5000 emplois menacés chez SFR

Après avoir restructuré Alcatel en lançant le plan de réorganisation Shift, Michel Combes, PDG de SFR, va avoir la délicate tâche de faire de même chez le 2e opérateur télécoms français. (crédit : D.R.)

Après avoir restructuré Alcatel en lançant le plan de réorganisation Shift, Michel Combes, PDG de SFR, va avoir la délicate tâche de faire de même chez le 2e opérateur télécoms français. (crédit : D.R.)

L'opérateur télécoms SFR s'est lancé dans une vaste réorganisation qui pourrait l'amener à supprimer un tiers de ses effectifs. Les employés dans les boutiques du groupe seraient notamment dans le collimateur de la direction.

Après la joie du rapprochement, voici venir la gueule de bois des licenciements. Racheté par Numericable en novembre 2014 pour 13,4 milliards d'euros, l'opérateur télécom SFR avait depuis bénéficié d'un certain couvre-feu en matière de politique de préservation de l'emploi. A l'époque, Patrice Drahi, aujourd'hui fondateur et actionnaire de contrôle de la holding d'Altice, avait ainsi tenu à rassurer son monde et en particulier les politiques, dont Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin alors respectivement ministre de Redressement Productif et ministre déléguée au Numérique, en leur assurant « qu'aucune suppression d'emploi sous quelque forme que ce soit » sur une durée de trois ans. Mais la date de péremption de l'engagement arrive apparemment plus tôt que prévue au regard du vaste plan de suppressions de postes qui se prépare chez l'opérateur.

D'après des informations de notre confrère Le Monde, la direction des ressources humaines de l'opérateur a indiqué lors d'une rencontre avec les syndicats que les effectifs du groupe à fin 2017 s'élèveraient à 9 000 contre 14 300 aujourd'hui, soit un différentiel de 5 300 emplois. Comme pour préparer les esprits, Patrick Drahi avait le mois dernier lâché à des journalistes que SFR était en sureffectif, tout en se gardant alors de donner de quelconque chiffres mais en ayant eu cette remarque aussi acerbe que prémonitoire : « On est quand même dans une situation en France où tous nos concurrents ont licencié à tour de bras et nous, on a pris une garantie sur trois ans à un moment où on vend à 1 euro par mois des abonnements. Ca n'a ni queue ni tête. »

Les syndicats sur le pont

Pour l'heure aucune information officielle n'a filtré sur les postes visés par la direction de SFR, mais les employés des boutiques pourraient bien être concernés au premier plan : « L'opérateur souhaite rapprocher les filiales de distribution qui coiffent les boutiques et procéder avant Noël à un plan de départs volontaires. La direction considère en effet que les 3 900 employés dans ses magasins ne font pas partie de l'engagement pris avec le gouvernement », écrit Le Monde. Les organisations syndicales de l'opérateur (CHT, UNSA, CFDT et CFE-CGC) tenteraient quant à elles de limiter au maximum la casse sociale et auraient rédigé un document baptisé « New Deal Social » afin de délimiter le périmètre des suppressions de postes et préparer les départs de la meilleure façon possible, sur la base du volontariat et à des conditions financières identiques à celles du précédent plan de 2013, tout en cherchant à éviter tout licenciement sec « sauf en cas de revirement économique majeur ».

Quoi qu'il en soit, SFR semble décidé à ne pas perdre de temps et voudrait boucler la phase d'information consultation avec les syndicats sur le plan de suppressions de postes avant le 25 août. Un plan savamment orchestré, annoncé en plein coeur de l'été et juste avant une rentrée qui s'annonce très politique à moins de 9 mois des Présidentielles et laisse planer le doute sur la capacité - ou la volonté - du gouvernement à engager un bras de fer avec Numericable alors qu'il a déjà fort à faire avec la loi Travail qui mobilise tant les députés de gauche et de droite au travers la saisie du Conseil Constitutionnel, que les syndicats mobilisés pour organiser une 13e journée de mobilisation le 15 septembre prochain.

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