Sage rachète API pour l'intégrer dans sa nouvelle division « petites entreprises »

Antoine Henry écarte le risque de cannibalisation entre cette nouvelle division et la filiale de Sage, Ciel, qui s'adresse pourtant à la même clientèle de petites entreprises. Chacune aura ses produits, sa stratégie et son responsable distribution indirecte. « Le potentiel dans les petites entreprises est suffisamment fort pour maintenir ces structures, les revendeurs pourront très bien représenter une ou plusieurs des structures de Sage : sa filiale Ciel, sa division petites entreprises ou même celle dédiée aux PME », souligne Antoine Henry. Que décideront les revendeurs API ? Comment réagiront les revendeurs API ? C'est la grande inconnue de ce rachat. Ils pourraient, comme l'envisage Antoine Henry revendre la gamme Sage petites entreprises, et pourquoi pas en même temps les gammes Ciel et Sage pour PME. Ils pourraient aussi se tourner vers d'autres acteurs du marché, même si ces derniers voient leur nombre se réduire. Choisiront-ils la puissance de Sage ou se détourneront-ils justement de cette puissance ? Derrière la reprise du parc installé et des équipes d'API, qui découle du rachat, se joue une autre partie, la reprise du réseau de revendeurs qui, elle, ne se fera pas automatiquement. API est 100% en indirect, avec une très bonne image auprès de ses revendeurs, ce que nous confirme même ses concurrents. Et que souligne également Antoine Henry : « après enquête auprès du réseau de revendeurs, nous avons pu vérifier la bonne image de la société API et de ses produits. API compte 1 000 revendeurs actifs, c'est un capital énorme». Sage France est de toute façon habitué aux rachats. L'éditeur de gestion a eu deux périodes de croissance externe en France. Une période de constitution de la société, où l'éditeur britannique a mis la main sur Ciel en 1990, sur Saari en 1991 (les produits ont constitué la gamme Integrale 500), Sybel en 1992 (les produits ont constitué la gamme 500 modulaire). Plus récemment, Sage a fait l'acquisition d'éditeurs de niche : Adonix et son PGI en 2005, Xperts en 2006, KDP dans le CRM et XRT dans la gestion de trésorerie il y a un an. A chaque fois, sauf dans le cas de Ciel, les marques ont disparu.
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EBP : « Nous restons sereins et attentifs »

Le nombre d'acteurs sur le marché de la gestion se resserre. L'un des derniers indépendants de taille nationale, EBP, juge le rachat de son petit concurrent API par son grand concurrent Sage : « Nous ne sommes pas surpris, c'est la stratégie de Sage de racheter d'autres entreprises, commente Philippe Leroy, directeur commercial. Moi, je ne suis pas inquiet, EBP mise sur la croissance organique. Nous restons sereins et concentrés sur l'innovation technologique comme l'a montré le lancement d'open line». Reste la question du réseau des revendeurs API. « Les revendeurs sont d'abord des chefs d'entreprise, remarque Philippe Leroy, des gens pragmatiques, et pour ceux d'API des gens très bien qui ont une image de compétence. La force d'API c'est bien son réseau de revendeurs ». Une appréciation qui pourrait passer pour un appel du pied. En tout cas, EBP affirme avoir l'habitude et la manière de traiter avec les revendeurs et d'être très proche de son réseau.

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