LDLC en passe de s'offrir Materiel.net

Laurent de la Clergerie, PDG du groupe LDLC, a vendu son premier produit en ligne en 1996. (Crédit D.R)

Laurent de la Clergerie, PDG du groupe LDLC, a vendu son premier produit en ligne en 1996. (Crédit D.R)

LDLC veut s'offrir son concurrent Materiel.net afin d'atteindre « une taille critique » sur un marché français de la distribution de produits high-tech en consolidation. A terme, le groupe pourrait étendre son périmètre à d'autres pays européens.


Le cybermarchand lyonnais LDLC est entré en négociations exclusives avec Domisys en vue d'acquérir 100% du capital de son homologue nantais Materiel.net. Le rapprochement donnerait naissance à un groupe réalisant 480 M€ de chiffre d'affaires et employant 700 collaborateurs. Il disposerait en outre de deux entrepôts logistiques, l'un de 18 000 m² (Materiel.net) et l'autre de 20 000 m² (LDLC). Cette opération, dont le montant n'a pas été communiqué, devrait être finalisée en mars 2016, après avoir été soumise à la consultation des représentants du personnel et à l'approbation de l'Autorité de la Concurrence.

Deux réseaux de boutiques complémentaires

Outre le fait qu'ils commercialisent tous deux des produits high-Tech en ligne, LDLC et Matériel.net ont aussi en commun de disposer d'un réseau de magasins. Le premier en exploite 13 et le second 10. « Il n'y a pas de doublons entre nos boutiques, si ce n'est à Toulouse où nous ne sommes pas sur la même zone de chalandise » précise Laurent de la Clergerie, le président du groupe LDLC. En 2014, Materiel.net a généré un chiffre d'affaires en hausse de 12% à 150,5 M€, ainsi qu'un résultat d'exploitation de 3,6 M€, pour un effectif de 200 salariés. Avec ses 285,7 M€ de revenus annuels et son résultat opérationnel courant de 10 M€, LDLC pèse plus lourd. Une avance qu'il doit peut-être en partie au fait d'avoir été créé en 1996, soit quatre ans plus tôt que Materiel.net.

Laurent de la Clergerie ne cache pas que l'un des buts du rapprochement de LDLC et de Materiel.net est de continuer à positionner l'entreprise qu'il a créée en concurrente de la Fnac. Le revendeur se devait en effet de réagir au rapprochement de la Fnac et de Darty. « Il faut de toutes façon gagner en taille au vue de la consolidation importante que connaît le secteur de la distribution de produits High-tech. Outre le rachat de Darty par la Fnac, il y aussi ceux de Rue Du Commerce par Carrefour et de Grosbill par Mutares », explique le dirigeant.

Les deux marques et leurs spécificités devraient être conservées

S'agissant de la stratégie du nouvel ensemble LDLC - Materiel.net, rien n'est encore définitivement fixé. A ce stade, on peut seulement anticiper le fait que les deux marques ainsi que leur positionnement devraient être conservés. De fait, LDLC continuerait de croquer des parts sur le marché de l'électronique grand public, tandis que Materiel.net continuera de développer ses ventes auprès des professionnels avec un focus sur la vente de composants et de produits de niche. « Materiel.net totalise 14 000 références et nous 30 000. Elles seront disponibles pour l'ensemble des clients », assure Laurent de la Clergerie.

Le rapprochement des deux entreprises va aussi être l'opportunité pour LDLC de continuer l'expansion de son réseau de boutiques en accélérant le rythme d'ouvertures. L'objectif est maintenant d'en inaugurer une par mois et d'être ainsi certains de disposer de 40 magasins d'ici 2018. L'acquisition lui permettrait aussi de devenir le cinquième e-commerçant français, si l'on se réfère au classement publié par e-magazine en juin 2015. « Si notre objectif à très court terme n'excède pas les 500 M€ de revenus, nous espérons doubler notre chiffre d'affaires d'ici 5 ans », commente Laurent de la Clergerie. Un objectif qui pourrait passer par d'autres opérations de croissance externe qui permettraient à LDLC d'étendre ses activités au-delà du marché français. « Nous envisageons de nous implanter à l'étranger, certainement en Angleterre, en Espagne ou en Italie. Nous sommes en réflexion et en pleine étude mais notre évolution passera par de nouvelles acquisitions », indique le dirigeant.

 

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