La visioconférence fatigue plus que le face-à-face

La visioconférence doit être considérée comme un complément possible à l'interaction en face-à-face, mais pas comme un substitut, concluent les chercheurs. (Crédit : Unsplash)

La visioconférence doit être considérée comme un complément possible à l'interaction en face-à-face, mais pas comme un substitut, concluent les chercheurs. (Crédit : Unsplash)

La vidéoconférence entraîne-t-elle de la fatigue ? C'est la question de recherche à laquelle tente de répondre une étude réalisée par des chercheurs autrichiens.

Récemment, de nombreuses organisations - publiques et privées - et personnes ont remplacé les réunions en face à face par des visioconférences. Des outils tels que Zoom, Teams et Webex sont devenus la « nouvelle norme » de l'interaction sociale humaine dans de nombreux domaines (par exemple, le business, l'éducation) constatent les quatre auteurs d'une étude parue dans Scientific Reports et apportant des preuves sur la fatigue causée par les visioconférences. Leur travail porte ainsi sur la démonstration de la fatigue de la visioconférence du fait d'une adoption radicale et d'une utilisation intensive de ces outils. Les chercheurs autrichiens se sont basés sur des données d'électroencéphalogramme (continue et événementielle) et d'électrocardiogramme (fréquence cardiaque et variabilité de la fréquence cardiaque) afin de déterminer si la fatigue liée aux visioconférences - qu'ils ont baptisée VCF - peut également être prouvée au niveau neurophysiologique.

Ainsi, 35 étudiants ont participé à un cours universitaire, dispensé sous forme de présentiel et de vidéoconférence. Et les résultats sont là : « En substance, les données neurophysiologiques - ainsi que les données du questionnaire que nous avons également recueillies - montrent que 50 minutes de vidéoconférence, si on les compare à une situation de face-à-face, entraînent des changements dans le système nerveux humain qui, sur la base de la littérature existante, peuvent sans aucun doute être interprétés comme de la fatigue. Les individus et les entreprises ne doivent donc pas ignorer le potentiel de fatigue de la vidéoconférence », affirment les chercheurs. « Il est important de noter que nous avons comparé ces résultats avec les données EEG correspondantes d'une condition de face-à-face dans laquelle le même contenu a été fourni aux participants à la réunion » précisent-ils.

Des effets sur la fréquence cardiaque également calculés

Les données cérébrales ont également été complétées par des données d'électrocardiogramme (ECG). Plus précisément, nous avons étudié la fréquence cardiaque (FC) et la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC). Elles montrent également des changements notables dans les deux cas, ce qui signifie une fatigue physiologique. « Nous avons constaté que les prédicteurs les plus forts de la fatigue sont les mesures de la VRC pNN50, RMSSD et ln[LF/HF]. L'augmentation progressive des indicateurs pNN50 et RMSSD avec le temps dans les deux conditions (vidéoconférence, face à face) suggère une augmentation graduelle de la fatigue générale tout au long de la conférence.

Dans ces tests, il ressort également que les participants à la conférence en direct ont déclaré qu'ils se sentaient plus vivants, heureux et actifs, et moins somnolents et fatigués que leurs homologues en ligne. Les données cardiaques ont également indiqué une fatigue plus élevée chez ceux qui regardaient la conférence en ligne, laissant entendre que la version vidéo avait également un impact sur le système nerveux.

Des changements neurophysiologiques qui indiquent de la fatigue

Dans cette étude, les chercheurs autrichiens ont donc utilisé à la fois des instruments d'enquête et des méthodes de mesure neurophysiologiques pour évaluer la fatigue. Ils se sont ainsi appuyés sur des données EEG (continues et liées à des événements) et ECG (HR et HRV) qu'ils ont recueilli et analysé. « Nos données neurophysiologiques, ainsi que les données d'auto-évaluation, montrent que la vidéoconférence, comparée à une situation de face-à-face, entraîne des changements neurophysiologiques indiquent de la fatigue » poursuivent-ils, avant de conclure : « Nos résultats suggèrent donc que l'utilisation de la vidéoconférence peut entraîner des coûts cognitifs qui ne doivent pas être ignorés par les individus et les entreprises ». Ils ajoutent : « L'une des principales conséquences de notre étude est que la vidéoconférence doit être considérée comme un complément possible à l'interaction en face-à-face, mais pas comme un substitut ».

Les chercheurs ne prônent pas, pour autant, l'abandon total de ce type de solution de communication : « Toutefois, comme il n'est pas réaliste de recommander de s'abstenir complètement d'utiliser les outils de vidéoconférence, l'étude future de contre-mesures efficaces pour réduire la fatigue et le stress potentiels liés à la vidéoconférence sera essentielle pour préserver le bien-être et la santé de l'homme dans un monde de plus en plus digitalisé ».



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