L'accès à la commande publique reste compliqué pour les PME et les ETI du numérique

Seules 51% des PME et des ETI du numérique ont confiance dans les procédures de marchés publics selon l'étude menée par Syntec Numérique. Illustration : D.R.

Seules 51% des PME et des ETI du numérique ont confiance dans les procédures de marchés publics selon l'étude menée par Syntec Numérique. Illustration : D.R.


Près de 90% des sociétés de services et des éditeurs de taille moyenne ont des difficultés à décrocher des marchés publics. Pourtant, ils sont toujours plus nombreux (72%) à vouloir répondre davantage aux appels d'offres des collectivités. Malgré les apparences, la situation n'est pas forcément meilleure dans le cadre des projets émanant du secteur privé.

La quatrième édition du baromètre PME/ETI du Syntec Numérique pointe de nouveau du doigt les difficultés des PME et ETI du numérique à capter des marchés publics. Menée auprès d'un échantillon de 64 sociétés (ESN, éditeurs, société de conseil...), cette enquête montre en effet que 89% d'entre elles jugent difficile l'accès aux commandes des collectivités. Elles n'étaient « que » 82% de cet avis en septembre 2015. De fait, il n'est pas étonnant que pour 64% de l'échantillon interrogé les marchés publics représentent moins de 10% de son chiffre d'affaires. Pourtant, cela ne décourage les concepteurs de logiciels et les sociétés de services.

La pression sur les prix en forte baisse dans le public

Pour preuve, 79% (+5 points) des répondants sont intéressés par les marchés publics et 72% de ces derniers envisagent de répondre davantage aux appels d'offres. Ils ont d'autant plus de mérite que 95% des sondés continuent de juger les procédures de soumissionnement plutôt ou très complexes. S'ajoute à cela le fait que 62% (+18 points) des entreprises du numériques jugent les appels d'offres publics partiaux. Un paradoxe, puisqu'elles sont 51% (+3 points) à déclarer leur confiance dans les procédures. En termes de points négatifs, elles sont une majorité (64% ; +18 points) à avoir constaté des pratiques inappropriées des services d'achats d'entités ou d'administrations publiques (critère RSE, évaluation trop importante du marché...). En revanche, elles ont pu se réjouir d'une forte diminution de la pression sur les prix (47% ; -20 points) exercée par les acheteurs et d'une amélioration des pratiques d'allotissement (31% ; -15 points).

Selon 97% des sociétés du panel, la piste d'amélioration la plus intéressante pour leur accès aux marchés publics serait de simplifier les procédures. Accroître la dématérialisation de ces dernières (94%) et faire d'avantage de publicité autour des appels d'offres (92%) seraient aussi les bienvenus. En outre, 95% des sondés estiment aussi que le critère du moins disant en termes de prix devrait moins compter dans l'attribution des marchés.

La confiance dans les appels d'offres privés se dégrade

Sans surprise, l'accès aux marché privés est beaucoup plus simple pour les PME et les ETI du numériques, sans quoi leur survie deviendrait précaire. Elles ne sont plus 42% à le trouver difficile contre 51% un an plus tôt. Néanmoins, tout n'est pas rose dans les rapports avec les acheteurs du privé. Ainsi, seuls 61% des sociétés répondant à l'enquête du Syntec Numérique ont confiance dans les procédures qu'ils lancent, contre 79% un an plus tôt. En outre, elles sont encore 63% (-5 points) à avoir constaté des pratiques inappropriées de la part de acheteurs des entreprises. Par exemple, une forte pression sur les prix (74% des avis), une demande de chiffre d'affaires trop élevée (45%) ou encore des demandes d'un nombre de références excessives (38%).

En revanche, les éditeurs et les ESN ne sont plus que 2% à faire face à des services achats leur faisant interdiction de recourir à la sous-traitance ou d'être elle-même sous-traitante. Ils étaient 23% il y a un an. L'intervention des sociétés du numérique pour un prestataire de services ou un éditeur tiers représente moins de 10% de leur chiffre d'affaires pour 66% d'entre elles. Cela s'explique peut-être par le fait que seuls 4% des sondés estiment que cette pratique est facile. Et quand ils en font une source de revenus, ils sont 42% à constater des pratiques inappropriées comme des paiements différés (89%), de la pression sur les prix (71%) et des ruptures de contrat (54%).

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