AMD réduit son offre pour redevenir rentable

« Nous ne sommes pas une entreprise de systèmes », Lisa Su CEO d'AMD. (Crédit : AMD)

« Nous ne sommes pas une entreprise de systèmes », Lisa Su CEO d'AMD. (Crédit : AMD)

Confronté à des pertes, AMD va rationaliser son offre de processeurs pour PC et s'investir davantage sur les marchés des serveurs, des puces graphiques et des processeurs sur-mesure. L'Internet des objets pourrait être une nouvelle source de revenus pour lui. 

AMD n'a pas été assez compétitif sur le marché des processeurs ces dernières années, à cause des mauvaises orientations stratégiques qu'il a prises. Pour remédier à la situation, la firme de Sunnyvale a décidé de simplifier ses gammes de puces pour PC tout en s'attaquant dans le même temps à de nouveaux marchés. Son objectif : parvenir à une rentabilité satisfaisante d'ici la fin de cette année.

Mardi dernier, Lisa Su, la CEO d'AMD, a fournie des détails sur la façon dont l'entreprise va s'y prendre pour inverser la tendance. La société compte renforcer sa diversification hors du marché des PC en mettant davantage l'accent sur les processeurs graphiques - où il a déjà une forte présence avec les produits ATI - et d'autres marchés tels que ceux de l'Internet des objets, des serveurs et des processeurs sur-mesure. « L'évolution du marché des PC a été plus faible que prévue », a également expliqué Lisa Su. Toutefois, AMD espère que l'arrivée de Windows 10 - et la sortie de sa puce Carrizo  - aidera à relancer les ventes d'ordinateurs durant la deuxième partie de l'année.

Concernant, l'expansion du fondeur sur le marché des circuits graphiques et des puces personnalisées, elle n'a été notable jusqu'ici que dans le secteur des consoles de jeux. Or, cette diversification s'est faite au détriment de son activité processeurs pour PC, un domaine sur lequel Intel en a profité pour lui prendre des parts de marché. AMD a également échoué sur le marché des tablettes, où ses puces n'ont été intégrées que sur une poignée de terminaux.

180 M$ de pertes nette au premier trimestre

Lors du premier trimestre 2015, les revenus d'AMD ont chuté de 26 % à 1,3 Md$. Dans le même temps, ses pertes nettes se sont creusées pour atteindre 180 M$. La société devrait continuer de souffrir à court terme, « mais nous sommes très motivés par les opportunités qui s'offrent à nous sur le long terme », s'est enthousiasmée Lisa Su. Cette dernière a par ailleurs rappelé que la société ne compte pas s'investir sur le marché des tablettes low-cost et ne porte aucun intérêt à celui des smartphones.

AMD va plutôt réduire le nombre de lancement de processeurs pour PC prévus dans sa roadmap à quelques modèles pour ordinateurs (portables et desktop). La société va se concentrer à la fois sur les architectures x86 et ARM. Les puces attendues l'année prochaine seront basées sur un noyau appelé Zen. Par rapport à la micro-architecture, il devrait délivrer des performances supérieures de 40 %.

Une roadmap peu claire jusqu'ici

La feuille de route du fabricant a été peu claire ces quatre dernières années : il a renoncé à certains produits pour en sortir rapidement de nouveaux afin de s'adapter à un marché du PC en évolution constante et rapide. AMD fournit principalement des puces pour PC sous Windows. Il n'a porté aucun intérêt aux produits à bas prix tels les Chromebooks qui rencontre pourtant un franc succès. Le fabricant cherche davantage à proposer des processeurs pour des ordinateurs aux prix plus élevés qui offrent des marges plus confortables (même si ses puces continuent d'être utilisées dans des machines Windows d'entrée de gamme).

La société a également cédé des parts de marché à Intel dans le domaine des serveurs, où ses puces x86 n'ont pas rencontré le succès escompté. AMD a été inconstant dans la mise à jour de ses puces x86 et a retardé la sortie de sa puce pour serveur Seattle basée sur une architecture ARM.

« Nous ne sommes pas une entreprise de systèmes »

Pas plus tard que le mois dernier, AMD a annoncé qu'il se séparait de SeaMicro, un fabricant de micro-serveurs acquis en 2012 pour 334 M$. Le marché qui semblait prometteur il y a 5 ans ne se porte pas bien aujourd'hui et AMD ne voyait plus aucune raison de persister dans le secteur. « Nous ne sommes pas une entreprise de systèmes » a expliqué la CEO.

AMD s'est également éloigné du projet Skybridge, qui visait à rassembler les micro-architectures ARM et lx86 sur un socket commun. Pour Lisa Su, ce projet ne revêt plus aucun intérêt. Selon elle, le fabricant doit plutôt se concentrer la conception de solutions spécifiques répondant aux besoins des clients.

Un autre secteur générateur de croissance pour AMD pourrait être celui de l'Internet des objets qui devrait représenter 50 milliards d'appareils connectés d'ici 2020. L'expertise d'AMD en matière de circuits graphiques et de visualisation des données devrait être la force de la société dirigée par Lisa Su pour se positionner sur le marché de l'IoT. 

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