Nvidia Vera Rubin, des puces au service de l'IA et du HPC

Pour succéder à son combo Grace Blackwell, Nvidia lance officiellement sa plateforme Vera Rubin combinant encore un processeur sur base Arm et deux circuits graphiques, des technologies réseau et des logiciels dans un supercalculateur monté en rack. 

Toujours guidé par l'amélioration des performances en calcul, Nvidia a officiellement lancé sa plateforme Vera Rubin, une solution associant un processeur Arm (88 coeurs personnalisés Olympus - sur base Armv9.2) et deux GPU Rubin (voir encadré), présentée comme une avancée majeure dans la convergence entre l'intelligence artificielle et le calcul haute performance (HPC) au service de la recherche scientifique. Présentée lors de la conférence ISC High Performance 2026 à Hambourg, cette plateforme combine les processeurs Vera et les puces graphiques Rubin de Nvidia, ainsi que des technologies réseau et une pile logicielle, pour former ce que l'entreprise décrit comme un supercalculateur à l'échelle d'un rack. Nvidia cible les charges de travail scientifiques, allant de la modélisation climatique et de la dynamique des fluides computationnelle à la chimie quantique, en passant par l'exploration énergétique et les grands opérateurs de centres de données. « Les racines de Nvidia sont profondément ancrées dans le calcul scientifique, et la précision FP64 native reste absolument essentielle pour une dynamique des fluides, une modélisation climatique et des géosciences précises », a expliqué Dion Harris, directeur senior des solutions HPC et d'usine d'IA chez Nvidia, lors d'un point presse. « Nous nous engageons à maintenir cette prise en charge à l'avenir ». 



Autour du GPU Rubin, Nvidia dégaine les composants Vera, NVLink-6, ConnectX-9, BlueField-4 et Spectrum-6 pour configurer un serveur NVL72. (Crédit Nvidia)

Au coeur de la plateforme se trouve une architecture étroitement intégrée combinant des CPU Vera et des GPU Rubin reliés via des interconnexions NVLink-C2C, des SuperNIC ConnectX-9 et des DPU BlueField-4. Les systèmes sont conçus autour d'un refroidissement liquide direct et prennent en charge jusqu'à 144 GPU dans un seul rack. Nvidia affirme qu'un système Vera Rubin entièrement configuré peut offrir plus de sept exaflops de performances d'IA pour les charges de travail scientifiques, ainsi que cinq pétaflops de performances de calcul en double précision native (FP64). Cela placerait un système Rubin devant les meilleurs supercalculateurs du classement TOP500. Les classements mis à jour sont attendus dans le courant de la semaine. 



Pour l'entraînement de modèles d'IA, Rubin délivre jusqu'à 50 pétaflops en NVFP4 pour l'inférence, représentant une amélioration multipliée par 5 par rapport à la génération précédente. (Crédit Nvidia)

L'architecture Vera/Rubin multiplie par 2,8 la bande passante mémoire par rapport à Grace/Blackwell, les CPU et GPU de génération précédente. « Nous prévoyons des gains de performance pouvant aller jusqu'à quatre fois supérieurs pour les applications de dynamique des fluides limitées par la mémoire », a déclaré M. Harris. « Avec Rubin, nous garantissons que les charges de travail mathématiques fondamentales qui sont à la base des découvertes scientifiques s'exécutent plus rapidement, plus efficacement et avec une plus grande précision que jamais. » Cette plateforme est conçue pour prendre en charge à la fois les simulations HPC traditionnelles et les applications scientifiques émergentes basées sur l'IA. Les chercheurs pourront entraîner des modèles de base, déployer des modèles de substitution, exécuter des simulations et effectuer des analyses de données en temps réel sur une infrastructure unique. 



Pour accompagner son GPU Rubin, et se passer des puces Intel ou AMD, Nvidia commercialise aussi son CPU Vera. (Crédit Nvidia)

« L'IA passe du statut d'outil se contentant de répondre à des questions à celui de système autonome exécutant des tâches complexes », a indiqué M. Harris. « Les premières données montrent que [l'IA agentique] multiplie par dix la demande en simulations. » 

Des installations annoncées Nvidia a également annoncé que plusieurs institutions de recherche de premier plan avaient fait part de leur intention de construire des systèmes basés sur cette architecture. Le Centre de supercalcul Leibniz (LRZ) en Allemagne déploiera Vera Rubin dans son futur supercalculateur Blue Lion, dont la mise en service est prévue en 2027. Blue Lion est un système HPE Cray de classe exascale de deuxième génération ; il devrait offrir une puissance de calcul environ 30 fois supérieure à celle du système actuel du LRZ, et soutenir la recherche en astrophysique, en sciences de l'environnement et en sciences de la vie. 

Aux États-Unis, le National Energy Research Scientific Computing Center (NERSC) utilisera la technologie Vera Rubin dans « Doudna », le prochain supercalculateur phare du Département de l'Énergie au Laboratoire national de Lawrence Berkeley. Ce système est en cours de construction par Dell Technologies et prendra en charge les simulations HPC à grande échelle, l'entraînement de l'IA et la recherche à forte intensité de données. Par ailleurs, le Laboratoire national de Los Alamos a sélectionné la technologie Vera Rubin pour trois autres supercalculateurs : « Mission », « Vision » et « Veritas ». « Mission » se concentrera sur les charges de travail liées à la sécurité nationale américaine, tandis que « Vision » prendra en charge la recherche scientifique ouverte et les découvertes basées sur l'IA. « Veritas » est spécifiquement conçu pour permettre des applications d'IA agentique dans la recherche scientifique, en combinant des GPU Rubin avec des partitions CPU Vera autonomes. 

Des systèmes basés sur le Vera Rubin NVL4, proposés par Dell et Super Micro, ont également été annoncés lors de l'événement. 

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