OVH joue la carte durable pour se différencier des géants du cloud

Michel Paulin, directeur général d’OVHcloud, fixe le cap pour les années à venir afin que l'entreprise s'impose comme un acteur de confiance intransigeant à l'international. (Crédit : D.R.)

Michel Paulin, directeur général d’OVHcloud, fixe le cap pour les années à venir afin que l'entreprise s'impose comme un acteur de confiance intransigeant à l'international. (Crédit : D.R.)

Avec 50 % du CAC 40 dans son portefeuille clients, OVH a l'allure d'un coq gaulois. Pourtant, l'entreprise reste à la traîne derrière les acteurs américains du cloud. Pour sortir du lot, elle n'hésite donc pas à sortir la carte développement durable qui fait écho chez de nombreuses entreprises aujourd'hui.

Après avoir présenté fin octobre ses résultats financiers, le fournisseur de services d'hébergement et cloud roubaisien OVH dévoile la roadmap pour les années à venir. Les géants du cloud sont aujourd'hui américains - Amazon, Google, Microsoft, pour ne citer qu'eux - et Octave Klaba, fondateur d'OVH, le sait bien : « Il faut aller vers de vraies solutions pour se mesurer aux Etats-Unis et aux cloud américains ». En ce sens, la firme veut se démarquer et met le paquet sur les questions de transparence, souveraineté et durabilité dans toutes ses activités. Lors d'une conférence de presse dédiée à la stratégie de l'entreprise, Octave Klaba a tenu à rappeler que la durabilité est inhérente au développement de l'entreprise depuis 2002. Après plus de 20 ans d'expérience dans la conception de systèmes de refroidissement liquide pour les serveurs, cet acteur européen du cloud estime être aguerri sur la question.

Michel Paulin, directeur général d'OVHcloud, n'hésite pas à s'appuyer sur quelques chiffres pour mettre en confiance. Le PUE (« power usage effectiveness » soit l'indicateur d'efficacité énergétique) est ainsi compris entre 1,1 et 1,3 contre une moyenne de 1,57 dans l'industrie. Pour rappel, la firme possède à ce jour 33 datacenters répartis dans 12 zones différentes et 8 pays. Sur la question de l'efficacité de l'utilisation de l'eau dans ses centres de données (communément appelé WUE - water usage effectiveness), l'acteur roubaisien annonce un WUE à 0,26 l/kWh contre une moyenne de 1,8 l/kWh sur l'ensemble de l'industrie. Elle propose ainsi une approche qu'elle qualifie d'unique.

Sur le long chemin du développement durable

Également présente à la conférence de presse, Yona Brawerman, chief strategy and corporate social responsibility officer au sein d'OVH, a retracé le parcours de l'entreprise sur la voie de la durabilité. En 2002, les serveurs d'OVH sont construits en interne pour optimiser l'espace et contrôler l'ensemble de la chaîne de valeur. Un an plus tard, le premier système de refroidissement par eau pour réduire les besoins en énergie fait son apparition. En 2006, l'entreprise présente la première salle de serveurs sans climatisation. Trois ans plus tard, elle annonce une modernisation de ses serveurs pour améliorer la durée de vie des composants. 2011 marque ensuite la deuxième génération de système de refroidissement par eau et le datacenter de Roubaix est annoncé comme étant le site d'OVH avec le meilleur PUE. 2019 voit ensuite arriver la troisième génération de watercooling.

Plus récemment, en 2020, l'entreprise annonce avoir un rack entièrement modulable (watercooling, alimentation, réseau électrique). Enfin, elle a annoncé cette année un autre système de refroidissement liquide hybride par immersion « tirant parti du meilleur des deux mondes pour refroidir efficacement les baies de calcul à haute puissance avec des PPUE et WUE extrêmement bas ». Pour confirmer sa volonté de s'engager pleinement en faveur du développement durable, OVH insiste sur ses différents engagements pris. Sont ainsi citées l'utilisation de 100 % d'énergie bas carbone d'ici 2025 - dans trois ans donc - et la contribution au « net zero » planétaire en s'appuyant sur ses scopes 1 (émissions directes) et 2 (émissions indirectes). Ces deux catégories représentent à elles seules respectivement 2 % et 34 % de l'empreinte carbone de l'entreprise.

Dans les mois à venir, l'entreprise roubaisienne veut également proposer une calculatrice carbone directement depuis sa plateforme pour « permettre à ses clients de comprendre le détail de leur empreinte carbone informatique liée au cloud » indique-t-elle. A l'heure de la COP27, reste à savoir si les engagements formulés par OVH seront bel et bien respectés et si cela suffira à faire la différence pour les clients actuels et prospects.

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