Le protocole d'accord sur le rachat de SFR a été signé ce week-end entre l'ensemble des parties. (Crédit SFR)
Après un report, les négociations ont enfin abouti entre les trois opérateurs et Altice pour le rachat de SFR pour un montant de 20,5 Md€. L'opération devrait être finalisée au deuxième semestre 2027. Les questions sur l'emploi et une possible augmentation des tarifs demeurent.
Après un message annonçant que les parties se laissaient 48 heures de discussions supplémentaires pendant le week-end, moins de 24 heures auront été nécessaires pour la signature de l'accord sur le rachat de SFR. Pour mémoire, une première offre de 17 Md€ avait été présentée par Orange, Free et Bouygues Telecom en octobre 2025, rapidement retoquée par Altice propriétaire de SFR. Le consortium a ensuite révisé son offre à 20,5 Md€ en avril dernier et a obtenu l'aval de Patrick Drahi, principal actionnaire d'Altice France, pour engager des négociations exclusives.
L'accord signé ce week-end marque donc une étape supplémentaire dans la consolidation du marché des télécoms en France. La proposition initiale reste la même, à savoir la division BtoB de SFR sera reprise principalement par Bouygues Telecom et Free Mobile. L'activité grand public sera partagée entre les trois opérateurs, Free par exemple, reprend l'intégralité des clients Red. Idem pour les fréquences et les infrastructures, à l'exception du réseau SFR dans les zones non denses qui échoit au seul Bouygues Telecom. Le montant de l'opération reste de 20,5 Md€ avec une participation à hauteur de 42% pour Bouygues Telecom, 31% pour Free et 27% pour Orange. Seul petit changement dans l'accord initial, un complément de prix de 650 M€ est prévu en fonction des performances de SFR avant la finalisation.
Un long parcours sur plusieurs fronts
Si l'accord fige le cadre et les équilibres de l'acquisition, il ne s'agit que d'un point d'étape dans un long processus à venir. Le premier est l'autorisation des autorités de la concurrence (Commission européenne et Autorité de la concurrence), même si des discussions préalables ont eu lieu pour identifier les points bloquant dans ce domaine. Les analyses devraient prendre 18 mois et pourraient imposer aux opérateurs des ajustements en fonction de l'évolution du marché.
Autre élément scruté par les syndicats et l'État, le volet social. Les trois opérateurs dans leur communication déclarent s'engager à garantir un emploi aux salariés repris « jusqu'au début de l'année 2029, soit par le maintien du poste, soit par une autre proposition ». Reste que pour l'instant, le périmètre de personnes reprises n'est pas connu et que les syndicats craignent un plan social massif. En mai dernier, plusieurs d'entre eux avaient mené une grève, notamment dans les boutiques SFR pour dénoncer le risque de disparition de SFR Distribution, une division qui gère 300 boutiques en France avec environ 2 000 salariés. Enfin, dernier point, la concentration du marché à trois opérateurs pourrait entraîner une augmentation du prix des forfaits mobiles et Internet. Les associations de consommateurs appellent donc à la vigilance sur ce point.







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