Les députés adoptent le crédit d'impôts pour les éditeurs de jeux vidéo

L'Assemblée nationale vient d'approuver le principe du crédit d'impôts destiné aux entreprises spécialisées dans les jeux vidéo. L'amendement adopté par les députés (dans le cadre de l'examen de la loi sur la modernisation de la diffusion audiovisuelle et télévision du futur) permet un crédit d'impôt couvrant 20% des coûts de production dans la limite de 3 M€ par exercice. Si le Sénat avait refusé d'appuyer une telle mesure en décembre 2006, les élus de la Chambre basse ont considéré que l'aspect culturel de l'univers vidéoludique la justifiait. « Qui pourrait prétendre aujourd'hui que les jeux vidéo ne constituent pas des oeuvres multimédia de création artistique ? », s'interroge ainsi Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques à l'Assemblée. Il rappelle que le nombre d'emplois dans le secteur des jeux vidéo est passé de 25 000 à 12 000 entre 1994 et 2005. Dans le même intervalle, le nombre de studios spécialisés a été divisé par quatre. Le crédit d'impôt devrait contribuer à corriger cette tendance. C'est du moins l'avis de Geoffroy Sardin, le directeur général d'Ubisoft France. Il indique ainsi au mondeinformatique.fr que l'amendement adopté par les députés « redonne un coup de fouet à la compétitivité de la production française et réduit la distortion avec les studios basés à l'étranger, notamment au Canada et en Asie ». Guillaume de Fondaumière, le président de l'Apom (association des producteurs d'oeuvres multimédia) partage cette opinion. Il nous expliquait, en décembre 2006, que les producteurs québécois « reçoivent un crédit d'impôt de 37,7% sur la totalité de leur production ainsi que des aides fédérales. Ce qui leur permet de diviser par deux les coûts de conception ». Au-delà des seules considérations pécuniaires, la décision des élus crédibilise l'industrie vidéoludique : « on obtient enfin une reconnaissance, notre industrie n'est pas secondaire, elle est aujourd'hui considérée comme oeuvrant à part entière dans l'univers culturel. L'adoption de l'amendement à l'unanimité renforce d'autant plus ce point de vue », souligne, soulagé, Geoffroy Sardin. De fait, les productions des studios de jeux vidéo représentent « le premier bien culturel en France, poursuit le DG d'Ubisoft, avec 1 Md€ de chiffre d'affaires et 35 millions d'exemplaires vendus ». Sur le front de l'emploi, l'amendement adopté devrait également avoir son lot de conséquences. « Quand le mécanisme sera validé par la Commission européenne - ce qu'elle a fait il y a plusieurs années pour les productions cinématographiques - nous effectuerons entre 100 et 150 embauches annuelles supplémentaires », assure Geoffroy Sardin. Les jeunes diplômés pourraient être moins contraints de s'expatrier pour trouver leur premier emploi : « on a les meilleurs créatifs en France, on a des formations de troisième cycle liées à la production de jeux vidéo qui existent depuis plus de 10 ans. Au lieu d'aller à l'étranger, ces gens vont pouvoir rester », résume le dirigeant d'Ubisoft. Rappelons pour finir que Microsoft et la Ville de Lyon viennent de signer un partenariat technologique qui vise, notamment, à soutenir les éditeurs de jeux vidéo de l'agglomération rhodanienne.

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