La grogne monte dans le réseau Go Micro

Après trois années d'existence, le réseau de dépannage informatique Go Micro est confronté à sa première crise sérieuse. Au delà des premières défaillances connues de concessionnaires intervenues au cours des derniers mois (voir l'article Trois agences Go Micro mettent la clé sous la porte), la tête du réseau doit aujourd'hui faire face à une vague de critiques formulées par certains de ses membres qui lui reprochent notamment de ne pas respecter ses engagements et de ne pas leur fournir l'assistance qui leur est due. Ces mécontents pointent singulièrement le faible volume de missions apportées par le concédant : « moins de 10% de mon chiffre d'affaires », indique un concessionnaire pourtant situé dans une zone à fort pouvoir d'achat. « Moins d'une dizaine d'intervention en 6 mois », souligne un autre moins bien situé. Autre reproche formulé : les tarifs d'intervention excessivement bas négociés par le réseau. « On nous envoie des interventions à 150 € la journée », déplore un adhérent qui s'est même vu proposer une intervention distante de 300 km rémunérée 70 €. Des chiffres fantaisistes Plus grave, selon certains dirigeants d'agences, les partenariats revendiqués par la tête de réseau n'ont jamais existé. Ainsi début 2005, à la rubrique partenaires du site national de Go Micro, on pouvait voir les logos de Carrefour, Leclerc ou Géant. Des logos qui ont depuis été retirés du site, aucun partenariat formel n'ayant en réalité été signé avec ces enseignes. Autre point d'achoppement : les chiffres plus ou moins fantaisistes qui émaillent les différents documents fournis par le concédant. Ainsi, dans un document intitulé « prévisionnel de création d'activité » daté de juin 2005, Go Micro fait miroiter à ses futurs concessionnaires un CA de 75 000 € de CA sur leur premier exercice et jusqu'à 200 000 € dès la deuxième année. Des chiffres bien entendu très éloignés de la réalité. Selon les comptes publiés sur les registres du commerce, rares sont les agences qui dépassent les 30 000 € de chiffre d'affaires pour leur première année d'activité. Et après contrôle systématique de tous les comptes disponibles, nous n'en avons trouvé aucune qui atteignait 200 000 € de CA, même après plusieurs années d'activité. Seules deux agences sur une cinquantaine revendiquées, dépasseraient les 100 000 € de CA. C'est peu pour un réseau qui revendique avoir réalisé 8 M€ de chiffre d'affaires en 2005 (avec moins d'une trentaine d'agences ouvertes au commencement de l'année) et vise les 10 M€ en 2006. Pas de communication nationale Des objectifs qui semblent d'autant plus difficilement à atteindre que, et c'est là un reproche formulé par la plupart des agences, personne n'est semble-t-il chargé de l'animation et du développement commercial du réseau. Dans le document d'informations pré-contractuelles (DIP), il est pourtant prévu que les concessionnaires bénéficieront d'une assistance commerciale (mise à disposition d'une personne) pendant une période de deux jours durant les quatre premiers mois de leur activité. Engagement qui ne serait pas respecté. De même, mis à part un incontestable effort de relations presse, le concédant ne mène aucune communication nationale. Même son site Web dédié utilisateurs inauguré à la fin de l'été n'est à ce jour pas référencé dans les moteurs de recherche. Pour qu'il puisse donner sa version des faits, nous avons cherché à joindre à plusieurs reprise André Combe, le dirigeant de Go Micro. Sans succès. Une dizaine d'agences en difficultés Dans ces conditions, inutile de s'étonner des difficultés que rencontrent un certain nombre d'agences. Si l'on en juge par leurs comptes, rares sont celles qui gagnent de l'argent. Certaines perdent même 40 à 60% de leur chiffre d'affaires. Du coup, au moins trois d'entre elles ont cessé leur activité. Une quatrième aurait entamé sa procédure de liquidation. Et au moins une dizaine d'agences seraient en sérieuses difficultés. Même une des plus anciennes agences du réseau, celle d'Anglet, pourtant située dans le fief historique de l'enseigne Go Micro, affiche des pertes pour 2005 (dernier exercice connu). Certes, une partie du réseau affirme parvenir à l'équilibre et à développer son business. Mais beaucoup avouent être encore loin d'être en mesure de se verser un salaire. Une situation qui confirme que le dépannage informatique, loin d'être l'eldorado, reste un secteur à très faible rentabilité.

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