Les 350 premiers éditeurs français ont généré 15 Md€ de CA en 2017

Entre 2015 et 2017, la croissance des éditeurs de logiciels a été tirée par les acteurs sectoriels et par la catégorie « Particuliers et jeux vidéo ». (Crédit : Syntec Numérique/EY)

Entre 2015 et 2017, la croissance des éditeurs de logiciels a été tirée par les acteurs sectoriels et par la catégorie « Particuliers et jeux vidéo ». (Crédit : Syntec Numérique/EY)

Les 350 premiers éditeurs de logiciels en France ont généré, d'après le 8ème Panorama de Syntec Numérique et EY, un chiffre d'affaires de 15 Md€ en 2017. Ils affichent de nouveau une croissance à deux chiffres. Le secteur du logiciel a créé 10 000 emplois en deux ans mais il pointe toujours des difficultés à recruter.

Avec une croissance de 12% entre 2016 et 2017, le secteur du logiciel continue à se développer fortement en France. Le chiffre d'affaires des 350 premiers éditeurs français a atteint 15 milliards d'euros l'an dernier, selon les chiffres établis par EY pour Syntec Numérique. Le taux de croissance est calculé à périmètre constant d'une année sur l'autre, a rappelé Jean-Christophe Pernet, associé du cabinet EY, lors d'un point presse en amont de la présentation du 8ème Panorama Top 250 de Syntec Numérique. Entre 2010 et 2017, le chiffre d'affaires du secteur logiciel a doublé, avec une forte contribution des « trois champions nationaux » que sont Dassault Systèmes (logiciels de PLM), Criteo (spécialisé du reciblage publicitaire) et Ubisoft (jeux vidéos). A eux trois, ils réalisent 6,6 milliards d'euros.

Mais même en neutralisant l'apport de ces trois acteurs, les taux de croissance annuels se situent entre 7 et 8%. Jean-Christophe Pernet souligne en particulier la « vitalité des petits acteurs », les sociétés réalisant moins de 5 M€ ayant progressé de 48% sur 2 ans (tandis que celles réalisant entre  5 M€ et 100 M€ ont crû en moyenne de 29%). « C'est assez encourageant », estime l'associé de EY en citant aussi la proportion d'éditeurs ayant passé le cap des 50 M€ : 17% du panel contre 7% en 2010. Autre point important, 81% des éditeurs du panel sont rentables et 57% des sociétés de moins de huit ans.


Aux 19e et 20e places, ESI Group et Efront (réalisant chacun 105 M€ de CA) complètent le Top 20 des éditeurs français de logiciels en 2017. (Syntec Numérique/EY)

L'international reste l'apanage des plus de 100 M€

Parmi les leviers de croissance, le passage au modèle SaaS figure toujours en tête des priorités technologiques, 73% des éditeurs recourant à des solutions tierces pour gérer leurs problématiques d'hébergement. En 2017, 31% du chiffre d'affaires du panel s'est fait en mode SaaS. Sur l'accès aux marchés internationaux en revanche, le panel n'a pas fortement évolué. Les ventes à l'international (55% du chiffre d'affaires total) sont surtout portées par les éditeurs pesant plus de 100 M€, les poids-lourds Dassault Systèmes et Criteo réalisant plus de 90% de leurs ventes hors de France. Ceux qui ont réussi à passer les 50 M€ progressent néanmoins à l'international, mais pour les éditeurs de moins de 5 M€, 85% des ventes se font en France. Ce développement est pourtant « indispensable à la survie de tout éditeur », insiste Gilles Mezari, co-président du collège Editeurs du Syntec Numérique. « C'est un sujet majeur », a renchéri hier Godefroy de Bentzmann, président de Syntec Numérique, qui souhaite que se fasse en Europe un marché unique. « Si nos éditeurs n'ont pas la possibilité de travailler en Europe comme ils le font en France, ils ne rivaliseront jamais avec les Etats-Unis », a-t-il redit hier.

84% des éditeurs ont des difficultés à recruter

Le secteur logiciel continue à recruter de façon importante. « Nous sommes sur un modèle très créateur d'emploi », rappelle Jean-Christophe Pernet « avec sur la partie R&D un socle assez significatif en France ». Ainsi, 10 000 emplois ont été créés en 2 ans chez les éditeurs de logiciels, soit une progression de 14%, et 33% des effectifs sont consacrés à la R&D.

Mais si 90% des acteurs du logiciel prévoient de recruter l'an prochain, ils sont aussi 84% à reconnaître avoir des difficultés à trouver leurs candidats. « 75% des éditeurs disent que ça les empêche de grandir et leur fait perdre des opportunités de chiffre d'affaires et en R&D », rapporte l'associé de EY. Pourtant, l'existence du Crédit impôt recherche reste un atout important pour recruter dans l'Hexagone vis-à-vis d'autres pays.

Trophées : Ivalua, Platform.sh, Toucan Toco et Wallix

Le 8ème Panorama Top 250 a donné également à Syntec Numérique l'opportunité de mettre en avant les performances remarquables de cinq éditeurs. Dans le domaine de la transition SaaS, un trophée a été décerné à Ivalua qui a porté dans le cloud sa plateforme de e-sourcing permettant aux entreprises de rechercher des fournisseurs et de gérer le cycle de vie de leurs relations. Sur l'internationalisation de l'offre, le trophée est revenu à Platform.sh dont le PaaS automatise les déploiements d'applications dans le cloud. Le trophée de l'innovation a été remis à Wallix, spécialisé dans la gestion des accès sécurisés aux système d'information et aux infrastructures critiques. Un trophée Prix du Jury a été attribué à l'éditeur Toucan Toco qui a développé une solution de reporting pour créer des tableaux de bord pouvant être rapidement et largement exploités par tous les utilisateurs. Enfin, un trophée a également été décerné à Ubisoft pour ses performances dans le jeu vidéo.

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