Après une longue pause, HPE renouvellera ses serveurs Itanium mi-2017

HPE prévoit d’utiliser le processeur Kittson d’Intel qui doit, depuis longtemps, succéder aux puces Poulson de la série Itanium 9500 actuelle. (Crédit Intel)

HPE prévoit d’utiliser le processeur Kittson d’Intel qui doit, depuis longtemps, succéder aux puces Poulson de la série Itanium 9500 actuelle. (Crédit Intel)

Dans la foulée du succès de son procès contre Oracle, Hewlett Packard Enterprise (HPE) a annoncé une actualisation de sa gamme de serveurs Itanium vers le milieu de l'année prochaine.

Ken Surplice, en charge des solutions critiques dans la division serveur EMEA de HPE, a déclaré au site web néerlandais Computable que HPE se préparait à livrer de nouveaux serveurs Integrity pour HP-UX et OpenVMS basés les futurs processeurs Kittson Itanium d'Intel et qu'ils seraient disponibles en milieu d'année prochaine. Contactés hier, les dirigeants de HPE ont confirmé l'objectif. On se demande cependant ce qui pousse HPE à livrer de nouveaux serveurs Itanium alors que l'entreprise est déjà en train de porter sa distribution Unix HP-UX sur x86, et qu'OpenVMS, l'autre système propriétaire pouvant justifier l'usage de matériel Itanium, sera également porté sous x86 d'ici à 2018. Comme l'a déclaré Ken Surplice par courriel à IDG News Service, la mise à niveau vers Kittson permet d'abord un meilleur contrôle des coûts. « Chaque client veut mieux gérer et contrôler ses coûts. Si le serveur offre de meilleures performances, il aura besoin de moins de coeurs processeurs, et donc, de moins de licences », a-t-il écrit. Par exemple, le tarif des licences logicielles d'Oracle est basé sur le nombre de coeurs utilisés.

Suite à sa décision en 2011 de ne plus livrer de nouvelles versions de son logiciel sur Itanium, Oracle s'est embarqué dans une bataille juridique avec HPE. Le mois dernier, un tribunal a condamné l'éditeur californien à verser 3 milliards de dollars en dommages-intérêts à HPE. Mais, celui-ci a à nouveau fait appel. HPE continuera à développer et à maintenir ses produits Itanium « afin d'assurer à nos clients la continuité promise dans nos feuilles de route en leur offrant une nouvelle génération de serveurs », a encore déclaré Ken Surplice. L'entreprise s'était engagée à développer des serveurs Integrity et Superdome dès que les puces Kittson d'Intel seraient disponibles. « De nombreux clients continuent à utiliser de manière courante leurs applications HP-UX et OpenVMS tournant sur des serveurs Integrity basés sur Itanium ».

Itanium s'éteint faute de demande  Mais HPE étant le dernier client important intéressé par les processeurs Itanium, Intel a grandement ralenti le développement de sa plate-forme. Le fondeur a commencé à travailler sur Kittson en 2011 et même avant. L'année suivante, l'entreprise a déclaré que les puces seraient compatibles avec ses processeurs Xeon et gravées selon avec un processus de fabrication plus évolué, invitant clairement les utilisateurs Itanium en déshérence à revenir vers la plateforme x86. Cependant, à peine trois mois plus tard, le fondeur a déclaré que Kittson serait probablement le dernier processeur de sa ligne Itanium, précisant qu'il serait construit selon le processus 32 nm désormais dépassé, et qu'il resterait compatible « broche à broche » avec les générations Itanium précédentes. Après cette annonce, les utilisateurs Itanium pouvaient espérer, au minimum, profiter des bénéfices mis en avant par Ken Surplice et réduire leurs coûts de licences logicielles sans avoir à supporter de grosses mises à jour matérielles.

Sur la feuille de route de HPE, les serveurs Itanium courent jusqu'en 2025, et l'entreprise a promis de soutenir sa distribution Unix HP-UX, jusqu'à cette date. Cela semble une éternité, surtout dans l'industrie de l'IT, mais Itanium bénéficie d'une bonne réputation dans le secteur bancaire où, en général, les legs peuvent durer longtemps, et dans lequel les serveurs s'acquittent bien des charges de travail existantes. Quant à l'autre OS, OpenVMS tournant sur Itanium, il est, en soi, un héritage. Développé en 1977 par DEC sous le nom de VMS pour ses mini-ordinateurs Vax, il est devenu OpenVMS quand DEC a modifié l'OS pour qu'il tourne avec ses puces Alpha pour stations de travail. Après le rachat de DEC, Compaq a commencé le portage d'OpenVMS sur IA-64, juste à temps, avant d'être avalé par Hewlett-Packard. Plus tard, HP s'est délesté d'OpenVMS, confiant la responsabilité de son développement futur à VMS Software. OpenVMS est actuellement en version 8.4.2, et l'éditeur prépare le portage de la prochaine version majeure, OpenVMS 9, sur l'architecture x86 d'Intel. Cette version devrait être prête en 2018.

HP-UX arrive sur x86  Pendant ce temps, HPE cherche à faire coexister son système HP-UX avec les systèmes x86. Jeudi, les représentants de HPE ont dit que l'entreprise cherchait une solution pour provisionner HP-UX avec OpenStack et Helion. Une autre solution est également étudiée avec les clients HP-UX : traiter leurs charges de travail dans des conteneurs Linux. L'entreprise n'est pas prête à commercialiser ces solutions, même si elle peut les présenter aux clients intéressés : « Aujourd'hui, nous n'avons pas de support de communication à distribuer à nos clients. Nous avons consacré notre temps à l'ingénierie et nous pouvons présenter le résultat de ce travail aux clients intéressés », a déclaré hier Ken Surplice. 

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