OBS compte sur Huawei pour croître à l'international dans le cloud

OBS dispose de 6 datacenters opérationnels hébergés chez Equinix dont 3 en Europe (2 en France à Saint-Denis et Pantin et 1 à Amsterdam), 2 au Moyen-Orient (Singapour) et 1 aux Etats-Unis (Atlanta). Un prochain datacenter doit être ouvert en Afrique. (crédit : OBS)

OBS dispose de 6 datacenters opérationnels hébergés chez Equinix dont 3 en Europe (2 en France à Saint-Denis et Pantin et 1 à Amsterdam), 2 au Moyen-Orient (Singapour) et 1 aux Etats-Unis (Atlanta). Un prochain datacenter doit être ouvert en Afrique. (crédit : OBS)

En s'alliant avec le fournisseur de cloud chinois Huawei, Orange Business Services est déjà parvenu à séduire 10% des entreprises du Fortune 200. Souhaitant dépasser les 20% de croissance par an - le groupe a séduit à ce jour plus de 3 000 clients.

Réalisant - d'après nos informations - près de 300 millions d'euros de chiffre d'affaires dans le cloud, Orange Business Services cultive dans ce domaine de grandes ambitions. « Aujourd'hui nous avons plus de 3 000 clients sur nos offres cloud et on veut dépasser les 20% de croissance », nous a indiqué Cédric Parent, directeur marketing et du développement d'Orange. Un objectif pas si éloigné finalement de la progression actuelle de ses revenus pour cette activité, de l'ordre de 17% en Europe, contre 5% pour le marché global d'après le dirigeant d'Orange.

« Nous avons une capacité à accompagner sans couture les différentes plaques géographiques pour les clients français qui utilisent Flexible Engine avec en France une centaine de clients », nous a par ailleurs précisé Cédric Prévost, directeur des services managés et de la sécurité des services cloud OBS, CTO de Cloudwatt. Parmi les clients qu'OBS a à coeur de citer en exemple, le Groupe PSA qui utilise son cloud pour stocker les données de ses millions de véhicules connectés, ou encore l'Agence Spatiale européenne dont le cloud va être opérationnel cet été. « Quand je regarde la croissance qu'on a fait, on aimerait faire encore plus et aller encore plus vite que cela c'est pour cela que l'on va engager des ressources. On est dans un monde d'opportunités, on n'est pas sur une guerre de tranchée, on mise plutôt sur de la croissance organique mais on n'écarte pas des acquisitions », poursuit Cédric Prévost.

L'offre OBS/Huawei pas réservée au départ pour l'international

Pour l'aider à gagner cette « guerre de tranchée », OBS s'est rapproché d'un allié de poids : Huawei. Le fournisseur de services français a aujourd'hui trois types d'offres cloud : une basée sur VMware, une deuxième basée sur OpenStack issue rachat de Cloudwatt, et une troisième, Flexible Engine, reposant également sur les briques OpenStack du fabricant chinois. Interrogé pour vérifier les bruits de couloirs qui courraient l'année dernière sur le fait que l'offre OBS/Huawei était « réservée » à l'international, Cédric Parent nous a apporté sa version des faits : « Il ne s'agit pas d'une segmentation faite au départ. On a fait levier sur la présence des datacenters déployés à Singapour, Amsterdam et Atlanta pour accompagner les clients à l'international, dont les clients européens ayant velléité de déploiement sur l'Asie. Il s'agit d'un vrai gisement de développement clients. Il se trouve que depuis la fin de l'été dernier cette offre combinée Orange/Huawei a surtout séduit les entreprises étrangères avec 10% de celles appartenant au Fortune 200 qui ont été séduites par l'offre Flexible Engine basée sur Huawei. »

S'agissant de Flexible Engine, OBS dispose de trois régions actives : une en Europe de l'Ouest avec deux datacenters localisés en France et un tout dernier à Amsterdam chez Equinix, une autre en Asie-Pacifique reposant sur deux datacenters, encore chez Equinix à Singapour, et une US avec un datacenter à Atlanta (toujours chez Equinix). Une 4e région vient d'être ouverte dans un datacenter à Amsterdam. « On peut accéder à des ressources en Chine via la Cloud Alliance [née de l'association entre Orange, Huawei, Telefonica et Deutsche Telekom, NDLR] pour qu'un client de Flexible Engine maîtrise des ressources d'autres partenaires. Par exemple Huawei Cloud, avec 8 régions en Chine et une trentaine de datacenters localisés en Chine, un de nos clients peut s'appuyer au travers de Flexible Engine pour déployer des ressources en Chine », note Cédric Prévost.

