Apple travaille d'arrache-pied pour intégrer l'IA générative dans ses produits

Tim Cook a déclaré que, depuis des années, Apple travaillait sur la technologie de l'IA générative. Toutefois, l'entreprise n'est pas la seule, à l'instar d'autres géants de la technologie qui ont fait de même. (Crédit : Apple/Foundry)

Tim Cook a déclaré que, depuis des années, Apple travaillait sur la technologie de l'IA générative. Toutefois, l'entreprise n'est pas la seule, à l'instar d'autres géants de la technologie qui ont fait de même. (Crédit : Apple/Foundry)

Selon Bloomberg, Apple redouble d'efforts pour doter ses futures applications, services et systèmes d'exploitation de fonctions d'intelligence artificielle générative.

On peut dire que les grands acteurs technologiques ont été pris de court par la popularité de l'IA générative. En peu de temps, tout le monde connaissait ChatGPT. Un épisode de South Park a même été consacré à l'IA générative, et les oeuvres d'art de Dall-E, Stable Diffusion ou Midjourney inondent le web. Tom Hanks a mis en garde contre un faux généré par l'IA où il fait la promotion d'une assurance dentaire avec laquelle il n'a rien à voir. Les grands noms de la technologie comme Microsoft, Amazon et Google se sont empressés d'intégrer l'IA générative dans leurs produits et services, et Apple ne fait pas exception à la règle. Dans la dernière newsletter Power On de Bloomberg, Mark Gurman explique qu'Apple a travaillé dur, et en secret bien sûr, pour ajouter de grandes fonctions d'IA à ses principaux produits et services.

Apple bien embarqué dans l'IA

Apple utilise déjà l'IA dans tous ses produits et services. Comme tous les smartphones modernes, l'iPhone s'appuie sur des capacités d'IA pour prendre des photos et des vidéos. Entre autres choses, l'intelligence artificielle permet d'identifier les personnes, les animaux et des milliers d'objets différents sur les photos. De Siri à la détection des plantages, de la sélection de texte dans les images à la reconnaissance faciale ou au suivi du sommeil, beaucoup de choses reposent sur le machine learning et l'intelligence artificielle. Mais il ne s'agit pas, pour l'essentiel, d'IA générative. Dans iOS 17, la firme à la pomme a adopté un nouveau modèle pour la dictée et la reconnaissance vocale dans Siri. Il peut suggérer plusieurs mots en fonction du contexte, et même parfois compléter des phrases.

C'est une amélioration considérable et c'est peut-être la première fois que ces modèles de transformation, sur lesquels repose une grande partie de l'IA générative, sont utilisés dans un produit Apple. Tim Cook a déclaré que, depuis des années, l'entreprise travaillait sur la technologie de l'IA générative, mais d'autres géants de la technologie ont fait de même. Comme l'affirme Mark Gurman, « je confirme sans hésitation que les dirigeants d'Apple ont été pris au dépourvu par la fièvre soudaine de l'industrie pour l'IA et qu'ils se démènent depuis la fin de l'année dernière pour rattraper le temps perdu ». Microsoft a lancé des produits en partenariat avec OpenAI et d'autres, Google a mis en avant certaines de ses propres technologies, et pour l'instant Apple... a amélioré la correction automatique.

Un gros pari sur l'IA pour 2024

Selon Mark Gurman, en ce moment, la firme à la pomme fait de gros efforts pour que les prochaines versions de ses systèmes, attendues pour 2024, soient dotées de fonctions d'IA (génératives et autres). Il faut donc s'attendre à trouver des capacités d'IA améliorées dans iOS 18 et MacOS 15, mais aussi dans de nombreuses applications et services d'Apple. Depuis plus d'un an, la firme dispose de son propre grand modèle de langage (Ajax) et a construit un chatbot interne similaire à ChatGPT, que certains appellent AppleGPT.

La firme de Cupertino ne devrait pas lancer directement un concurrent de ChatGPT, mais sa technologie Ajax pourrait être utilisée dans un certain nombre d'autres produits. D'autres fonctions d'IA générative sont également à l'étude. John Giannandrea, vice-président senior chargé de l'IA chez Apple, et Craig Federighi, le vice-président senior chargé de l'ingénierie logicielle, sont à la manoeuvre pour intégrer le plus possible d'IA dans iOS 18, en 2024. Apple devrait d'ailleurs dépenser environ 1 milliard de dollars en R&D et en développement de produits par an pour soutenir ces efforts, comme l'a affirmé Bloomberg.

Quelles conséquences pour les utilisateurs ?

Ces informations sont encore insuffisantes pour pouvoir dire ce que cela implique pour les utilisateurs, mais John Giannandrea et son équipe devraient produire une nouvelle version de Siri qui intègre en profondeur la technologie d'IA d'Apple. Selon Mark Gurman, iOS 18 devrait contenir plusieurs fonctionnalités basées le grand modèle de langage de l'entreprise. Par exemple, l'app Messages pourrait suggérer de meilleures réponses. Ou encore, les développeurs pourraient bénéficier d'une nouvelle version de Xcode pour générer automatiquement du code, à l'instar de la fonction Copilot de Github. Apple Music pourrait être doté d'un créateur de playlist ou d'un DJ généré automatiquement par l'IA. La suite iWork (Pages, Numbers, Keynote) pourrait intégrer des outils d'IA générative, à l'image des fonctionnalités intégrées à Word et PowerPoint par Microsoft.

Bien entendu, l'IA générative n'a pas de limites. Adobe l'a déjà intégrée à Photoshop pour agrandir les photos au-delà de leur cadrage d'origine, supprimer des objets ou en ajouter de nouveaux. On pourrait retrouver une fonction similaire pour traiter les photos sur iPhone. L'IA générative pourrait produire des pistes audio de fond pour iMovie et Final Cut, ou des musiques d'intro et d'outro libres de droits pour les podcasts dans GarageBand, le logiciel d'enregistrement et de création musicale développé par la firme. Selon l'analyste de Bloomberg, des discussions sont en cours chez Apple pour savoir si certaines fonctionnalités doivent être exécutées sur l'appareil ou dans le cloud, sur les serveurs d'Apple. Le traitement sur l'appareil protège la vie privée, mais les modèles d'IA les plus grands et les plus avancés ont besoin d'un matériel serveur plus puissant. De plus, le traitement sur l'appareil est plus difficile à mettre à jour, à former et à déployer que l'approche basée sur le serveur. Mark Gurman estime que la firme américaine adoptera les deux approches, en traitant certaines fonctions au niveau du terminal et d'autres dans le cloud.



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