Primo1D lève 6 M€ avec Michelin pour promouvoir sa technologie RFID

Après avoir étudié le marché du textile, l'équipe de Primo1D a orienté sa stratégie vers d'autres secteurs industriels. Ci-dessus, Emmanuel Arène, son PDG (au 1er plan), et Alain Papanti, Directeur commercial (4ème à gauche au 2ème rang). (Crédit : Primo1D)

Après avoir étudié le marché du textile, l'équipe de Primo1D a orienté sa stratégie vers d'autres secteurs industriels. Ci-dessus, Emmanuel Arène, son PDG (au 1er plan), et Alain Papanti, Directeur commercial (4ème à gauche au 2ème rang). (Crédit : Primo1D)

Issue du CEA Leti à Grenoble, institut de recherche pionnier dans la miniaturisation, la technologie RFID de Primo1D vient de séduire Michelin. La start-up créée en 2013 est parvenue à lever 6 M€ dans un tour de table conduit par l'industriel français des pneumatiques avec BNP Paribas Développement et ses investisseurs historiques.

Avec sa technologie E-Thread, insérée dans un fil RFID de 13 cm, la start-up grenobloise Primo1D explore des champs d'applications industriels dans des domaines aussi divers que les matériaux composites, le câblage ou l'agriculture. La société co-fondée en 2013 par Emmanuel Arène, PDG, et Alain Papanti, directeur commercial, travaille avec les premiers acteurs mondiaux dans ces trois secteurs, des clients qui souhaitent encore rester discrets sur les PoC réalisés. Pour soutenir la montée en puissance de Primo1D, le groupe industriel Michelin vient de mener un tour de table de 6 millions d'euros via Michelin Ventures, avec BNP Paribas Développement et les actionnaires historiques de la start-up, Sofimac Innovation, Kreaxi, Expansinvest, Casra Capital et Rhône-Alpes Angels.

Les fonds levés vont permettre à Primo1D « d'augmenter sa capacité de production pour adresser les leaders mondiaux » dans les domaines ciblés, nous a exposé Alain Papanti. « Ils permettront aussi d'intensifier les actions de développement commercial et d'identifier de nouveaux marchés et clients. Enfin, sur la partie développement produits, ils seront utilisés pour étendre notre gamme ». Le RFID (radio frequency identification), massivement utilisé dans l'identification et la gestion des actifs, permet de récupérer à distance des informations contenues dans un dispositif électronique. Primo1D a miniaturisé le sien de telle façon qu'il peut être intégré de façon invisible dans la matière, assure la société. Sa technologie développée au CEA LETI (Institut de Recherche Technologique) de Grenoble est protégée par un portefeuille de brevets internationaux.

Associer une valeur nutritionnelle à des bottes de foin

Aujourd'hui, la technologie E-Thread existe sous deux formes : le fil textile de 13 cm et une bobine dans laquelle le dispositif RFID est placé tous les 2 mètres. C'est sous cette 2ème forme qu'elle est par exemple testée par l'un des premiers fournisseurs internationaux de machines agricoles. « Le dispositif RFID est introduit dans les ficelles de bottes de foin », nous a cité en exemple Alain Papanti. Lorsqu'un tracteur dépose les bottes dans un champ, il connaît leur localisation et leur associe un ensemble d'informations qu'il a collectées, sur le degré d'humidité ou la température notamment. « A l'aide d'un algorithme d'intelligence artificielle, on peut calculer au plus juste la valeur nutritionnelle de la botte », indique le directeur commercial.

L'information est précieuse pour les négociants agricoles, le prix du foin pouvant varier du simple au double en fonction de sa valeur nutritionnelle. D'autres applications sont possibles à travers la cartographie pour repérer de meilleures conditions dans certaines parties des champs. Par ailleurs, la capacité d'associer diverses informations aux bottes peut aussi procurer « une traçabilité parfaite grâce à la blockchain », complète Alain Papanti pour qui l'E-Thread peut permettre de créer « toute une panoplie de services révolutionnaires », en s'appuyant à l'IA et sur la blockchain.

Adapter le fil RFID à d'autres contraintes

Dans le domaine des matériaux composites, la technologie peut être intégrée à des pièces en caoutchouc tels que joints ou soufflets, notamment dans l'aéronautique. Avec les fonds levés, le développement sur les produits permettra d'étudier d'autres champs d'applications nécessitant, par exemple d'adapter le fil RFID pour qu'il résiste à certaines températures ou à des stress mécaniques particuliers, nous a encore indiqué le directeur commercial de Primo1D. Tout en ne souhaitant pas communiquer sur ses prévisions de vente, la société grenobloise table sur un chiffre d'affaires significatif sur l'année en cours.

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