Comarch affiche ses ambitions dans l'Internet des Objets

Janusz Filipiak, fondateur et PDG de la société Comarch.

Janusz Filipiak, fondateur et PDG de la société Comarch.

ERP, cloud, Internet des Objets, solutions métiers dans la santé, la distribution ou la finance, Comarch avance d'un pas mesuré mais sûr pour construire les solutions informatiques de demain.

« Nous sommes un mini SAP polonais, mais en plus moderne », assure avec une autorité tranquille Janusz Filipiak, fondateur et PDG de la société Comarch (Computer Architecture). L'ancien universitaire et un temps chercheur stagiaire au CNES à Rennes, nous a reçu à Cracovie pour discuter du développement de son entreprise spécialisée dans les solutions logicielles on-premise et SaaS dans les télécoms, la banque/assurance, la santé, la distribution, et les services publiques. Comarch a par exemple lancé en 2006 son ERP à destination des PME.

Avec un chiffre d'affaires de 223 millions d'euros en 2013 et 4 222 employés dans le monde, Comarch est encore loin de son concurrent allemand mais la croissance est là et les investissements significatifs pour grandir sur le marché, notamment en France. Installé à Lille, à Lezennes exactement, et à Grenoble, la filiale française de Comarch va installer un datacenter de 1 500 mètres carrés, pour commencer, sur son site lillois. Après Cracovie, Varsovie, Francfort, Moscou et Dresde, ce sera le sixième datacenter de la firme polonaise. Une étape indispensable pour accompagner son développement et ses clients français. BNP Paribas pour sa banque en ligne, Auchan pour les achats, la supply chain et la gestion des cartes clients, les magasins affiliés Printemps pour les achats, la BI et la fidélisation. « La France est un marché essentiel pour les années à venir », nous a ainsi indiqué le dirigeant qui chiffre à 10 millions d'euros les investissements consentis en France.

Croissance organique après des achats significatifs

Après des rachats significatifs en 2001, la société CDN, et 2008, l'éditeur allemand Software & Beratung, Comarch vise aujourd'hui la croissance organique même si de petites acquisitions ne sont pas exclues en fonction des opportunités. « Rien qui ne remette en cause la culture d'entreprise de la société », a toutefois précisé le professeur Filipiak. 25% des employés de Comarch sont en effet des ingénieurs, et 11,1% du chiffre d'affaires est consacré à la R&D de l'éditeur. « Nous accueillons une centaine d'ingénieurs stagiaires tous les ans et nous essayons de retenir les meilleurs. On recherche même des stagiaires en France pour les former à Cracovie. En anglais, je vous rassure » à préciser M. Filipiak qui maitrise parfaitement notre langue.  

Pour l'avenir, Comarch mise également sur l'Internet des Objets avec un investissement de plusieurs millions d'euros pour le développement de solutions dédiées à certains métiers comme le médical. La firme polonaise possède d'ailleurs une véritable clinique de jour à Cracovie, près de son siège, sur le terrain de l'ancien aéroport de la ville (voir photo), avec une soixantaine de médecins pour tester ses solutions et développer des services.


Comarch est installé sur les terrains de l'ancien aéroport de Cracovie avec quelques vestiges encore actifs.

« On peut faire de l'informatique pour les banques sans avoir de banque mais il est impossible de faire de même pour la santé. Le milieu est très fermé. C'est pourquoi nous avons cette clinique équipée avec nos produits et interfaces spécifiques. On perd d'ailleurs de l'argent avec cette clinique car une partie du temps des médecins est réservée aux développements de solutions ». Dans la télémédecine, par exemple, pour suivre à distance des patients afin d'éviter une hospitalisation inconfortable. Dans une salle équipée, un technicien peut ainsi suivre dix patients équipés du boitier de transmission (GPRS) et des capteurs développés par Comarch Technologies (la partie hardware de la firme). Le monitoring permet de relever la température, le rythme cardiaque, le pouls...


Le boitier de monitoring médical testé dans la clinique de Comarch à Varsovie.

Une balise maison pour l'IoT

Comarch a également développé une balise compatible avec la technologie iBeacon, dotée d'une batterie assurant une autonomie de 3 ans. Attendu à la fin de l'année, ce module, baptisé Beacon, en forme de petit triangle bleu est équipé de plusieurs capteurs (détection de mouvements, mesure de la température...). OS agnostique, il est en outre capable de travailler en réseau suivant la topologie mesh. Les marchés visés sont la santé pour détecter si un patient a un problème dans sa chambre, le commerce multicanal pour pousser des messages aux clients dans des magasins ou encore les smart cities avec des Beacons sur les arrêts de bus pour envoyer des informations aux usagers et surveiller l'activité des stations. Le « dragon caché polonais » avance d'un pas sûr en posant les jalons indispensables à son essor.


Le boitier Beacon de Comarch présenté par Zbigniew Rymarczyk, vice-président chez l'éditeur en charge des activités ERP.

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