Alcatel-Lucent : les syndicats exigent du gouvernement qu'il s'oppose à Goldman Sachs

Jean-Marc Ayrault a 15 jours pour trouver une solution

Jean-Marc Ayrault a 15 jours pour trouver une solution

Les syndicats d'Alcatel-Lucent sont pressés. D'ici fin janvier, l'accord signé entre la direction du groupe et Goldman Sachs va entrer en vigueur. A la clé, un risque de démantèlement du groupe. Mais que fait le gouvernement ?

L'intersyndicale d'Alcatel-Lucent a été reçue à Matignon, mercredi 3 janvier, pour demander en urgence que l'Etat engage des moyens financiers pour contrer cet accord. Il porte sur un prêt de 1,615 milliard d'euros (*), négocié par la direction de l'équipementier auprès de Goldman Sachs et du Crédit Suisse. Expliqué ainsi l'accord a l'air « normal ». Sauf que Goldman Sachs pose trois conditions draconiennes.

D'abord, la banque prête au taux de 9,6% ! Ensuite, elle demande des gages (les brevets et des filiales). Enfin, elle veut faire signer à la direction un « covenant » financier. Derrière ce nom barbare se cache un mécanisme redoutable. Goldman Sachs veut vérifier chaque trimestre, par des tests financiers, l'état de l'entreprise. Si la situation n'est pas conforme à ce que la banque demande, elle peut exiger de vendre certaines activités. « Cet accord nous met une pression terrible, souligne François Schmetz, coordinateur CFE-CGC Groupe Alcatel-Lucent, pour remplir les objectifs et s'ils ne le sont pas pour savoir qui sera concerné par le démantèlement. Ce sont des prédateurs. »

Le déblocage est surement politique

Il y a urgence. L'accord signé en décembre doit entrer en vigueur  fin janvier. Entre noël et le jour de l'an, l'intersyndicale a donc demandé à être reçue par Matignon. En effet, plusieurs ministères sont concernés par le dossier : le numérique avec Fleur Pellerin, le redressement industriel de Montebourg, les finances (plus particulièrement la direction du trésor), la défense (tout dossier télécoms concerne la défense), le travail (pour l'aspect social). L'intersyndicale a voulu, étant donné l'urgence et la portée de ce dossier, aller au plus haut, chez le 1erMinistre, la question étant autant technique que politique et le déblocage étant surement politique. Ils ont été reçus par le directeur de cabinet de Jean Marc Ayrault, Christophe Chantepy, une de ses adjointes,  Odile Renaud-Basso (qui semble bien connaître le dossier) et trois conseillers.

Le cabinet du 1er Ministre travaille à une solution alternative et suit plusieurs pistes de montages financiers. En tenant compte évidemment de la législation européenne. Mme Renaud-Basso étant directrice adjointe du cabinet du président de la commission européenne avant d'intégrer Matignon, possède tous les éléments. L'intersyndicale souhaite un règlement rapide semblable à celui intervenu sur le dossier PSA. Pour sa part, la CFE-CGC demande même à l'Etat de prendre 25% du capital du groupe pour peser sur ses décisions. Matignon devrait indiquer dans les quinze jours si le gouvernement peut engager une solution.

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