Les difficultés ont perduré pour les TPE et les PME de l'IT au premier semestre

Estimations des TPE et PME numérique quant à l'évolution de leur chiffre d'affaires au second  semestre 2014 par rapport au premier semestre 2013. Cliquez pour agrandir l'image.

Estimations des TPE et PME numérique quant à l'évolution de leur chiffre d'affaires au second semestre 2014 par rapport au premier semestre 2013. Cliquez pour agrandir l'image.

Dans leur majorité, les petites entreprises du numérique n'ont pas vu leur chiffre d'affaires ni la gestion de leur trésorerie s'améliorer durant les six premiers mois de l'année. D'après leurs prévisions, aucune progression de leurs revenus ne se profile pour la seconde partie de 2014.

Tous les semestres, le syndicat CINOV-IT réalise une enquête de conjoncture sur la situation des PME et TPE du numérique en interrogeant un panel d'une centaine d'entre elles. Mauvaise nouvelle, les chiffres qu'il publie pour le compte des six premiers mois de cette année sont quasiment identiques à ceux publiés pour la même période de l'an dernier. Partant du postulat que la situation n'était pas alors satisfaisante, la chambre professionnelle estime donc que la crise perdure.

Cette stabilité dans les difficultés s'illustre notamment par le fait que 87% des sociétés interrogées n'ont pas vu augmenter les encours que leurs accordent leurs fournisseurs. 8% d'entre elles indiquent même qu'ils ont plutôt baissé. Les délais de paiement qui leurs sont accordés pour régler leurs achats sont également similaires d'une année sur l'autre pour 85% du panel. Ce qui tend d'ailleurs à expliquer que 83% des TPE et PME du numérique honorent toujours leurs factures dans les mêmes délais. Pour 9% d'entre elles, ils se sont même allongés. Ce qui n'est pas vraiment étonnant puisque les clients de 61% des sondés continuent des les payer à la même vitesse qu'en 2012, voire moins ou beaucoup moins vite pour 30% des sociétés interrogées.

Sur le plan de l'activité commerciale, 43% des petites entreprises du numérique déclarent que leur chiffre d'affaires a progressé de 5 à 20% et plus par rapport au premier semestre 2013. A l'opposé, elles sont 31% à avoir enregistré une baisse de revenus comprise entre 5 à 20% et plus. Entre les deux, on trouve 26% de répondants pour qui la situation n'a pas évolué. En résumé, 57% des entreprises n'ont pas enregistré de hausse d'activité d'une année sur l'autre. Las, la situation ne semble pas devoir s'arranger. Les estimations des sociétés interrogées montrent en effet que 35% d'entre elles s'attendent à réaliser au deuxième semestre 2014 un chiffre d'affaires du niveau de celui du deuxième semestre 2013. Elles sont 25% à être pessimistes pour la suite et 12% à ne pas s'estimer en mesure de répondre.

Une amélioration attendue sur le front de l'emploi

Confrontées à des difficultés qui persistent, les TPE et les PME de l'informatique n'ont pas brillé par leurs recrutements entre janvier et juin derniers. Elles ne sont en effet que 22% à avoir réalisé des embauches durant cette période. Dans 63% des cas, ces recrutements ne visaient à pourvoir qu'un seul poste. Il s'est agit majoritairement d'embauche de techniciens (dans 30% des cas), de développeurs (26%) et de commerciaux (22%).
Point positif, le nombre de postes créés semblent supérieurs au nombre de licenciement économiques. Seules 7% des entreprises du panel ont en effet procédé à des licenciements économiques au premier semestre 2014. L'écart devrait même se creuser durant la seconde partie de l'année. D'une part, parce que seulement 4% des entreprises envisagent des licenciements économiques sur cette période. D'autre part, parce que 28% des sociétés envisagent de recruter dans le contexte actuel. D'autant qu'en plus de celles qui envisagent de recruter une (59%) ou deux (12%) personnes, elles sont 29% à envisager d'accueillir 3 nouveaux collaborateurs alors qu'aucune n'y est parvenue lors du premier semestre 2014.

En ce qui concerne, la répartition de leur activité, 24% des répondants déclarent que les entreprises du secteur privé représentent plus de 75% de leur chiffre d'affaires. Cette part est de moins de 25% pour 37% de leurs homologues. Pour être encore plus précise, l'étude de CINOV-IT indique que 29% des sociétés sondées tirent de 50 à 100% auprès du secteur privé de la sous-traitance. Une proportion qui passe à moins de 25% pour 45% d'entre elles. Si la sous-traitance est si présente dans l'activité des TPE et des PME du numérique (36% seulement sont directement référencées), c'est parce que les donneurs d'ordres exigent d'elles notamment des chiffres d'affaires ainsi qu'une masse salariale trop élevés et rechignent à prendre des risques.
Le secteur public, lui, ne représente aucune source de revenus pour 56% du panel du CINOV-IT. Le plus souvent (20% des répondants), la part des collectivités, hôpitaux et autres administrations atteint moins de 25% des revenus. Là encore, l'accès à ce marché est jugé difficile, pour des raisons similaires au marché privé dans leur ensemble. Et là encore, le travail en sous-traitance est répandu puisqu'il concerne 40% des TPE et des PME du numérique qui se positionnent sur les marchés publics. Toutefois, les tâches réalisées pour un intermédiaire représentent moins de 25% du chiffre d'affaires global de 71% des sociétés informatiques qui collaborent avec le secteur public.

Le cloud n'est pas une préoccupation

Comparé à l'étude de conjoncture qu'il avait réalisée pour le premier semestre 2013, CINOV-IT a ajouté à des questions concernant le cloud computing à celle qu'il consacre au second semestre 2014. Force est de constater que ce marché n'a pas encore trouvé grâce aux yeux des petites sociétés du numérique. Elles sont 44% à ne se sentir tout simplement pas concernées par l'informatique dématérialisée, 7% à considérer qu'il ne s'agit pas encore d'une réalité, et 13% à y être attentives sans se lancer. Au final, seules 21% d'entre elles déclarent que le cloud représente déjà à une partie de leurs revenus. La majeur partie d'entre elles, éditent des logiciels en mode SaaS et 16% en revendent. Leur entrée sur ce marché a été principalement motivée par le sentiment que le cloud est  incontournable (33% des réponses) et qu'il permet de diversifier leur offre (21%).

Par F.A.

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