Les SSII sont-elles le maillon faible de l'économie numérique ?

Jean-François Perret, animateur du groupe numérique du G9+

Jean-François Perret, animateur du groupe numérique du G9+

Tout le monde parle des possibilités de l'économie numérique, en termes d'usages, d'emplois, de créations de richesses et d'innovations. Les acteurs traditionnels de l'informatique, les SSII ont-elles la capacité à accompagner et même à guider ce mouvement, ou bien vont-elles le freiner?

Le très sage Institut G9+ ose parfois des questions provocatrices, par exemple : « les SSII, atout majeur ou maillon faible dans l'économie numérique » (*). C'était lundi soir au cours d'un débat. Les réponses sont variées. Toujours vigoureux dans ses interventions, Guy Mamou-Mani, président du Syntec Numérique souligne la capacité de transformation de ces sociétés, « les SSII n'ont rien à voir avec celles d'il y a 20 ans, ni avec celles qui seront là dans 20 ans ». Nettement plus prudents, deux financiers, Gilles Rigal d'Apax Partners et Francis Lorentz, LD&A Jupiter, ne pouvaient que souligner la faible valorisation en bourse des SSII. Même si des fonds d'investissements sont présents dans certaines d'entre elles et non des moindres, Atos, GFI et Altran par exemple, les financiers restent frileux.

Jean-François Perret, organisateur de la soirée, prenait un peu de recul pour quelques rappels. D'abord, les SSII françaises  ont une longue histoire. Avant, il y eu Cegos, Sema, Cap, Sogeti, Sesa dans les années 60 et 70, toutes fusionnées pour donner naissance au Capgemini que nous connaissons. Avant Atos, il y eu de multiples dénominations et fusions. « Les SSII sont toujours là, avec une filiation longue, elles maîtrisent encore bien leur sujet. On a une industrie qui tient le choc et qui a beaucoup de diversité ».

Les SSII françaises contrôlent leur marché

Deuxième observation, les SSII françaises sont puissantes comparées à leurs homologues anglaises et allemandes. En Grande-Bretagne, les free lance se comptent par centaines de milliers et non pas par dizaine comme dans l'hexagone, ce qui ne laisse place outre-manche qu'à quelques SSII. L'Allemagne a moins la culture du service que de l'industrie. Résultat : en France, les SSII contrôlent 60 à 65% du marché national, en Allemagne et en Grande-Bretagne 35 à 40%. « Elles ont bien tenu leur marché domestique ».

Dernière observation, et évidemment non des moindres, Jean-François Perret remarque que les SSII ont bien traversé la crise. Non seulement l'avant-dernière (2008), mais celle des années 80 par exemple, où on leur promettait la disparition avec l'arrivée des PC. Même diagnostic et même erreur quand le client serveur est arrivé ou avec la crise de l'Internet. Un livre blanc du G9+, publié en 2009, s'essayait à la prospective, 4 ans après peu d'erreurs sont à noter. Les SSII françaises tiennent encore le choc.

La grande affaire reste néanmoins, la dernière crise, du moins sa longueur. Les SSII ont l'habitude des crises, des diagnostics pessimistes, mais cette fois elles sont en panne de croissance depuis 4 ans. Sans doute l'occasion pour engager une autre transformation, mais sans oublier les métiers de base, comme l'assistance technique.  Tenir ces deux bouts  de la chaîne sera un défi.

 

 

Les vérités de Véronique Durand-Charlot

Présente lundi, Véronique Durand-Charlot DSI de de GDF Suez a su faire souffler le chaud et le froid. Dans le 1er cas pour dire : « nous avons besoin de la force d'industrialisation des SSII et nous avons besoin de grands acteurs globaux pour travailler à l'international. Cela ne veut pas dire qu'on ne travaille qu'avec de grosses SSII ».

Inversement, elle glisse : « j'ai un peu honte de le dire devant des SSII, mais nous embauchons certains de leurs ingénieurs qui étaient en mission chez nous. On ne paye pas forcément mieux, mais en SSII on en a marre d'être « destaffé » après une mission. En intégrant une entreprise, l'ingénieur intègre aussi sa culture et ses objectifs, c'est ce qui fait la différence ». Et Véronique Durand-Charlot de noter : « toutefois l'informatique d'entreprise peut devenir une vie de chien, pire que dans les SSII ». Ce qui a beaucoup amusé l'assistance, composé en majorité de SSII, décidées depuis des années à changer leur image de marque et les réfréences à la "vie de chien dans les services informatiques".

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