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"Nous formons nos employés au lien entre notre métier de SSII et le développement durable."

Laurent Hinault directeur associé et fondateur de D2-SI

Distributique : Pour quelle raison avez-vous décidé de lancer une SSII 'durable' ? Laurent Hinault : J'ai commencé chez Devoteam en 2000 dans des fonctions commerciales. Mais dès 2005, j'ai cherché un sens à mon activité. Et comme par ailleurs, j'ai toujours voulu créer une entreprise, j'ai demandé à un de mes collègues, Marc Roudier, s'il ne voulait pas se lancer avec moi. Au départ, nous ne voulions pas d'une activité informatique. Mais nous n'avions pas beaucoup d'argent et notre savoir-faire était bel et bien dans la vente de services informatiques aux banques. Ce que nous voulions, c'était un modèle économique différent, proche des collaborateurs, qui nous permettent de les accompagner dans leurs projets. Sans oublier que Marc Roudier et moi-même avions aussi, tous les deux, de véritables préoccupations environnementales. Or, il se trouve que nous avons croisé des personnes qui nous ont expliqué que ce que nous cherchions à faire, c'était... du développement durable. Distributique : Et comment lance-t-on ce nouveau genre de société de services informatiques ? Laurent Hinault : Ce qu'il est important de comprendre, c'est qu'au-delà de la motivation durable, nous proposons à ceux qui postulent chez nous des missions intéressantes à des salaires qui sont ceux du marché. Sans cela, le concept ne fonctionnerait pas. Nos salariés se posent les mêmes questions que dans les autres SSII. Simplement, ils se demandent à quoi servirait d'être uniquement le plus grand des experts Java. Sinon, nous avons une activité classique de SSII. Nous proposons des services de maîtrise d'ouvrage et de maîtrise d'oeuvre aux grandes banques d'investissement. Nous avons créé la structure en février 2006 et lancé l'activité au mois de septembre suivant. Nous étions deux à l'époque, et aujourd'hui, notre effectif est de trente personnes. En 2007, nous avons réalisé 1,1 M€ de CA (près de 2M€ en 2008) et 46 000 € de bénéfices. Distributique : Comment le développement durable influe-t-il sur votre mode de fonctionnement en tant que SSII ? Laurent Hinault : Nous cherchons le lien entre notre métier et le développement durable. Et nous formons nos employés à ce concept. Notre responsable du développement durable les alimente en informations sur le sujet. Mais surtout, nous affectons une partie de nos résultats, du capital et du temps des salariés dans des projets durables. Aujourd'hui, cela se monte à 5% de nos revenus. Mais notre objectif est plutôt de stabiliser cette proportion autour de 2% quand notre revenu progressera. Ce pourcentage ne suffirait pas aujourd'hui pour financer des projets car notre chiffre d'affaires est trop bas pour que cela représente un montant suffisant. Du côté des ressources humaines, nous offrons 5 jours par personne et par an, soit un potentiel de 150 jours par an. C'est ainsi que nous avons mis en place Kolibri avec l'association enfant@lhopital pour que les enfants hospitalisés aient un lien avec des chercheurs, des médecins, des experts. Pour cette opération, il fallait refondre l'application Kolibri et aider à la gestion du système d'information. Nous avons mis en place l'infrastructure et amélioré l'ergonomie de l'environnement qui avait un peu vieilli. Nous avons refondu la base de données, l'archivage et utilisé des outils comme Google Docs, Google Agenda, etc. Distributique : Devez-vous recruter des profils particuliers ? Laurent Hinault : Nous avons embauché des ingénieurs de Polytechnique, de Télécom ParisTech, de l'Ecole des Mines, Supelec, etc. Mais quand je recrute quelqu'un, je lui demande quel est son projet professionnel. Il peut avoir envie de travailler dans la banque et de devenir chef de projet par exemple. Nos responsables des ressources humaines vont en clientèle trois fois par an pour faire le point et s'assurer que les projets sur lesquels travaillent nos employés ne sont pas en décalage avec leurs souhaits. Mais la première personne que nous avons recrutée est notre responsable du développement durable, Anne-Julie Vaussion. Son rôle consiste à définir le schéma directeur RSE (Responsabilité sociale des entreprises) et les chantiers qui en découlent, ainsi qu'à rédiger notre charte éthique. Distributique : Au-delà de l'aspect environnemental du développement durable, menez-vous des actions particulières dans le domaine social ? Laurent Hinault : Nous travaillons bien sûr aussi sur le volet social du développement durable. Nous utilisons des indicateurs comme le turn-over, le niveau de qualification, la participation aux éco-chantiers. Ces derniers sont des activités organisées pendant le temps libre des salariés, sur une base de volontariat. Nous avons, par exemple, participé à la réhabilitation des pelouses calcaires de l'Ile-de-France et en septembre 2009, nous sommes allés voir des mares avec des enfants pour leur expliquer la bio-diversité. La moitié de nos employés a déjà participé à ces chantiers.
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