Education : La fililière numérique toujours à la traîne en France

CGI a mené une réflexion sur la situation du numérique en France avec CentraleSupélec, Paris-Dauphine, l'ECE Paris et Télécom Ecole de Management. Crédit: D.R

CGI a mené une réflexion sur la situation du numérique en France avec CentraleSupélec, Paris-Dauphine, l'ECE Paris et Télécom Ecole de Management. Crédit: D.R

CGI s'est associée à 4 grandes Ecoles (CentraleSupélec, Paris-Dauphine, ECE Paris et Télécom Ecole de Management) pour publier, dans un livre blanc, les résultats de quatre études et de 33 propositions ayant pour thème la France numérique. Si elle veut faire partie des nations qui donneront le la dans ce domaine, la nation devra faire beaucoup plus pour inciter les entrepreneurs, les collectivités et les citoyens à investir dans cette filière.

La France occupe la 26ème place du classement annuel du Forum économique mondial sur les pays les plus aptes à tirer parti des technologies de l'information. Cette performance mitigée est le miroir d'un pays qui a encore beaucoup à faire pour se hisser au niveau des meilleures nations mondiales. Comment atteindre le rang de nation phare du numérique et faire émerger un véritable modèle numérique français. Ces questions ont été débattues hier par CGI et quatre grandes écoles d'ingénieurs lors d'un point presse. « Le numérique constitue une formidable opportunité de renouer avec la croissance et de faire rayonner la France à l'échelle européenne et mondiale », a déclaré Audrey Le Carour, directrice communication de CGI France, lors de l'ouverture des débats « C'est une chance que la France doit saisir et elle doit s'en saisir rapidement », a-t-elle ajouté. « Or, le paradoxe, c'est que notre pays fait face à un problème de recrutement majeur. Nos écoles d'ingénieurs sont peut-être les plus cotées au monde, mais la situation de pénurie sur certains profils n'a pas changé. Partant de ce constat, CGI s'est associé à quatre grandes écoles pour enrichir sa réflexion à travers une vision neuve de futurs ingénieurs et cadres qui contribueront demain à l'essor de cette France du numérique. L'entreprise a collaboré avec une trentaine d'étudiants de CentraleSupélec, de l'Université Paris-Dauphine, de l'ECE Paris et de Telecom Ecole de Management pour publier, dans un livre blanc, les résultats de quatre études et de 33 propositions ayant pour thème la France numérique.

4 thématiques clés abordées

Ont été abordés, quatre sujets clés : Le numérique, une industrie d'excellence (par les étudiants de CentraleSupélec), le soutien au secteur numérique en Europe et dans le monde (par l'Université Paris-Dauphine), le big data ou la transformation des business models  (par l'ECE Paris), et les modifications des compétences induites par le numérique et leur accompagnement (par Télécom Ecole de Management). « Selon le cabinet Mc KInsey, en France, la valeur dégagée par le numérique pourrait s'élever à 1 000 milliards d'euros d'ici 2025 à la condition que les entreprises accélèrent leur mutation technologique», a exposé Alexis Tuil, étudiant de CentraleSupelec. « Si la révolution est actuellement en marche, notre pays a pris du retard par rapport à ses voisins européens, dans certains domaines », a poursuivi Jean-Marc Camelin, professeur du département leadership et métiers de l'ingénieur à CentraleSupelec Paris. Selon l'enseignant, pour que la France puisse atteindre le rang de nation phare du numérique, elle devra veiller à ce que les synergies entre les start-ups et les grands groupes soient renforcées, à faire en sorte que l' e-commerce puisse se développer afin de contribuer à son internationalisation, sans oublier le renforcement de son programme éducatif. Il a en effet ajouté que la filière numérique était marquée par des mutations technologiques rapides et que l'offre de formation nécessitait à la fois un travail d'anticipation et d'adaptation permanente. « Il faut chercher des pistes pour améliorer la formation initiale et continue », a-t-il souligné. « Les contenus pédagogiques doivent bénéficier des innovations technologiques actuelles, et des efforts de sensibilisation doivent être menés pour que les étudiants apprennent à mieux utiliser les données », a-t-il estimé.

Investir massivement dans la formation continue

Les salariés devront être formés aux outils numériques, essentiels pour la majorité des métiers dans les années à venir. De leur côté, les entreprises devront accompagner ces mutations en investissant massivement dans la formation continue. Cet effort devra aussi porter sur les demandeurs d'emploi pour qui une reconversion vers le numérique pourra être une opportunité. En effet 9 postes sur 10 nécessiteront des compétences numériques d'ici 2020. Or aujourd'hui, une formation sur dix seulement intègre le numérique. Boris Hudec, étudiant à l'Université Paris Dauphine a pour sa part insisté sur la nécessité de créer un indice de maturité numérique qui ferait office de label et permettrait de mesurer le niveau des engagements des entreprises. Parmi les autres propositions émises par les quatre établissements et par CGI figurent l'incitation fiscale aux petites structures qui leur permettraient de se développer, à l'instar du crédit d'impôt recherche, le développement de filières de reconversion vers les métiers IT, et des start-up dans le domaine du big data, ou encore le lancement d'une plateforme nationale dédiée à la formation au numérique. « La formation continue est un problème crucial en France », a martelé Jean-Marc Camelin. La maîtrise des outils et le développement de contenus digitaux dans les écoles sont des thématiques sur lesquelles la France doit se concentrer », a-t-il considéré. Sandrine Peney, chercheur a clôturé le débat en rappelant qu'en France, il n'existait pas de CAPES en informatique et qu'il fallait impérativement former les enseignants dans cette discipline en constante évolution.

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