2 500 Md$ de dépenses IA en 2026 pour un ROI encore insaisissable selon Gartner

« Durant toute l’année 2026, l’IA restera dans une phase de désillusion en terme de ROI », indique John-David Lovelock est vice-président de la recherche et analyste chez Gartner.

« Durant toute l’année 2026, l’IA restera dans une phase de désillusion en terme de ROI », indique John-David Lovelock est vice-président de la recherche et analyste chez Gartner.

Le cabinet d'études Gartner prévoit des dépenses colossales en IA dans les deux à venir. Toutefois, Il sera nécessaire d'améliorer la prévisibilité du retour sur investissement (ROI) avant que l'IA ne puisse véritablement être déployée à grande échelle. L'IA change également la donne dans les relations commerciales avec les prestataires.

D'après notre confrère ARN, le cabinet d'analystes Gartner prévoit que les dépenses en IA devraient atteindre les 2 500 milliards de dollars en 2026, soit une augmentation de 44 % en un an et le chiffre astronomique de 3 330 Mds $ en 2027.Entre 2025 et 2027, les segments les plus prolifiques sont les infrastructures d'IA dont les dépenses devraient passer de 965 Mds $ à 1 748 Mds $. Viennent ensuite les services d'IA, dont Gartner prévoit une augmentation de 439 à 761 Mds, tandis que les logiciels d'IA passeront de 283 à 636 Mds. Le marché de la cybersécurité liée à l'IA devrait, quant à lui, passer de 26 milliards de dollars à 86 Mds.

Gartner indique aussi que, bien que plus petites, de nouvelles catégories comme le développement de modèles et de plateformes d'applications devraient connaître des taux de croissance rapides. Par exemple, les plateformes d'IA pour la datascience et l'apprentissage automatique vont doubler en passant de 22 milliards de dollars en 2025 à 44 Mds en 2027, tandis que les modèles d'IA passeront de 14 en 2025 à 43 Mds en 2027. Ensuite, les plateformes de développement d'applications d'IA passeront de 7 à 11 Mds et les dépenses liées aux données d'IA d'1 à 6 Mds.

La désillusion face au ROI

Cependant, pour John-David Lovelock, analyste et vice-président chez Gartner, la désillusion autour de l'IA perdurera tout au long de l'année 2026. « L'adoption de l'IA est fondamentalement façonnée par la maturité du capital humain et des processus organisationnels, et non par le seul investissement financier », a-t-il expliqué. En clair, les entreprises commencent à délaisser les projets expérimentaux et incertains pour se concentrer sur des résultats concrets et prouvés. Le passage à l'échelle ne pourra se faire que lorsque le retour sur investissement (ROI) deviendra prévisible.

Vers une évolution des contrats et des relations avec les prestataires

Cette quête de rentabilité change la donne dans les relations commerciales. Gartner prévoit que d'ici 2027, 60 % des grands contrats de services IT incluront des clauses de récupération, obligeant les fournisseurs de services à restituer une partie des gains générés par l'IA générative et l'automatisation, selon le rapport de recherche du Gartner intitulé Renegotion Triggers for AI-Related Efficiencies in IT Services Contracts.

Selon Jaideep Thyagarajan, analyste et auteur de recherches chez Gartner interrogé par notre confrère ARN en décembre 2025, de nombreux prestataires utilisent l'IA en coulisses pour accélérer leurs tâches sans forcément en faire bénéficier leurs clients sur la facture, un phénomène baptisé « shadow AI gains ». Les entreprises clientes, de plus en plus averties, exigent désormais que ces gains d'efficacité se traduisent par une baisse des coûts ou une révision des tarifs. « Le client n'est pas toujours pleinement conscient de cette intégration de l'IA », a déclaré Jaideep Thyagarajan. Et de continuer : « Ou bien, cela ne se reflète pas vraiment dans ses conditions commerciales. Parfois, les clients finaux constatent des améliorations, comme des temps de résolution plus rapides ou une réduction des erreurs, mais ils pensent alors que les fournisseurs ne font que leur travail. La réalité, c'est que l'IA est de plus en plus utilisée dans la prestation de services, et cela n'est pas vraiment communiqué aux clients. » Enfin, l'analyste observe que les entreprises développent de plus en plus leurs propres outils et centres d'excellence en interne. Cette montée en compétence réduit leur dépendance vis-à-vis des consultants et prestataires externes.

 

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