Orange, Huawei, Telefonica et Deutsche Telekom dans le grand bain du multicloud

Les clients qui s'appuient sur cette approche-là peuvent consommer des ressources où Huawei n'est donc pas présent. De plus, d'après OBS, Flexible Engine constitue un gros avantage dans la mesure où elle permet « de se servir des ressources de Telefonica, T-Systems, Orange et Huawei en Chine via une seule interface, un support de niveau 1, un seul SSO et de voir toutes les zones sous un seul contrat pour déployer des workloads en France, aux Etats-Unis, à Singapour et à Amsterdam en passant par un seul outil avec la possibilité pour un seul client d'avoir un seul portail pour gérer toutes ses applications, données et ressources cloud », précise Cédric Prévost. « On a déployé une grande entreprise de médias chinoise qui voulait se développer aux Etats-Unis et en Europe. »

Dans un environnement de marché cloud où la concurrence est à vif, OBS mise clairement sur la « co-opétition ». C'est en tout cas ce que déclame la SSII en mettant en avant plutôt la complémentarité des offreurs de l'alliance que leur capacité à prendre telle ou telle part de marché. « Si je regarde Telefonica, leur plus grand footprint c'est en Amérique du Sud, Brésil, Chine et Argentine mais ils ne sont pas présent aux Etats-Unis, à Singapour, aux Pays-Bas comme nous le sommes. On les voit comme une opportunité pour constituer un cloud mondial. Deutsche Telekom ? On les voit très peu en France. Sur les technologies Huawei, je vois qu'ils gèrent l'hybridation des clouds chez Atos, Linkbynet, IBM ou Capgemini. La Cloud Alliance est un pool pour gérer n'importe quelle entreprise. Nous n'avons pas de velléité de remplacer Huawei en Chine et eux de nous remplacer en France. On voit plus de complémentarité avec un portail API », analyse Cédric Parent.

Cloudwatt en route vers la qualification SecNumCloud

OBS ne cherche pas des alliés pour le plaisir. C'est avant tout - surtout - pour répondre aux exigences des entreprises qui sont de plus en plus nombreuses à embrasser le multicloud. Une évolution d'ailleurs confirmée par la société de services : « Je n'ai plus de clients qui me disent qu'ils vont passer dans un seul cloud. Ils recherchent de l'adaptation, de l'enrichissement de leurs services cloud ce que l'on apporte avec l'évolution de Flexible Engine », martèle Cédric Parent. « On sort plusieurs releases de Flexible Engine que l'on a construit avec Huawei et un écosystème de partenaires qui gravitent autour. Il y a beaucoup de standard mais des clients veulent par exemple un moteur de chatbot, ce qui demande d'enrichir expressément le portfolio. On voit toutes ces évolutions là. Une bonne partie de nos clients sont matures et sont au minimum en containers Docker, Swarm... D'autres parlent de serverless... On veut apporter des offres cloud qui ne soient plus uniquement du delivery de  ressources, mais du delivery de services. Pour cela, nous avons par exemple intégré PlatformSH et Cloud Foundry [des PaaS développement] qui sont disponibles sur un certain nombre de nos offres pour apporter une offre la plus riche possible ».

Côté sécurité, OBS veut rassure les entreprises qui font appel à ses services cloud. « Nos expertises permettaient déjà de couvrir 80% des obligations du RGPD. On a mis à jour différentes obligations pour s'assurer au travers des audits et l'analyse d'impacts que nos offres vont protéger les enjeux de protection personnelle et minimiser les efforts de mise à niveau dans la durée », souffle Cédric Prévost. « Nous avons une expertise avec Orange Cyberdéfense et allons engager une démarche de labellisation SecNumCloud sur l'offre Cloudwatt, pas sur Flexible Engine qui a une exigence de fonctionnement opérationnel nécessitant un certain nombre d'adaptations. Son résultat dépendra de l'ANSSI, un audit est en cours », conclut Cédric Prévost.



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