Des fournisseurs plus impliqués dans la durabilité

D'un point de vue technique, la durabilité des équipements passe par un certain nombre d'innovations. (Crédit Schneider Electric)

D'un point de vue technique, la durabilité des équipements passe par un certain nombre d'innovations. (Crédit Schneider Electric)

Chez Lexmark, on pratique l'innovation responsable, comme le mentionnait Etienne Maraval, directeur marketing Europe du Sud et Middle East chez Lexmark que nous avions rencontré lors du dernier salon IT Partners en mars dernier. Et pour l'illustrer, le constructeur met en avant sa gamme Evergreen composée d'imprimantes et de multifonctions reconditionnés. « Nous rachetons les équipements et nous les reconditionnons en Pologne en proposant par la suite des modèles à prix réduits et garantis par Lexmark », indique Etienne Maraval. Cette seconde vie des équipements s'inscrit dans une stratégie de développement durable plus large chez le constructeur avec l'utilisation accrue de composants et de matières recyclés. Cet exemple d'économie circulaire se duplique chez de nombreux fabricants de matériels à l'image de Dell Technologies qui est en cours de conclure un accord avec un acteur du recyclage situé en France et qui emploie notamment des personnes en situation de handicap. De son côté, Schneider Electric reconditionne ses onduleurs dans son usine de Privas (ancien site de Merlin Gerin) situé en Ardèche. « Nous reprenons les onduleurs HS, nous les vérifions, les testons, et suivant leur réparabilité, nous les réinjectons sur le marché ou nous les recyclons. Nos clients issus des secteurs public ou privé sont demandeurs, qu'ils soient soumis ou pas à des obligations, tous veulent aussi réduire leur empreinte carbone », résume Pierre-Antoine Louvot, Business Development & Offer Manager Secure Power chez Schneider Electric. Aujourd'hui, l'usine de Privas qui compte 140 collaborateurs sur 8 000 m², recycle plus de 150 tonnes de batteries et 240 tonnes d'électronique et répare plus de 125 tonnes de matériel. Depuis deux ans, le fabricant de smartphones durcis Crosscall travaille, quant à lui, avec Cordon Electronics situé à Dinan dans le recyclage de ses produits. Cordon étant aussi son centre de SAV depuis bien plus longtemps.

La durabilité se joue dès la conception

La durabilité passe aussi par le design et la conception des machines. Et l'un des meilleurs exemples pour l'illustrer est celui de Dell Technologies et de son concept de PC portable Luna. « Avec la phase 2 de Luna, nous avons franchi une étape supplémentaire dans la durabilité en éliminant la totalité des vis, nous utilisons ainsi des systèmes de clips et d'emboîtage. Le châssis, plus durable et réutilisable plusieurs fois, est tout en aluminium. Chaque composant dans Luna 2 intègre un QR Code qui, lors du démontage, indique via des capteurs le taux d'usure. Nous allons donc réutiliser les composants qui ont peu ou pas servi », explique Sébastien Verger, Sales Development Manager & CTO chez Dell France. Déjà dans la phase 1 de Luna, Dell avait repris quelques idées du concept, notamment les mécanismes de son clavier pour l'intégrer dans certains modèles de sa gamme XPS Plus. Dans la conception de ses smartphones, Crosscall apporte, de son côté, un soin particulier pour faciliter le démontage et la réparabilité de ses produits. « Nous nous focalisons déjà sur les usages qui vont nous permettre de concevoir des terminaux qui durent 5 ans (les produits de Crosscall sont garantis 5 ans). D'un point de vue technique, cela se traduit par un certain nombre d'innovations et d'astuces comme l'utilisation d'un élastomère mou dans les coins du smartphone pour amortir les chutes par exemple. De même, en dévissant le capot arrière du téléphone (4 vis seulement), vous avez un accès immédiat aux composants internes, il est donc facilement démontable. Nous allons aussi travailler sur le châssis pour mieux dissiper l'énergie thermique, celui-ci est en magnésium pour le rendre plus résistant sans surpoids », donnent en exemple Pierrick Claverie, ingénieur mécanique, et Clément Souyris, ingénieur électronique chez Crosscall au sein du service R&D. Le fournisseur porte aussi une grande attention à la sélection des composants comme l'écran par exemple, le fabricant travaillant d'ailleurs avec Corning, un spécialiste du secteur. « Nous regardons de près la durée de vie des composants en sachant que nos produits évoluent parfois dans des environnements très difficiles avec notamment des plages de températures variant de -20 à +60 degrés. » Enfin, Crosscall opère toute une série de tests (simulation de chutes, etc.) et dispose même de bêta-testeurs sur le terrain qui remontent des informations précieuses sur d'éventuels bugs et autres petits défauts de conception.

La durabilité vue autrement dans les datacenters

Dans les datacenters, le cycle de vie des équipements (serveurs et baies de stockage) est plus important que celui d'un poste de travail. « Certains châssis durent parfois plus de 10 ans, la durabilité est déjà bien présente dans les datacenters », affirme Sébastien Verger, Sales Development Manager & France CTO chez Dell. Le recyclage des serveurs est aussi très pratiqué, Oracle revendique d'ailleurs un taux de recyclage très élevé, de plus de 99 %. Mais de manière plus globale, les préoccupations sont déjà de mieux utiliser les ressources et de rationaliser les usages. Au travers d'une étude, Dell a pu montrer que le taux d'utilisation des CPU s'affichait à seulement 12 % à partir de mesures effectuées sur sa base de serveurs installés, c'est peu contrairement à la mémoire qui, elle, est significativement sollicitée. De même, les coûts liés à la consommation d'énergie restent la grande problématique à résoudre dans les datacenters et là rentre en compte la meilleure façon de refroidir les équipements entre l'emploi de systèmes de free cooling ou de river cooling (comme le fait Oracle pour son datacenter de Marseille (Interxion) en utilisant de l'eau fraîche située dans les anciennes mines de Gardanne) jusqu'à l'immersion intégrale des équipements dans un liquide dédié. Dans ce contexte, Dell met surtout en avant l'importance de réaliser un audit pour ensuite ajuster les besoins. « Nous nous orientons vers une démarche de conseil industrialisé », admet Sébastien Verger. Il est d'autant plus facile d'ajuster les besoins aujourd'hui avec des technologies de plus en plus modulaires, composables et évolutives. À ce titre l'Open Compute Project planche sur les designs de demain, un organisme ouvert à tous où l'on retrouve déjà des grands noms de l'industrie comme Dell, HPE, Microsoft, Meta, Intel et Google. 

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