Avant le rachat de VMware par Broadcom, Forrester Research avait estimé que jusqu'à 20 % des entreprises clientes de VMware passeraient rapidement à un nouveau fournisseur de machines virtuelles. (Illustration : Broadcom)

Avant le rachat de VMware par Broadcom, Forrester Research avait estimé que jusqu'à 20 % des entreprises clientes de VMware passeraient rapidement à un nouveau fournisseur de machines virtuelles. (Illustration : Broadcom)

Les clients et les partenaires de VMware subissent les conséquences de l'acquisition de l'éditeur par Broadcom en novembre dernier, et ils ne sont pas satisfaits.

On savait que le rachat de VMware par Broadcom, pour 69 Md$ en novembre dernier, s'accompagnerait de changements. Mais on ignorait qu'ils seraient à ce point radicaux qu'ils amèneraient amèneraient des partenaires et des clients à s'interroger sur leur engagement vis-à-vis de VMware. Jusqu'ici, beaucoup de professionnels de l'IT ne juraient pourtant que par la vaste gamme de produits de l'éditeur. Bien avant le rachat, ils étaient déjà nombreux à exprimer des doutes sur l'opération. Forrester Research avait estimé que jusqu'à 20 % des entreprises clientes de VMware passeraient rapidement à un nouveau fournisseur de machines virtuelles. Selon les analystes du cabinet d'études, les clients de l'éditeur « sont fatigués par les hausses de prix importantes, la dégradation de l'assistance et l'abonnement obligatoire à des offres logicielles où certains modules comme NSX et Aria Suite/vRealize Suite sont presque devenus du matériel d'étagère ». Ils ne croyaient pas non plus, compte tenu de l'approche radicale suivie par Broadcom lors des acquisitions de CA Technologies et de Symantec, que les produits et services de VMware qu'ils appréciaient seraient maintenus.

56 produits et plates-formes supprimées

Force est de constater que la façon dont les choses se déroulent depuis la finalisation du rachat leur donne raison. Broadcom a supprimé pas moins de 56 produits et plates-formes de VMware, y compris les plus populaires, à savoir VMware vSphere+, VMware Aria Suite et VMware NSX. Il va également se débarrasser de l'unité de calcul « utilisateur final » de VMware, qui comprend les offres Workspace ONE et Horizon. D'autres gammes sont également en train d'être enterrées. Mais c'est la décision, même pas officialisée par Broadcom, de se débarrasser discrètement de la version gratuite de l'hyperviseur ESXi de VMware qui semble devoir déranger le plus de monde. Elle a été découverte parce qu'un utilisateur perspicace a repéré un article dans la base de connaissances de VMware révélant la suppression en préparation. Pour les entreprises, ce n'est pas très grave. Celles qui ont utilisé cette version limitée d'ESXi ne sont pas légion. Mais beaucoup d'aficionados de VMware ont commencé à utiliser la pile VMware uniquement après avoir bricolé avec l'hyperviseur ESXi gratuit. D'autres appréciaient de pouvoir tester des projets avec la version gratuite avant de les mettre en production. Cette époque est révolue. Même avec une licence perpétuelle, aucun produit n'est à l'abri. Tous sont menacés. Le VMware de Broadcom met fin aux ventes de licences perpétuelles. Si un produit n'est pas supprimé, il faudra payer un abonnement pour le conserver. Car, à partir de maintenant, il faut s'attendre à voir apparaître des licences de type SaaS.

Les concurrents à l'affût

Selon Broadcom, l'objectif est de transformer ses « activités pour offrir une innovation plus rapide et une plus grande valeur aux clients, ainsi qu'une meilleure rentabilité et de meilleures opportunités de marché pour ses partenaires ». Il semble bien que cette ambition ne soit pas du goût de tous. En revanche, les concurrents de VMware, notamment Nutanix. Scale Computing et Virtuozzo, s'en réjouissent. Les grandes entreprises, comme Microsoft avec Hyper-V/Azure Stack et Red Hat avec OpenShift Virtualization, ont également des raisons de placer les clients VMware en tête de leur liste de leurs cibles. Outre le changement de licence VMware, toujours inquiétant, les clients de l'éditeur sont aussi très préoccupés par la tarification de la nouvelle gamme. Même avant que Broadcom ne rachète l'entreprise, VMware était cher. Désormais, ils craignent, à juste titre, de devoir débourser davantage.

Des partenaires laissés en plan et des clients repris en direct

Les partenaires de VMware, autrefois florissants, sont tout aussi inquiets. La plupart des clients ne travaillent pas directement avec VMware, mais plutôt avec son réseau de prestataires de services IT. Or, Broadcom s'est débarrassé de tous ses revendeurs et partenaires de service. Ensuite, il a ouvert la porte à ses meilleurs anciens partenaires pour qu'ils reviennent. Mais l'ont-ils fait ? De plus, VMware a repris ses 2 000 principaux clients en direct, ce qui ne laisse pas beaucoup de place aux anciens partenaires de VMware. Le slogan des partenaires de VMware, « VMware Partners : un écosystème de confiance », a du plomb dans l'aile. Ceux qui espèrent que leur bon vieux VMware pourra les guider dans cette nouvelle aventure avec Broadcom devraient se raviser. Beaucoup d'entre eux devront se débrouiller seuls ou, plus probablement, s'associer à un autre fournisseur. Broadcom a beau dire que les changements qu'il opère vont améliorer les choses, il est difficile d'y croire. Son bilan en matière d'acquisition d'éditeurs de logiciels pour entreprise ne plaide pas pour lui.

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