SAP n'est pas assez clair sur l'intérêt de migrer vers le cloud

Gianmaria Perancin, président de l’USF : « Avec le SaaS, les entreprises doivent chercher à s’armer de compétences juridiques, en gestion des contrats ou en FinOps ». (Photo : Thomas Léaud)

Gianmaria Perancin, président de l’USF : « Avec le SaaS, les entreprises doivent chercher à s’armer de compétences juridiques, en gestion des contrats ou en FinOps ». (Photo : Thomas Léaud)

Pour SAP, le futur des ERP se conjugue forcément dans le cloud. Le président de l'USF estime toutefois que cette mutation annoncée de la base installée doit être mieux balisée par l'éditeur.

« La roadmap SAP pousse la base installée vers le cloud, mais l'éditeur n'explique pas suffisamment pourquoi elle devrait y aller ». Pour Gianmaria Perancin, le président de l'USF (l'association des utilisateurs SAP francophones) et également président du Sugen (SAP User Group Executive Network, qui regroupe 23 communautés d'utilisateurs dans le monde), si la direction pointée par l'éditeur est claire, le chemin pour y parvenir l'est beaucoup moins. « Les utilisateurs veulent mieux comprendre la valeur métier de cette migration annoncée et la manière dont ils pourront réduire le mastodonte de code spécifique qu'ils font tourner aujourd'hui », résume celui qui représente la communauté des entreprises et administrations utilisatrices des progiciels du premier éditeur européen, soit l'essentiel des grandes entreprises françaises.

Le besoin d'environnements cloud de confiance

Bien sûr, le virage apparaît naturel pour les entreprises qui installent SAP pour la première fois ou pour les PME et ETI, mais il l'est moins pour de grands groupes qui font tourner SAP depuis des années. « Sauf dans les cas de transformation importante des systèmes, où les entreprises en profitent pour refondre et standardiser leurs processus et pour aller vers le cloud », indique le président de l'USF. Par ailleurs, ce dernier souligne les besoins spécifiques de certains secteurs, comme le secteur public qui va chercher à se tourner vers des environnements certifiés SecNumCloud. « Sans oublier la question du RGPD, reprend Gianmaria Perancin. En l'état, et faute de disponibilité de l'offre sur des acteurs plus européens comme Bleu, S3NS ou OVH, la voie ne nous semble pas dégagée pour exploiter SAP sur des hyperscalers d'origine américaine. »


Le SaaS prive les clients de la maitrise du déploiement des innovations

Par ailleurs, pour le président de l'USF, cette mutation annoncée de SAP vers le cloud appelle une transformation des organisations. D'abord pour bien maîtriser l'évolution de la relation contractuelle avec l'éditeur, notamment en préparant avec soin les phases de renouvellement de contrat. Car, avec le SaaS, la dépendance au fournisseur ne fait que s'accroître. « Les entreprises doivent chercher à s'armer de compétences juridiques, en gestion des contrats ou en FinOps tout en préparant les utilisateurs à passer sur des solutions standards, observe Gianmaria Perancin. Sans oublier l'impact que suppose le SaaS en matière de déploiement des innovations, dont le rythme n'est plus maîtrisé par l'entreprise : l'organisation doit se mettre en place pour être en mesure de tester plus souvent les packages logiciels entrant en production. »

Gérer la relation de dépendance à un éditeur

Finalement, d'une problématique de gestion de la dette technique, la DSI doit évoluer vers une gestion de la relation de dépendance à un éditeur. Et anticiper l'évolution de ses compétences, d'une population qui pilotait un environnement logiciel et développait sur ce socle à des profils davantage tournés vers la gestion d'un service et le paramétrage de solutions prêtes à l'emploi. « La DSI doit aussi se préparer à l'hybridation de son système d'information entre différents fournisseurs et, de ce fait, porter une attention plus profonde sur l'orchestration de la donnée entre ces différents environnements. »

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