Symantec aligne 4,65 Md$ pour acquérir Blue Coat

Après le rachat de Blue Coat par Symantec, c'est Greg Clark, CEO de l'éditeur racheté, qui prendra la tête des sociétés ainsi rapprochées. (crédit : D.R.)

Après le rachat de Blue Coat par Symantec, c'est Greg Clark, CEO de l'éditeur racheté, qui prendra la tête des sociétés ainsi rapprochées. (crédit : D.R.)

Après s'être séparé de Veritas, Symantec met 4,65 Md$ sur la table pour racheter Blue Coat et étendre son portefeuille de solutions de sécurité vers la protection des cyber-menaces avec des outils réseaux et cloud. C'est le CEO de Blue Coat qui prendra la tête de Symantec, ce dernier s'étant séparé de son dirigeant il y a un mois à la suite de difficultés financières.

L'éditeur de solutions de sécurité Symantec rachète Blue Coat, spécialisé dans la cybersécurité, pour 4,65 milliards de dollars en numéraire et c'est le CEO de la société rachetée, Greg Clark, qui va prendre la tête du groupe. Fin avril, après avoir révisé à la baisse ses prévisions de chiffre d'affaires, Symantec, notamment connu pour ses logiciels anti-virus, avait annoncé le départ de son CEO, Michael Brown, remplacé temporairement par Ajei Gopal, à la suite de résultats financiers insuffisants. En trois ans, trois CEO se sont succédé à la tête de l'éditeur qui a également annoncé, mi mai, la suppression de 1200 postes dans le monde.

L'acquisition de Blue Coat va permettre à Symantec de combiner ses solutions de surveillance des menaces avec les offres de sécurité pour le réseau et le cloud de Blue Coat, afin de protéger les terminaux, l'e-mail, le web, les réseaux et les serveurs. Dans un communiqué, la société indique que ses fonctionnalités de Data Loss Prevention (prévention des pertes de données) seront appliquées sur le proxy web et sur 12 000 applications cloud. A l'automne dernier, Symantec avait déjà rejoint le programme Encrypted Traffic Management de Blue Coat, celui-ci permettant de bénéficier de ses fonctionnalités de détection et d'élimination des menaces au sein du trafic internet chiffré.

Les fonds Bain Capital et Silver Lake remettent au pot

Symantec prévoit de financer la transaction avec une partie en numéraire complétée d'un emprunt de 2,8 Md$. Blue Coat a terminé son année fiscale fin avril 2016 sur un chiffre d'affaires GAAP de 598 millions de dollars et non-GAAP de 755 millions de dollars, en progression de 17%. Il y a un an, la société a été rachetée par le fonds d'investissement Bain Capital pour 2,5 Md$. A la suite de l'acquisition par Symantec, Bain Capital va réinvestir 750 M$ dans la société constituée du rapprochement des deux éditeurs et l'un de ses directeurs, David Humphrey, va en rejoindre le conseil d'administration. En février dernier, Symantec avait pour sa part accueilli à son capital le fonds Silver Laker qui avait alors investi 500 M$ et également pris un siège au conseil d'administration. Ce dernier double maintenant cet investissement à 1 milliard de dollars.

Symantec restera basé à Mountain View. Avec Blue Coat, il réunira plus de 3 000 ingénieurs et chercheurs et disposera de neuf centres de suivi des menaces (Threat Response Centers). Ensemble, les deux sociétés totalisent un chiffre d'affaires de 4,4 milliards de dollars sur l'année fiscale 2016, dont 62% viennent des solutions de sécurité pour l'entreprise.

L'entrée en bourse de Blue Coat annulée

Malgré l'inquiétude croissante résultant d'intrusions de sécurité de haut niveau, Symantec n'a pas été en mesure de faire évoluer son chiffre d'affaires. Celui-ci affichait une baisse de 3%, à 873 M$, début avril pour le quatrième trimestre de son exercice fiscal qui s'établissait de son côté à 3,6 Md$, en baisse de 9%.

En janvier dernier, Symantec a achevé la vente de son activité Veritas au fonds Carlyle. Thomas Seifert, le directeur financier du groupe, a expliqué au Wall Street Journal qu'il aurait été opérationnellement impossible de racheter Blue Coat l'an dernier alors que la société se séparait de Veritas . De son côté, Blue Coat avait communiqué un dossier d'entrée en bourse à la Securities & Exchange Commission. Cette IPO n'aura donc pas lieu. Thomas Seifert estime que le montant de l'acquisition offert par Symantec correspond à la valorisation qu'aurait permis l'IPO.

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