Sage PE veut soumettre ses revendeurs à des objectifs de croissance

L'éditeur veut contraindre certains de ses revendeurs à faire croître leurs achats de licences entre au moins 10 et 15% par an. L'initiative est mal perçue par ses partenaires qui font actuellement face à une baisse des investissements des TPE.

La division Petites Entreprises de Sage veut encore changer les règles de ses relations commerciales avec ses revendeurs. Vendredi dernier, l'éditeur les a informés qu'il prévoit de créer de nouveaux agréments partenaires faisant obligation à leurs détenteurs d'accroître leurs achats auprès de lui dans des proportions déterminées. Ces mesures provoquent la colère d'au moins une partie des partenaires agrées de l'éditeur. Ces derniers sont d'autant plus remontés que Sage PE veut aussi leur imposer de passer un examen pour attester de leurs compétences, alors que nombre d'entre eux distribue ses logiciels depuis de nombreuses années.

Deux niveaux d'agréments supplémentaires vont être créés

Jusqu'à aujourd'hui, Sage PE ne propose à ses partenaires qu'un seul niveau d'agrément. A l'avenir, ces derniers devraient avoir le choix entre trois labels. Pourquoi pas. Problème, la mesure engendre une inflation des droits dont s'acquittent les partenaires de l'éditeur pour être en mesure de revendre ses produits. « Etre partenaire agréé de Sage PE coûte à l'heure actuelle 600 € par an et par gamme de produit, explique un membre du réseau de distribution de l'éditeur. Sage veut appliquer des droits de l'ordre de 1200 € pour le second palier de partenariat qu'il veut faire entrer en vigueur et de 1400 € pour le troisième. »

Les nouveautés ne s'arrêtent pas là puisque les revendeurs de l'éditeur devront également faire progresser leurs achats auprès de Sage PE, à raison d'au moins 10% par an s'ils sont partenaires de niveau 2, et de 15% minimum s'ils sont partenaires de niveau 3. La mesure passe mal à un moment où le contexte économique pèse lourdement sur l'activité des TPE et donc sur les achats qu'elles réalisent auprès des revendeurs de logiciels de gestion. Un partenaire de Sage PE nous confiait dernièrement ne pas avoir réalisé de ventes de licences depuis plusieurs mois. « Il faut se souvenir que Sage PE avait précédemment changé nos grilles de remise, explique un de ses homologues. Résultat, j'achète aujourd'hui plus cher mes licences à Sage sans que ma marge n'ait progressée. Le nouveau système imaginé par Sage PE revient donc à me demander d'augmenter mes volumes d'achat en partant d'une base qui a été artificiellement gonflée par la précédente modification de ses conditions commerciales », s'insurge un revendeur qui distribuait déjà, et de longue date, la gamme API avant que celle-ci ne soit rachetée par Sage en 2008.

« Un examen ? Pourquoi pas, s'il y avait des nouveautés dans la gamme »

En dépit de son expérience, ce dernier devra bientôt attester de ses compétences en passant un examen (gratuit). « Un examen, pourquoi pas, s'il y avait des nouveautés dans la gamme. Mais pourquoi vérifier nos compétences sur des produits dont Sage PE sait que nous les maîtrisons depuis longtemps ?!», interroge, blasé, un autre partenaire de l'éditeur ?

Tous les détails des nouvelles conditions commerciales de Sage PE ne sont pas encore connus, même de son réseau de distribution. L'éditeur, lui, n'a pas souhaité répondre à nos questions. Difficile, dans ce cas, de savoir s'il propose des contreparties intéressantes à ses partenaires en échange de ses nouvelles exigences.

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