Les PME restent encore à l'écart du phénomène des intégrés

Les progiciels de gestion intégrés sont peu diffusés dans les PME. Une récente enquête de Divalto le confirme : les coûts d'acquisition de ces produits sont encore trop élevés. Et si la puissance de Microsoft réussissait à changer la donne ?

Quelle est la véritable pénétration des progiciels de gestion intégrés dans les PME et quelles sont les solutions actuellement privilégiées par ces dernières ? Profitant du salon des ERP 2006 qui se tient actuellement au Cnit de La Défense, nous avons voulu faire le point sur ces questions. Premier constat, le marché des PGI reste tiré par les grands comptes : selon le cabinet Pierre Audoin Consultants, les entreprises de moins de 2 000 salariés ne représentent que moins de 40% du total des ventes de progiciels de gestion intégrés. Plus significative encore l'enquête de l'éditeur Divalto, réalisée fin 2005 auprès d'un échantillon de 15 000 entreprises de 10 à 400 salariés des secteurs du négoce et de l'industrie qui montre que si l'informatique de gestion est bien entrée dans les moeurs les outils intégrés restent encore peu diffusés sur ce segment de marché. Ainsi sur les 3 200 entreprises qui ont répondu aux enquêteurs de Divalto, 95% déclarent être équipées de logiciels de gestion ou de briques modulaires (telles la ligne 1000 de Sage), mais seulement 10% d'un ERP. Il reste donc du chemin à parcourir. Il faut dire qu'un ERP reste un investissement conséquent pour une PME. Pour un projet tout compris (licences + paramétrage/mise en oeuvre/formation) d'une dizaine d'utilisateurs, les clients devront débourser en moyenne entre 15 000 et 30 000 euros pour une solution Divalto, et jusqu'à 75 000 à 150 000 euros pour du Sage X3 Entreprise (ex Adonix). Microsoft Dynamics Nav et SAP Business One se situant dans la moyenne du marché avec des coûts compris entre 40 000 et 80 000 €. SAP Business One a manqué son lancement Sans surprise, les solutions les plus répandues sont aussi celles qui ont le plus d'antériorité sur le marché. Ainsi, toujours selon l'enquête de Divalto, sur les 10% de PME équipées d'un PGI, 32% le seraient en Cegid, 26% en Divalto, 22% en Adonix, 14% en Navision et 2% en SAP. De fait ces chiffre recoupent assez bien les bases installées revendiquées par ces différents éditeurs. Cegid revendique 2000 clients pour son ERP Business. Quant à Divalto, il revendique 4500 clients actifs (équipés au moins d'une gestion commerciale et d'un autre module) et estime en gagner 200 à 250 nouveaux par an. Sage annonce une base installée pour la France d'environ 1000 clients pour X3, 1600 pour sa ligne Sage Integral et 80 pour sa ligne 1000. Mais l'éditeur ne communique pas sur son rythme d'acquisition de nouveaux clients étant entendu qu'il ne vend quasiment plus de nouvelles licences de son intégré historique Integral. Microsoft déclare 1300 clients installés et 250 nouveaux clients sur son exercice clos fin juin. Quant à SAP Business One, qui a incontestablement manqué son lancement il y a trois ans mais affiche de grosses ambitions pour l'avenir, il revendique 300 clients installés dont près de 150 nouveaux sur 2006. Dans ce contexte, comment s'annonce l'année 2007 ? A cette question, éditeurs et intégrateurs s'accordent pour dire que si le marché a recouvré une croissance positive à partir de 2004 après trois années de décroissance, ce n'est pas encore la panacée. Certes, les instituts d'études pronostiquent une croissance organique du marché comprise entre 6 et 9% pour 2006. Ce qui n'est pas si mal. Mais la concurrence s'est aussi intensifiée avec notamment l'arrivée sur le marché de Microsoft et SAP. Ce qui a pour effet de tirer les prix vers le bas et d'allonger les cycles de décision des projets. Navision a enregistré 47% de croissance en 2005-2006 Une réalité que Guillaume Tostain, directeur marketing de la division midmarket de Sage confirme en constatant que si le carnet de commande de la société s'étoffe, le nombre de projets en attente a lui aussi tendance à gonfler. Cela dit, certains pourraient mieux tirer leur épingle du jeu que d'autres. Ainsi Microsoft semble avoir le vent en poupe. Accueilli avec beaucoup de réserve au départ, l'éditeur a réussi à convaincre une centaine d'intégrateurs de le suivre parmi lesquels une bonne cinquantaine ont sérieusement investit dans sa technologie. En ajoutant à cela sa puissance de feu marketing et une stratégie de verticalisation bien menée, Microsoft pourrait réitérer en 2007, la croissance exceptionnelle de 47% enregistrée sur l'exercice 2005-2006. A surveiller également la progression de SAP Business One qui pourrait surprendre où on ne l'attend plus. Avec un produit désormais plus mature et une équipe récemment renforcée, l'éditeur est plus que jamais en position de conquête.

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