cabinet Omdia, a axé son discours, incitant à aller vers ces moteurs de croissance tout en remettant aussi de la confiance et de la relation client, car trop d'automatisation risque de les éroder.

C'est d'autant plus important que la vente indirecte représente 88 % du business de NetApp en Europe. Sans surprise, les aspects les plus impactants aujourd'hui ont été abordés, dont la cybersécurité, la souveraineté et surtout l'IA, laquelle génère certes de nouveaux besoins mais nécessite, en parallèle, un accompagnement accru des partenaires. À ce titre, le programme Partner Sphere, lancé il y a plus de trois ans, évolue en ce sens avec plus de formations dédiées. Pour Kirsty Biddiscombe, EMEA business lead AI, ML & data analytics, les projets IA nécessitent un accompagnement plus long que les cycles de vente classiques. Le succès dépend moins du modèle IA lui-même que de la qualité, la sécurité et l'accessibilité des données. Les partenaires doivent guider les clients sur tout le parcours, pas seulement vendre un produit.

La pénurie de flash rebat les cartes

Comme de nombreux fournisseurs, NetApp est également confronté à la pénurie de mémoire, notamment pour les modèles full flash très consommateurs de ressources SSD et DRAM. Ainsi, comme l'a rappelé Willem Hendrickx, si, à capacité égale, le prix était identique entre le flash et le classique disque dur magnétique (HDD) il y a encore un peu plus de deux mois, aujourd'hui, le SSD est 25 fois plus cher. D'ailleurs, le fournisseur américain, qui n'a jamais abandonné les disques durs dans ses baies, le remet même sur le devant de la scène avec ses systèmes hybrides portés notamment par la gamme FAS. D'ailleurs, de son côté, Gavin Moore, vice-président et directeur technique de NetApp EMEA et LATAM, est revenu sur la hiérarchisation du stockage, bref de placer la bonne charge de travail sur la bonne plateforme : « Il est conseillé de ne garder que les données les plus récentes sur la couteuse flash et de déplacer le reste sur des disques durs plus accessibles et abordables », précise-t-il. Même les clients 100 % flash peuvent ajouter des disques durs pour couvrir leurs besoins à court terme, a-t-il conseillé. Toutefois, pour des usages IA intenses, nécessitant une haute performance et une faible latence, la NAND flash reste incontournable.

Plusieurs leviers pour sécuriser les achats malgré la volatilité

Face à la hausse du prix de la mémoire et autres aléas, il existe chez NetApp, pour les clients et partenaires, des moyens de sécuriser leurs achats, le fournisseur proposant plusieurs modes de souscription : déjà l'Enterprise Agreement, un accord cadre tripartite (fournisseur, client, partenaire) valable au niveau mondial ; par exemple, Bull - anciennement Eviden chez Atos en cours de rachat par l'Etat français - a été l'un des premiers à y souscrire - le français est d'ailleurs un partenaire historique de NetApp, depuis plus de 20 ans. À noter qu'il existe également une version simplifiée de cet accord baptisée EA Express, un contrat préétabli avec une prévisibilité ; Free Pro a par exemple récemment adhéré à ce programme. Le fournisseur porte aussi son stockage as a service Keystone depuis plus de deux ans, qui donne accès à l'ensemble de son portfolio ; les clients finaux peuvent y souscrire en direct ou via un partenaire. En France, plusieurs d'entre eux le proposent, dont Atos. En effet, ce dernier a déployé une infrastructure en interne qu'il revend par la suite à ses clients en mode MSP. Rappelons que Keystone autorise des capacités qui peuvent être ajustées à la hausse et à la baisse. Enfin, le dernier moyen à reconsidérer pour sécuriser les prix est de se tourner vers les offres des trois hyperscalers (GCP, AWS et Azure), partenaires de NetApp ; la même approche existe en France avec les acteurs locaux comme OVHcloud (Enterprise File Storage) et Outscale.

AIDE, AI Pod Mini et EF-Series, les nouveautés à l'honneur

Côté produits et offres, cet événement a été l'occasion de revenir sur les dernières annonces, dont les nouvelles baies EF-Series (voir encadré) et la disponibilité, dès juillet prochain, d'AIDE (AI Data Engine), cette plateforme de préparation des données développée en partenariat avec Nvidia, celle-ci aide en quelque sorte à transformer de grandes quantités de données non structurées en ensembles de données structurées et prêts pour les IA. NetApp est aussi revenu sur son système AI Pod Mini, une solution complète et clé en main (basée sur une baie AFF-A avec Intel Xeon 6) pour monter des IA en local, pratique pour des besoins départementaux (RH, juridique, etc.).

Enfin, l'événement s'est clôturé par une remise d'awards des meilleurs partenaires pour l'année 2025 dans diverses catégories. Ont notamment été récompensés Computacenter (Royaume-Uni, Allemagne et France) comme le meilleur partenaire de l'année ainsi que le tchèque Alef Group en tant que meilleur distributeur.

NetApp lance deux baies full flash EF-Series

Lors de son Partner Summit EMEA et LATAM, NetApp a annoncé deux baies de stockage bloc EF-Series (déclinaison flash des E-Series), les EF50 et EF80. Ces dernières ciblent les entreprises et les neoclouds qui réclament des performances pour supporter les projets IA, HPC et autres bases de données transactionnelles. Plus précisément, selon Priyadarshi Prasad, vice-président et directeur général de l'infrastructure de données IA chez NetApp, l'EF80 a été conçue pour les charges de travail exigeantes telles que l'IA et le HPC, tandis que l'EF50 est plus adaptée aux environnements de travail mixtes, comme les bases de données. Ces baies ne fonctionnent pas sous Ontap mais sous SANtricity, un OS léger et optimisé pour les performances, hérité du rachat d'Engenio (groupe LSI) en 2011.

Dans leur format 2U, ces baies peuvent contenir jusqu'à 1,5 Po de données sur 24 SSD NVMe. Toutes deux sont optimisées pour les systèmes de fichiers parallèles tels que Lustre et BeeGFS et sont annoncées avec un débit de lecture maximal supérieur à 110 Go/s, 57 Go/s en écriture et jusqu'à 5 millions d'IOPS pour une latence ultra-faible (inférieure à 100 microsecondes). Lors du passage à des performances au niveau rack, la gamme EF offre plus de 100 millions d'IOPS et un débit de lecture de 2,35 To/s pour une consommation inférieure à 37 kW par rack, selon le dirigeant.


Les EF50 et EF80 offrent une bande passante maximale dépassant 110 Go/s en lecture. (Crédit NetApp)

Parmi les autres points forts annoncés figurent une observabilité intégrée qui permet aux équipes de corréler le comportement du stockage avec les ralentissements d'entraînement et de vérifier les améliorations, grâce à la télémétrie détaillée. De même, ces systèmes sont conçus nativement pour être mis à jour (firmware) ou réparés (remplacement de composants) pendant qu'ils fonctionnent, évitant ainsi de couper les sessions d'entraînement critiques. Ils surveillent aussi leur propre santé et alertent sur les pannes potentielles avant qu'elles n'arrivent (maintenance proactive). Enfin, ils supportent les solutions de type Prometheus, Grafana, Splunk et prennent en charge l'automatisation pour une configuration bien plus rapide via des flux de travail de type REST/Ansible.

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