Les PME et TPE en difficulté ont trois ans de plus pour rembourser leur PGE

« J'ai toujours dit que le prêt garanti par l'Etat était là pour soutenir les entreprises, pas pour être un boulet », a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l'Économie le 7 janvier sur France 3. (Crédit photo : D.R.)

« J'ai toujours dit que le prêt garanti par l'Etat était là pour soutenir les entreprises, pas pour être un boulet », a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l'Économie le 7 janvier sur France 3. (Crédit photo : D.R.)

Les entreprises qui ne parviennent pas à solder leur PGE dans les temps peuvent se tourner vers la Médiation du crédit pour demander un étalement de leurs échéances jusqu' à la fin 2026.

Un peu d'air frais pour les entreprises qui peinent à se désendetter. Le 8 janvier, le ministère de l'Économie a annoncé une nouvelle prolongation de l'accord de place sur les restructurations de Prêts Garantis par l'État (PGE) jusqu'au 31 décembre 2026. Ce dispositif, placé sous l'égide de la Médiation du crédit (Banque de France), a été instauré le 19 janvier 2022. Initialement, il devait prendre fin le 31 décembre 2022, avant d'être reconduit une première fois pendant un an. Son principe repose sur une procédure simplifiée qui permet aux entreprises en difficulté avérées de rééchelonner leur PGE tout en conservant la garantie de l'Etat. Si la nouvelle prolongation s'avère plus longue que la précédente, c'est pour aller jusqu'à la fin de l'échéancier de la majorité des PGE, indique Bercy.

Seuls 560 prêts étalés sur un total de 700 000 PGE souscrits

À date, 50 Md€ ont été remboursés par les entreprises sur les 107 Md€ de PGE accordés aux TPE/PME depuis 2020. Entre mars 2020 et juin 2022, environ 700 000 d'entre elles ont accédé à ce type de financement auprès de leurs banques. Au cours des deux années passées, 560 d'entre elles ont bénéficié d'un étalement de deux à quatre ans de leurs échéances, dans le cadre de l'accord de place sur les restructurations de PGE. Toutefois, le risque de voir leur nombre progresser est important, au vu de la dégradation de la situation économique des entreprises.

Une étude de la confédération des PME montre en effet le nombre d'entreprises ayant subi une baisse de chiffre d'affaires a progressé de 6 points à 35 % entre les premier et second semestres 2023. Dans le même temps, le taux de celles ayant connu une réduction de leur trésorerie a crû de 2 points à 42 %. Ces détériorations concernent aussi les entreprises du bureau et numériques, dans des proportions moindres néanmoins. Et si 71 % d'entre elles déclarent rembourser leur PGE sans difficultés, 8 % (28 % dans la population générale des entreprises) éprouvent de plus en plus de mal à le faire.

Éviter à l'Etat garant de trop sortir le chéquier

En donnant plus de temps aux entreprises en difficulté pour rembourser leur PGE, l'Etat évite aussi d'alourdir les défaillances d'entreprises dont le dernier bilan est plutôt sombre. Selon les chiffres publiés par la Banque de France le 5 janvier, 55 492 sociétés ont été placées en redressement ou en liquidation judiciaire l'an dernier, soit une hausse de 34 % par rapport à 2022. Or, aucun recul en la matière n'est à prévoir en 2024, mais plutôt un maintien à ce niveau élevé. De quoi accroître les risques d'impayés de la part des entreprises, notamment sur le remboursement de leur PGE. Cela impliquerait que l'Etat garant mette abondement la main à la poche pour se substituer aux emprunteurs auprès des banques.

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