Olivier Guilbert, PDG de Idealx

«Se focaliser sur une technologie nouvelle comme le font les SSL n'est pas viable»

Distributique : Selon-vous, le business modèle des SSLL, n'est pas viable sur le long terme. Pourquoi ?

Olivier Guilbert : Plus précisément, c'est le fait de baser l'activité d'entreprises sur la seule maîtrise d'une technologie nouvelle qui n'est pas viable sur le long terme. Car l'avantage concurrentiel que possèdent ces sociétés au départ, à l'image des SSLL dans l'open source, finit par disparaître lorsque les grands intégrateurs acquièrent leurs compétences. Ce schéma s'est vérifié pour les agences web qui furent les premières à récolter les fruits de l'explosion des technologies internet. On se souvient de ce qui est ensuite advenu de Fi Systems qui s'est finalement fait acheté par la SSII Transiciel à la fin 2003 ou encore de son homologue Himalaya qui a revendu ses activités d'agence web à Business et Décision.

Distributique : Où en est aujourd'hui ce phénomène de rattrapage en compétentes des intégrateurs sur l'Open source ?

Olivier Guilbert : Aujourd'hui, sur le segment des grands comptes, la croissance du marché des services liés à L'Open Source profite d'une part aux grands intégrateurs et d'autres parts aux éditeurs Open Source. Les grands intégrateurs ont décidé et mettent aujourd'hui en place des centre de compétences dédiées. Ce n'était pas du tout le cas il y a encore deux ans. En France, et à fortiori au niveau européen le plus grand pôle de compétence Open Source est celui de Atos.

Distributique : Les entreprises ont-elles aujourd'hui complètement adapté leur comportement d'achat au modèle du libre ?

Olivier Guilbert : Pas suffisamment. Aujourd'hui, la mise en oeuvre d'un logiciel libre coûte de 2 à 5 fois moins cher que celle d'un logiciel propriétaire selon les cas. Cette nouvelle donne a participé à la baisse du coût global des projets informatiques. Mais les comportements d'achat des entreprises, eux, sont restés les mêmes. Concrètement, les processus d'avant-vente suivis par une entreprise pour l'acquisition d'un logiciel à 200 K€ restent aussi complexes et coûteux que ceux mis en oeuvre pour celle d'une application à 1 M€. De leur côté, donc, les intégrateurs et les éditeurs continuent de devoir déployer les mêmes moyens commerciaux aux mêmes coûts pour des projets de taille plus modeste. Les clients doivent progressivement adapter leur processus d'évaluation et de choix à la nouvelle réalité économique du marché et à coût global des projets.

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