Seuls 36% des adhérents EBEN tablent sur une hausse d'activité au deuxième semestre

En plus des coûts grandissants qu'ils doivent absorber, les revendeurs IT et bureautiques sont plus de 90% à craindre que s'y ajoute une hausse de la CFE en 2023. Crédit photo : D.R.

En plus des coûts grandissants qu'ils doivent absorber, les revendeurs IT et bureautiques sont plus de 90% à craindre que s'y ajoute une hausse de la CFE en 2023. Crédit photo : D.R.

Alors que 46% des revendeurs IT et bureautiques membres d'EBEN ont vu leur activité s'améliorer au premier semestre 2022, ils sont 10 % de moins à envisager cette évolution pour la seconde moitié de cette année. Ils souffrent notamment d'une hausse des prix de leurs fournisseurs, qu'une partie d'entre eux répercute sur ses tarifs avec comme conséquence d'amoindrir la demande des clients.

Le pessimisme des revendeurs membres de la Fédération EBEN (Fédération des Entreprises du Bureau et du Numérique) sur l'évolution de leur activité a reculé mais reste prégnant.  La nouvelle enquête de conjoncture menée par le syndicat professionnel entre les 8 octobre et 4 novembre derniers montre en effet que 36% de ses adhérents anticipent une amélioration de la situation de leurs entreprises au deuxième semestre 2022 par rapport au semestre précédent. C'est peu, mais ils n'étaient que 29% à faire ce pronostic lorsqu'ils avaient été interrogés une première fois sur le sujet entre le 20 juin et le 12 juillet. Si l'état d'esprit s'améliore, l'activité de la deuxième moitié de l'année est tout de même attendue en dégradation, 46% des sondés ayant noté une amélioration de leurs affaires au premier semestre 2022 comparé aux 6 mois derniers mois de 2021. 13% avait constaté l'inverse.

Des fournisseurs qui montent les prix sans justification

Divers facteurs expliquent cette anticipation de résultats moins bons, notamment l'inflation. 93% des dirigeants de revendeurs informatiques et bureautique interrogés par la Fédération EBEN ont vu leurs fournisseurs augmenter leurs tarifs. « Ils sont tout autant à éprouver que le sentiment que leurs fournisseurs profitent de la situation actuelle pour augmenter leurs prix sans justification », précise l'étude. Résultat, près de 90% des répondants ont augmenté leurs propres prix de vente, dans une fourchette comprise entre +5 % et +10 %.  Pour 34 % d'entre eux, le renchérissement des produits et services qu'ils proposent entraîne une baisse de la demande côté clients.

Parmi les fournisseurs des revendeurs IT et bureautiques figurent les fournisseurs d'énergie. En 2022, leurs tarifs réglementés d'électricité ont augmenté de 4% en France, ceux du gaz de 13,9% depuis octobre 2021, et ceux du carburant (SP 95) de 6 % entre novembre 2021 et novembre 2022. Cette année, cette inflation a fait passer la part des coûts de l'énergie a plus de 3% de leurs revenus pour 32% des sondés. Or, seulement 11% des revendeurs informatiques et bureautiques devaient supporter une dépense de cette importance en 2021. Et le poids de cette charge n'a pas fini d'augmenter car ils devraient être 49% à la supporter dans ces proportions l'an prochain. Cette hausse des prix de l'énergie amène 3% des sondés à envisager un arrêt de leur activité.  

Des trésoreries saines et des échéances de PGE respectées

A ces coûts qui pèsent sur les revendeurs en bureautiques et en informatiques vient s'ajouter une hausse de la fiscalité locale, constatée par 81% des dirigeants interrogés. Des taxes qui ont progressé de 5 % à 10 % pour 46 % des sondés concernés, et de plus de 10 % pour un sur dix parmi eux. Pour finir registre fiscal, plus de 90 % des répondants s'attendent à une augmentation de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) l'an prochain.

Face à détérioration qui devrait se lire lors de la publication des prochains comptes semestriels, il n'y a pas forcément lieu de craindre une hécatombe à court terme dans les rangs des revendeurs informatique et bureautiques. Selon l'étude de conjoncture de la Fédération EBEN, 73% d'entre eux jugent leur niveau de trésorerie « normal » et 13% plutôt « aisé ». De fait, ils sont peu nombreux (16%) à rechercher des solutions de financement de trésorerie auprès de leur banque, qui donnent leur accord à 82% de ces demandes. Les établissements financiers répondent aussi favorablement (à 81%) aux dossiers de financement d'investissement que 46% des sondés disent avoir présentés. Autre point rassurant : Sur les 57% des dirigeants qui ont souscrit un prêt garanti par l'Etat, 98% ont la capacité d'honorer les échéances de remboursement sans étalement supplémentaire.

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