Interxion lance un projet sur 15 hectares aux Ulis

Le président d'Interxion France, Fabrice Coquio, à Marseille en mai dernier pour l'inauguration de MR3 et le lancement de MR4. (Crédit S.L.)

Le président d'Interxion France, Fabrice Coquio, à Marseille en mai dernier pour l'inauguration de MR3 et le lancement de MR4. (Crédit S.L.)

Après le Nord et l'Est de Paris, Interxion s'installe dans l'Essonne avec un projet de datacenters aux Ulis/Villejuste sur un parc de 15 hectares. Sorti du premier bâtiment à l'orée du second semestre 2023

Pour accompagner les besoins des entreprises françaises et des fournisseurs de services cloud, Interxion accélère encore ses investissements en France. En région parisienne, l'opérateur de datacenters a déposé un permis de construire ICPE auprès de la DDE pour exploiter une zone de 15 hectares aux Ulis/Villejuste avec une alimentation électrique de 130 mégawatts. Le terrain est à l'intersection de l'autoroute A10 et de la N118. « L'investissement planifié est juste en dessous du milliard d'euros et nous attendons beaucoup d'acteurs de type hyperscalers mais pas seulement. Nous visons également les entreprises », nous a indiqué le président d'Interxion France, Fabrice Coquio. Le premier bâtiment devrait sortir du sol au second semestre 2023. Interrogé sur la capacité électrique de ce nouveau site, le dirigeant avoue sans ambages que le vrai enjeu est de maîtriser le poste de transformation. « Si le ticket d'entrée est de 22 millions d'euros pour un poste de 80 mégawatts, il ne faut rajouter que 3 millions pour passer à 130 mégawatts ». Le problème est aujourd'hui du côté des talents dans le domaine de la gestion des ressources éclectiques. « Le salaire de ces experts a connu une inflation de 220% en 3 ans sur un axe Paris, Francfort, Amsterdam et Londres ». Et certains hyperscalers américains trouvent très commode de recruter parmi le personnel de leurs fournisseurs pour étoffer leurs équipes.

Le Nord et l'Est de Paris fixent également une grande partie des centres du spécialiste de la co-location de datacenters. Dans le Nord, on retrouve PAR1 à PAR7 récemment complétés par l'ouverture du premier camembert PAR8, en attendant les trois autres tranches de la soucoupe Interxion Digital Park (PAR9, PAR10 et PAR11), soit 40 000 m2 à terme répartis sur une surface de 7 hectares. « Les premiers clients sont déjà arrivés », nous a indiqué Fabrice Coquio lors d'un entretien. Un investissement total de près de 1,150 milliard d'euros. À l'Est, l'hébergeur exploite à Ferrières-en-Brie (AR12) une ressource de 6000 m2 - installée à l'origine par sa maison-mère Digital Reality - avec une réserve électrique de 12 mégawatts et dont le principal client est GCP. L'installation de Ferrières-en-Brie profite également des équipements électriques provisionnés pour EuroDisney. « Les clients cherchent aussi une alternative aux noeuds du Nord de Paris dans une zone de 50 km pour bénéficier de la fibre en réplication synchrone ». L'idée est aussi de profiter de l'autoroute A4 sur l'axe Strasbourg/ Karlsruhe, la route empruntée par les principaux opérateurs, qui dessert Stuttgart et Francfort, pour réduire la latence sur le flux franco-allemand, nous a précisé Fabrice Coquio. « Une entreprise américaine spécialisée dans les jeux vidéo cherche par exemple à réduire la latence sur ses jeux en ligne en France et en Allemagne pour ses lancements de fin d'année ». 
 



Le Digital Park, le vaisseau amiral d'Interxion à La Courneuve, a inauguré son premier camembert. (Crédit Interxion)

Réduire les émissions de gaz et fluides à effets de serre

Si la région parisienne a concentré une grosse partie des investissements d'Interxion, la ville de Marseille poursuit son développement en datacenters avec l'inauguration le 8 novembre prochain de MR4 sur le port de la Joliet avec la présence de la country manager d'Oracle France, Karine Picard. Si le datacenter MR5 sera lui aussi installé sur le port, un peu plus au Sud, MR6 se fixera ailleurs. L'autre bataille engagée ces derniers mois par Interxion se situe du côté de la compensation de ses émissions carbone avec, par exemple, un programme de puits carbone dans les Calanques. Quinze ans après la première vague du GreenIT, la neutralité carbone est devenue un argument commercial auprès des DSI français avec un impact fort sur les équipes IT.

« La politique de décarbonation commence avec la construction des datacenters, il est nécessaire de fixer les règles sur les chantiers pour éviter, par exemple, qu'un camion-toupie ne tourne pour rien sur un site », explique Fabrice Coquio. Un programme est également engagé avec Total pour remplacer progressivement le fuel, qui alimente les générateurs diesel de secours, avec un carburant HVO (huile végétale hydrotraitée). Comme le précise finement Fabrice Coquio, l'enjeu n'est pas que sur les émissions de carbone, mais sur tous les gaz et fluides à effets de serre comme les réfrigérants, très utilisés dans les datacenters. Après les catégories Scopes 1 et 2, Interxion a également engagé un audit de type Scope 3 - avec le concours de Veritas - pour prendre en compte les émissions de carbone indirectes avec les partenaires et prestataires. Certains appels d'offres intègrent désormais des demandes de ce type pour sélectionner leurs fournisseurs.  
 



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